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Bakary Diallo : Il faut toujours de la chaleur humaine

Publié par Jun 1st, 2009 et classé dans Actualités, Education, Interview. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

bakary-dialloLe recteur de l’université virtuelle d’Afrique raconte son métier et des frustrations qu’il peut générer.

Depuis août 2007, vous êtes recteur de l’université virtuelle d’Afrique qui a été mise en place depuis 1997. Qu’est-ce qui distingue la structure que vous dirigez des universités dites classiques?
La différence la plus importante réside dans le fait que nous travaillons avec plusieurs étudiants et professeurs de différents pays sans que nous n’ayons besoin de nous voir. Le recteur de l’université est le président de l’université. Nous avons un conseil d’administration et au conseil, siègent les membres de différentes sous-régions d’Afrique (Centrale, Ouest, Est).
Nous avons actuellement un programme en sciences informatiques qui est délivré à des étudiants camerounais en partenariat avec les étudiants de l’université de Douala au Cameroun et l’université virtuelle africaine.

Ça doit quand même être frustrant pour un enseignant tel que vous de travailler via internet et téléphone. La chaleur humaine, le contact direct ne vous manquent pas?
Nous faisons du virtuel dans la mesure du possible mais nous sommes des humains et avons besoin de nous rencontrer pour discuter. Ceci bien que la façon dont l’université est structurée favorise le plus la relation à distance. Mon rôle est de mettre en place les recommandations du conseil d’administration et au quotidien, je m’occupe de la gestion des différents programmes et des relations avec les bailleurs. Vous vous doutez donc qu’à un moment, j’ai besoin d’avoir un contact avec la personne avec laquelle je travaille. Mon travail est à 90% virtuel et il se fait par email, par téléphone, par fax et s’il y a des choses qui ne peuvent pas se faire virtuellement comme la cérémonie de remise des diplômes qui aura lieu au mois de juin à Douala dans le cadre du programme informatique, je me déplace et c’est avec plaisir que je rencontre les étudiants et les enseignants avec lesquels je discute.

Au sein de l’université virtuelle africaine sur combien de mois s’étend l’année académique ?
Ça dépend des programmes. Pour le programme d’informatique par exemple qui est offert par l’université de Laval en partenariat avec des universités de Douala, Cheick Anta Diop de Dakar, Nouakchott, Niamey et d’autres universités, nous suivons un calendrier nord américain avec des semestres. C’est des systèmes modulaires. C’est par session. Il y en a deux par semestre et chaque session dure à peu près trois mois. Il faut rappeler que l’Université virtuelle africaine (Uva) est une organisation intergouvernementale panafricaine qui a pour objectif le renforcement de l’accès à une formation et à un enseignement supérieur de qualité, grâce à l’utilisation novatrice des technologies de l’information et des communications.

A combien s’élève la scolarité au sein de cette université ?
Ça dépend du programme auquel l’étudiant souscrit. Nous sommes en train de diversifier nos programmes. Pour la plupart, ce sont des programmes certifiant. Nous sommes en train de préparer un programme en énergies renouvelables par exemple. C’est en fonction des investissements que nous fixons le coût d’un programme. Il y a des programmes universitaires qui demandent d’être inscrits dans une université mais il y a également des programmes certifiant en journalisme et en langues. Mais il faut remplir un certain nombre de critères. Pour revenir aux modalités de paiement, nous essayons d’offrir des cours à des prix très bas. Le cours d’informatique par exemple vaut environ 2.000.000 de francs Cfa sur quatre ans. Les programmes sont ceux de l’université de Laval au Canada qui est partenaire de l’Uva dans de le cadre de ce programme. Ça peut paraître énorme mais ce sont des coûts réduits quand on voit les dépenses que le déplacement vers le Canada peut orchestrer.

Propos recueillis par Dorine Ekwè, Mutations

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