Pour mieux protéger et promouvoir la pratique, le fondateur de l’établissement s’en donne à cœur joie.
Le collège privé Frantz Fanon situé en face de la chapelle Kondengui est au centre de graves tribulations. La torture physique et morale des élèves, l’agression des parents, le harcèlement sexuel et les multiples caprices des enseignants sont les menus insipides de chaque jour.
Dans les classes d’examen, les professeurs à l’instar de celui de philosophie viennent à l’établissement pour dispenser les cours pendant leurs rares moments de lucidité. Une bande de roublards qui a fait le tour des établissements de la capitale, tous reconnus comme de pervers Don juan qui octroient des points aux élèves, particulièrement aux filles, en fonction de leurs prouesses sexuelles.
Le fondateur lui-même ne cacherait pas ses liaisons vénusiennes avec la pulpeuse responsable de la coopérative qui réclamerait désormais droit et considération comme une épouse légitime. Ne dit-on pas qu’elle aurait refusé de s’acquitter des frais des dossiers d’examen en demandant avec désinvolture à l’économe de s’adresser au fondateur dont elle n’a aucun lien de parenté ?
Frantz Fanon ressemble à une boutique familiale dans laquelle chaque membre peut quand il veut, fixer les prix des marchandises au gré des ses humeurs. La maman, l’épouse, les frères et les sœurs de monsieur Essomba désigné comme fondateur du collège, se réservent le droit de réclamer la scolarité et même de renvoyer les élèves, dans un cafouillage qui relève d’une bataille autour d’un héritage commun.
Le retard d’un élève même pour quelques secondes, lui vaut une punition qui le contraint à ramper, le ventre à même le sol, sur une distance minimale de 100 mètres, et une exclusion de cours pour toute une journée. Ciel ! Une décision que tout le monde peut prendre, du fondateur au portier, en passant par le surveillant général, véritable étourneau, manipulé par ses camarades dont nous taisons le nom par charité chrétienne.
Imposture
Le règlement intérieur impose que les élèves ne puissent se ravitailler que dans la cantine insalubre de l’une des sœurs du fondateur. Toute violation à cette consigne est synonyme de représailles. Toutes formes de contestation des parents, si pacifiques soient-elles, sont considérées comme un crime et généralement suivies d’agression. Le fondateur lui-même ne se privant pas de les molester quand il ne fait pas recours aux gros bras…
Les garçons soupçonnés de jouer aux séducteurs, sont ciblés pas des punitions arbitraires dissuasives, tandis que les filles qui ne veulent pas se salir en allant avec tout le monde sont confrontées à une séquestration morale. Aucun jour ne passe sans qu’un événement insolite ne vienne marquer la vie de l’établissement.
L’anarchie et les abus d’autorité sont érigés en modes d’enseignements en violant flagrante des prescriptions ministérielles et de l’éthique de la pédagogie. Un comble de désordre planifié qu’aurait constaté Catherine Abena, Secrétaire d’Etat aux enseignements secondaires, de passage à Kondengui dans ce collège où tout le monde rame à contre courant des orientations du chef de l’Etat visant à responsabiliser la jeunesse en la protégeant des fléaux tels que la drogue, l’alcoolisme, la prostitution, l’homosexualité et le grand banditisme.
Affairisme
La gratification à tout vent des autorisations d’ouverture des établissements scolaires sans enquêtes de moralité approfondies a confié le destin de nos enfants aux dangereux affairistes sans scrupules et aux nébuleuses sources d’enrichissement.
Les établissements scolaires sont pour les prévaricateurs qui vandalisent les caisses de l’Etat, des réseaux de blanchissement d’argent, comme le sont les pharmacies et autres épiceries dont les méthodes de gestion n’exigent aucune rigueur morale. Le collège Frantz Fanon en est une parfaite illustration.
Il revient au ministère des enseignements secondaires, l’urgence de mener des enquêtes autour des obscénités ayant fait leur lit au sein de cet établissement et d’en tirer les conséquences. L’on ne peut parvenir à la concrétisation des grandes ambitions tant que la pègre continue de saboter l’instruction, d’étrangler l’éducation et de violer impunément les lois. A suivre.
L’INDEPENDANT : James Mbouma











