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Commémoration: Le recteur de Yaoundé I recule devant l’Addec

Publié par May 12th, 2009 et classé dans Actualités, Education, Societe. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

addecLa marche de l’Addec a été parsemée d’embûches le 7 mai 2009, alors qu’elle commémorait les assassinats des étudiants, au sein de l’Université de Yaoundé I.

“ Qu’est-ce que c’est que ça ? Vous croyez que nous sommes à Dschang ici ?… Rentrez chez vous bande de voyous, l’Addec, c’est terminé ! ” Propos d’un enseignant de l’Ecole normale supérieure aux membres de l’Association pour la défense des droits des étudiants du Cameroun (Addec) le 7 mai dernier, au sein de l’Université de Yaoundé I. Du rectorat jusqu’à l’entrée principale au niveau du Château, les manifestants ont dû subir les menaces et les insultes de ce quadragénaire, qui selon certains manifestants, était en contact permanent avec la police située à l’extérieur du portail à laquelle il rendait compte de l’évolution des choses.
“ Ces gens-là attendaient sûrement qu’on sorte du campus pour nous mettre la main dessus. Mais nous ne sommes pas sortis de l’enceinte de l’institution, puisque ce n’était pas au programme ”, raconte un étudiant. Cependant, l’Addec estime que leur détracteur aurait un lien direct avec les lettres anonymes qu’elle a reçues quatre jours auparavant. “ Ces lettres ont été glissées sous ma porte. Ma voisine en a également reçues. Je compte porter plainte auprès du procureur de la République. Je vais également tenir informé le ministre de l’Enseignement supérieur et le recteur de l’université ”, promet Yannick Zogo membre de l’Addec. Des extraits de cette lettre concordent avec les propos du contre-manifestant cité plus haut : “ Pour vous sauver, l’Addec n’existe plus à Yaoundé. C’est terminé. Allez danser ce Ben Skin des années 91 là où il est né ”, peut-on y lire.
Mais avant le rectorat, la marche “ silencieuse ” a été interrompue par deux fois. Dès le départ, ce sont d’abord les vigiles du campus qui tente de bloquer les manifestants. Ceux-ci prétendaient avoir reçu ordre du recteur, d‘empêcher la manifestation. La situation est réglée après quelques coups de fils. D’après certains, c’est le ministre de l’Enseignement supérieur qui aurait donné l’ordre de les laisser passer. Le second arrêt se produit 100 mètres plus loin, au niveau de la faculté des Sciences. Ici, le recteur en personne ordonne aux vigiles de les bloquer. Courroucée, l’Addec réagit en paralysant la circulation durant une quinzaine de minutes.

Au nom des martyrs
La marche sera de nouveau autorisée, après que les manifestants aient précisé leur itinéraire au recteur. Vêtus de tee-shirts noirs, les manifestants brandissent une banderole indiquant : “ Semaine de l’étudiant. En mémoire des étudiants assassinés dans les Universités du Cameroun. Mobilisons nous pour le respect de la vie et des droits de l’Homme de nos citoyens au sein de nos campus ”. Cette manifestation fait suite aux assassinats de Enow Laurah, Gilbert Forlem, Aloysus Abouam par les forces de l’ordre le 28 avril 2005, et de Afuani Ivor, Momo Benett, abattus le 30 novembre 2006 à l’Université de Buéa. L’Addec a inscrit dans son calendrier d’activités annuelles, l’organisation d’une série de manifestations visant à commémorer ces morts pendant une période baptisée Semaine de l’étudiant.
“ Cette période était un moment de recueillement en la mémoire aussi bien des étudiants martyrs de l’université de Buéa que de ceux de la décennie 90 froidement abattus alors qu’ils étaient en quête de justice et d’amélioration des conditions d’études ” explique André Benang, vice-président de l’Addec. Cette année, les Jeux universitaires se déroulant à l’Université de Yaoundé I ont constitué la vitrine indiquée pour exposer une fois de plus les attentes de l’Addec. “ S’assurer de la réceptivité aux différents messages durant la commémoration afin que chaque athlète ait une pensée pour les camarades morts pour l’émergence d’une conscience estudiantine au service de la nation ”, clament-ils.

Par Edith DJUIDJE (Stagiaire), Le Messager

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