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Elections municipales et législatives: Trop pauvres pour être candidats !

Le Messager

Ecrit Par le 2 Jul 2013 Publié dans la categorie: A La Une, Actualités, Politique


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Awalou a 37 ans. Membre du bureau politique du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), il ne participera pas aux élections législatives. La cause ? Trop pauvre ! « J’attendais cette occasion depuis de nombreuses années, mais voilà que la caution électorale, désormais relevée à un million Fcfa, me met hors course, regrette Awalou. Je ne suis pas capable de trouver cette somme, même pas la moitié, comme le recommande mon parti à ses cadres. » «Mes ambitions politiques vont être revues à la baisse, car je ne suis pas capable de payer la caution d’un million Fcfa», explique un autre militant du département du Koung-Khi. Pourtant titulaire d’un brevet de technicien supérieur en électrotechnique, il n’a pas trouvé d’emploi dans sa spécialité. 

Pour survivre, ce diplômé de l’enseignement supérieur donne des cours comme enseignant vacataire d’informatique dans un collège à Baham. Il enrage : « Les membres de la majorité parlementaire, plus précisément les élus du Rdpc et ses alliés, ont voté cette loi pour empêcher les jeunes démunis, mais engagés pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit, de postuler à la députation. 

Une caution inique 

Présidente du comité d’arrondissement de l’Union démocratique du Cameroun (Udc) de Njinka-Njimatie et conseillère municipale de Foumban, Sabiatou Ngachili, ne sait pas davantage comment mobiliser l’argent s’il arrivait qu’elle soit investie par son parti. Revendeuse de denrées alimentaires au marché «A» de Foumban, elle explique : «Nous vivons dans une localité où il n’est déjà pas facile de joindre les deux bouts au quotidien. Il nous parait impossible d’épargner la somme d’un million Fcfa pour payer la caution. C’est comme si le législateur avait taillé le code électoral pour les nantis. Le principe de l’égalité, qui fonde le suffrage universel direct, est violé. On se dirait dans un système à suffrage censitaire », dénonce-t-elle. 

Son camarade de parti, Nsangou Badiane, éprouve des frissons lorsqu’on lui parle de la somme à mobiliser. Les 50 000 Fcfa exigés pour les candidats au conseil municipal sont déjà, selon lui, très élevés pour des militants ruraux. «C’est anormal. C’est une manière d’exclure la majorité des populations, les pauvres du jeu politique. C’est anti-démocratique», crie-t-il. 

En effet, le nouveau code électoral a relevé certaines cautions. Pour concourir aux législatives, il faut 1 000 000 Fcfa et 5 000 000 Fcfa pour la présidentielle. Le montant de 50 000 Fcfa a été maintenu comme caution pour les élections municipales. 

Les normes internationales violées 

Les acteurs de la société civile à l’instar de Philippe Nanga, coordonnateur de l’organisation non gouvernemental, Un monde, Avenir, estime qu’ « au Cameroun, le système régnant a mis tout en place pour réduire, voire empêcher, une effective participation citoyenne lors des consultations électorales ». Il conseille au peuple et aux acteurs politiques, s’ils tiennent à l’alternance, au niveau local, parlementaire ou présidentiel, de se battre. « Les personnes qui, à tous autres égards seraient éligibles, ne devraient pas se voir priver de la possibilité d’être élues par des conditions déraisonnables ou discriminatoires », disent les normes internationales confirmées par l’Union européenne. «Le montant des cautions doit dissuader les candidatures superficielles, mais pas les candidatures sérieuses », souligne le même document. 

En attendant que les règles internationales, pourtant ratifiées par le Cameroun, soient respectées, des candidats trouvent des solutions alternatives. «Je me concentre sur mon petit élevage de lapins, témoigne par exemple Deffo Oumbé Sangong, sans emploi depuis les municipales de juillet 2007 et président de la circonscription électorale Sdf de Bafoussam Ier. J’ai conseillé à plusieurs autres militants démunis de faire de même. C’est à partir de la vente de mes lapins que je supporterai en partie ma caution pour la députation. Je compte aussi sur l’élan de solidarité des camarades du parti, des amis et des populations pour pouvoir rassembler le million nécessaire.» 

Partisan du principe suivant lequel «qui veut aller loin ménage sa monture », Michel Eclador Pekoua, secrétaire à l’organisation de l’Upc, conseille la même démarche à ses militants démunis. Il a même mis en place un plan d’autofinancement des candidatures et espère que ses militants se seront acquittés de leur caution avant la convocation des électeurs. 

Guy Modeste DZUDIE (Jade)

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