On ne l’a pas vue venir. Mais la rentrée scolaire est bien-là . Dans une toute petite dizaine de jours, ce sera l’heure du grand départ pour les élèves et leurs encadreurs dans les établissements scolaires du pays. On n’y est pas encore. Et pour le moment, ce sont plutôt les parents qui s’activent. Premiers interpellés par cette véritable course contre la montre, les chefs de famille ont timidement commencé à aller tâter le terrain dans les librairies et grandes surfaces.
Cela dit, le branle-bas observé cette semaine dans les administrations concernées indique que la communauté éducative toute entière s’apprête à prendre le grand départ le 7 septembre prochain. Au ministère de l’Education de base, et au ministère des Enseignements secondaires, les réunions succèdent aux réunions. Occasion de dresser les bilans de l’année qui s’est achevée et de prendre les résolutions et décisions favorables à une année 2009-2010 réussie. On note, par exemple, que le ministre des Enseignements secondaires est particulièrement préoccupé par le privé, surtout laïc. Un ordre d’enseignement où l’état des infrastructures et les problèmes de gestion suscitent des inquiétudes. Mais dans le secteur public, ce n’est pas forcément mieux. Autres sujets de préoccupation : les établissements clandestins, les associations de parents d’élèves et d’enseignants…
Côté ambiance, la rentrée scolaire approche dans une certaine morosité. C’est la sempiternelle histoire de la rentrée-surprise qui se répète. Le calendrier de la nouvelle année scolaire a été rendu public il y a une dizaine de jours. Elément-déclencheur qui a réveillé de nombreux parents d’élèves pris dans la torpeur des vacances scolaires. Depuis près d’une semaine seulement, les gens ont réalisé que le 7 septembre n’était pas si loin. Jusque-là , ils se montraient plutôt indifférents au tapage amorcé il y a plusieurs semaines déjà par les commerçants.
La même somnolence est visible dans les établissements scolaires où les inscriptions sont ouvertes. Sans pourtant faire courir les premiers concernés. Résultat : les services de permanence mis en place dans les écoles, les lycées et les collèges se tournent les pouces. Personne n’est vraiment pressé.
La vraie raison est que les ménages ne sont pas prêts. Pris de court comme d’habitude, les chefs de famille ne semblent pas avoir de provisions suffisantes pour se lancer dans les courses. Malgré les tontines, l’épargne personnelle, malgré le crédit scolaire proposé à grand renfort de publicité, ils ont encore sorti le vieux refrain de l’attente des salaires du mois d’août. Mais depuis mardi, l’affluence devant les guichets de banques indique que ce tracas est en train de trouver réponse. L’effervescence devrait donc gagner en intensité au cours du prochain week-end.
Ce qui devrait enfin faire sourire les libraires, les vendeurs de papeterie et autres fournitures. Par tradition, la rentrée scolaire s’étend généralement jusqu’à la mi-octobre. Le temps pour les retardataires de trouver des places dans les établissements scolaires et de s’équiper. Mais le train démarrera bel et bien le 7 septembre. Loin d’avoir fait le plein de passagers. Beaucoup le prendront en marche, ou dans les gares suivantes. On connaît la chanson.
Yves ATANGA, Cameroon Tribune











