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Eric Olivier Ngongang Mbantswe : J’ai isolé des substances anti-infectieuses à partir d’une plante


Ecrit Par le 5 Mar 2009 Publié dans la categorie: Actualités, éducation, Santé, Sciences, Société


ngongangLe récent lauréat de pharmacie de l’Université des Montagnes revient ici sur les résultats de ses recherches.

Sur quoi ont porté vos recherches ?
Elles portaient pour l’essentiel sur l’étude d’une plante de la famille des Alcoïdes bis indoliques et des triterpeines de Tabernaemontana contorta du Cameroun. C’est une plante qui est connu dans notre pays sous le nom de Libon Lingui en langue bassa.

Quelles sont les vertus de cette plante?
Il s’agit d’un antiseptique. De plus, sa sève est un bon cicatrisant. Voilà ce que l’on sait de la plante pour l’instant. Je dois cependant préciser que dans d’autres pays, elle dispose d’autres vertus. Au Brésil par Exemple, c’est un antipoison efficace, surtout en cas de morsure de serpent. Toujours dans ce pays-là, les feuilles de cette plante sont utilisées, infusées, comme antipaludéen. Chez nous, on utilise la décoction d’écorce de cette plante pour traiter l’éléphantiasis.

Pourquoi avez-vous choisi de travailler sur cette plante ?
Les plantes de cette famille sont riches en “alcaloïdes bis indoliques” et ont des vertus anti-tumorales, c’est-à-dire anti-cancéreuses. Je l’ai choisi en vue d’augmenter le répertoire ou l’éventail des médicaments anti-cancéreux.

Et à quel résultat avez-vous abouti ?
Le résultat final m’a permis d’isoler et de caractériser, c’est-à-dire donner la formule brute et développée de deux Triterpeines qui ont des propriétés anti-infectieuses. D’un autre côté, j’ai pu mettre au point deux méthodes fiables et reproductives d’extraction des alcaloïdes bis indoliques.

Avez-vous un plan de vulgarisation de cette trouvaille ?
Ce qu’il faut faire maintenant c’est isoler ces alcaloïdes et les triterpeines qui s’y trouvent au laboratoire afin de déterminer leurs différentes activités et dans quelle pathologie on peut les utiliser, cela par des tests in vitro puis in vivo en vue de mettre sur pied de nouveaux médicaments. Ce n’est que par ce moyen que l’on pourra vulgariser cette plante ainsi que les autres plantes de la même famille.

A quelles difficultés particulières avez-vous fait face durant vos recherches ?
Il y a d’abord eu le problème de solvant qui s’est posé, doublé de celui de la pauvreté du laboratoire en matériel, ce qui nous a amené à collaborer avec le laboratoire de chimie des substances naturelles de l’Université de Dschang. L’autre difficulté majeure était liée au délai imparti aux travaux de recherche, vu qu’il fallait retourner à l’Université de Kinshasa pour l’examen final et la soutenance de la thèse dans un laps de temps assez court, c’est-à-dire cinq mois. C’était une grosse difficulté puisque les molécules isolées devaient être expédiées en Europe où les spectres devaient être réalisés.

Propos recueillis par Parfait Tabapsi. Mutations