Les étudiants ont manifesté dans tout le campus hier, malgré l’intervention des forces de l’ordre.
Hier 4 mai 2009, Université de Yaoundé I. Les grévistes mènent une marche à travers le campus
La grève, qui a atteint son pic mercredi dernier par la séquestration du recteur Oumarou Bouba et ses deux vice-recteurs, s’est poursuivie hier au campus de l’Université de Yaoundé I. Une centaine d’étudiants, qui continuent de manifester pour revendiquer le payement des perdiems que leur ont promis les dirigeants de l’université au terme des derniers jeux universitaires ont parcouru le campus, pancartes en main. « Nous avons passé la nuit ici et nous continuons de demander au recteur de nous payer notre argent. Il est inconcevable que nous travaillions et que certains pensent que nous ne méritons pas de gagner le salaire qui nous est dû », confie Michel N., étudiant en mathématiques.
Tout commence mercredi dernier (date que leur a donnée le recteur Oumarou Bouba le 27 mai dernier pour le payement de leurs primes) par une manifestation non violente, que les étudiants entament dès 11 heures devant le rectorat. Jusqu’à 18 heures, les étudiants, qui n’avaient toujours
Image
Hier 4 mai 2009, campus de l’Université de Yaoundé I. Les grévistes sont sous le controle des forces de l’ordre.
aucune réponse de l’administration, décident de ne pas laisser le recteur partir du campus. Il en sera ainsi jusqu’à 5 heures du matin hier, heure à laquelle des policiers du commissariat du 5ème arrondissement de Ngoa Ekellé sont intervenus pour disperser les étudiants à l’aide de canons à eau et de matraques pour permettre au recteur de partir du campus. Les revendications d’hier étaient toutes basées sur les montants que les responsables de l’université ont décidé de remettre aux étudiants : 7000 Fcfa pour ceux qui ont pris part à la parade, 10 000 Fcfa pour les hôtesses, 15 000Fcfa pour ceux de la commission restauration et 25000 Fcfa pour les pairs éducateurs.
Et pour manifester leur colère, les étudiants se sont assis devant la direction des affaires administratives et financières, l’un des lieux de payement mis en place par le recteur. «Nous avons passé deux mois avant les jeux à nous entraîner sans recevoir de l’argent de l’université. Après les jeux, il était question, comme l’a dit le recteur lui-même, que nous percevions 25. 000 Fcfa, mais aujourd’hui, on nous parle de 7. 000 Fcfa. C’est une insulte pour nous qui avons contribué au rayonnement de ces jeux », précise l’un des manifestants qui a requis l’anonymat. Equipés d’un mégaphone, les étudiants ont procédé à des marches dans le campus hier, sous les yeux de la trentaine de policiers et gendarmes qui montaient la garde.
Dans une note publiée hier, le recteur de l’université prévenait que « la perturbation éventuelle des opérations de payement [entamées hier, Ndlr] ne sera pas tolérée et que les auteurs seront passibles de sanctions disciplinaires ». Ceci n’a pas empêché des manifestations estudiantines partout dans le campus, qui troublaient parfois les cours dans certains amphithéâtres, comme c’était le cas à l’amphi 1002. A la direction des affaires administratives et financières, certains responsables font savoir que le payement a été retardé parce que certains noms sur la liste revenaient plus d’une fois et que des noms ont été ajoutés après les jeux par des responsables au rectorat. Pour l’heure, les étudiants, qui promettent de poursuivre leur mouvement aujourd’hui, continuent de revendiquer leur argent.
Ateba Biwolé. Le Jour











