L’administration de l’Enseignement supérieur fait des annonces comminatoires;?pourtant le malaise et la tension grandissent.
Une réunion au sujet de la situation dans les résidences universitaires privées se déroulait avant hier dans les services du préfet du Mfoundi. De sources proches de l’administration, on a appris que les autorités envisageaient une résolution par étapes des problèmes qui se posent actuellement aux étudiants en zones de résidence privée. En somme, la descente imminente de la brigade des logements devrait permettre d’harmoniser, en les adaptant à la réalité actuelle (amélioration ou dégradation), la grille tarifaire des logements à Ngoa Ekelle.
Cependant, on aurait pu attendre mieux des autorités universitaires qui sont notoirement impliquées dans la résolution de l’épineuse question des résidences universitaires. Jacques Fame Ndongo, le ministre de l’Enseignement supérieur ne déclarait-il pas à notre confrère Le Jour (édition du 22 septembre) qu’ «Au campus de Ngoa-Ekellé (université de Yaoundé I), la situation est plus complexe, au regard de la «tétutesse» (sic) des bailleurs et compte tenu de leur mercantilisme de mauvais aloi.» ?
Mais en attendant «qu’une solution durable soit trouvée à ce problème qui préoccupe au plus haut point la puissance publique», comme l’a promis M. Fame Ndongo pour la énième fois, Ngoa-Ekelle accumule la pression. Des sources officielles indiquent que l’administration universitaire n’a accepté de négocier qu’en raison d’une rumeur annonçant une grève générale. Aussi des bailleurs récalcitrants ou violents recevront une visite de la brigade des logements vendredi. Le préfet qui préside la brigade locale des logements entend enquêter pour savoir qui est responsable des coupures d’énergie et d’eau. Mais quand les étudiants présentent, qui un bras cassé, qui un ordinateur détruit ou, plus grave, un examen raté; la réponse de l’administration est encore de demander que les procédures soient suivies à travers des plaintes qui n’aboutissent jamais d’après les victimes. «Le préfet a cependant promis d’appuyer les plaintes contre certains bailleurs», tempère André Benang de l’Addec.
Au siège du syndicat, on relève que les campus du Cameroun, où tous ces problèmes se posent avec une acuité relative, ont déjà à maintes reprises démontrées qu’ils étaient des zones sensibles qui devraient bénéficier d’une attention particulière. Non seulement en raison de la fragilité sociale des étudiants, mais bien plus au regard de l’importance de cette catégorie de la population dans la construction d’un pays. Quatre ans après la grève générale qui avait secoué les universités publiques, les responsables du principal syndicat estudiantin s’étonnent que le ministre de l’Enseignement supérieur qui avait assisté à cette manifestation du «mal être» étudiant, en soit encore à clamer seulement que «force doit demeurer à la loi». Pourtant il est urgent de trouver des solutions à ces problèmes.
J.B.K. Mutations











