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ESCROQUERIE AU PID : ISSA TCHIROMA A FAIT DANS LA LANGUE DE BOIS

La Nouvelle Expression

Ecrit Par le 10 Aug 2011 Publié dans la categorie: Actualités, Politique, Société


Le ministre de la Communication n’a pas tout dit lors de son point de presse de lundi.Visiblement, Issa Tchiroma, le ministre de la Communication (Mincom), n’a pas convaincu des victimes de l’affaire Pid. Du nom de cette opération dénommée Programme international d’encadrement et d’appui aux acteurs de développement, dont la raison officielle est l’encadrement, la formation et l’appui aux petits métiers. Y compris le financement de projets à caractère socioéconomique.

C’est que, pour accéder au crédit, il fallait au préalable verser le 1/10 de la somme sollicitée. Une chose est sûre, «personne n’a connu le moindre début de financement», déclare Issa Tchiroma Bakary. Sans oublier des centaines de marchés parfois fictifs non livrés. Au total, le gouvernement a répertorié douze mille victimes pour près de 4 milliards de Fcfa.

Ce qui a courroucé les victimes de l’opération qui ne cessent de menacer d’organiser des marches de protestation dans les rues de Yaoundé, avec pour points de chute, le palais présidentiel et l’ambassade de France. La France ayant été citée parmi les partenaires du projet. L’agence française de développement et la Chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux ont très tôt démenti être des partenaires. Et l’ambassade de France au Cameroun a mis en demeure les promoteurs du Pid «de cesser de faire référence à la coopération française dans ses documents de communication sous peine de poursuites judiciaires. La semaine suivante, le programme avait changé son nom en Pid et ôté toute mention de la France dans sa nouvelle brochure», écrivait déjà l’ambassade de France sur son site. Des informations relayées par le site www.journalducameroun.com. Le gouvernement, lui, est resté muet jusqu’à lundi dernier.

Police

Issa Tchiroma se vante de ce que la police a mis la main sur presque tous les complices de l’affaire. «Seul un des cinq promoteurs du Pid est encore en fuite et sera dans tous les cas pris», dit-il. Parlant de Fabien Léopold Eyenga, ancien coordonnateur international du Pid que l’on dit hors du pays. Le patron de la communication annonce au passage que «la police a ouvert une instruction à propos et prendra des mesures appropriées».On sait qu’en mai dernier, le révérend Paul Ndzana, ancien président du comité de gestion du Pid, Joseph Marie Eloundou, son directeur des affaires financières, sont écroués à la prison centrale de Kondengui. Ainsi que Jean Paul Ntede, président de l’Association camerounaise des acteurs du secteur informel (Acasi), matrice du Pid. Ce dernier qui, pourtant, avait déjà été à l’origine de l’enquête qui a abouti à l’interpellation des deux premiers. Pas mieux pour Martin Biwolé et Robert Marie Eloundou, respectivement coordonnateur national et représentant-résident du programme, qui avaient été nommés à la tête de la structure après le début de la crise en décembre 2010. Alors que ceux-ci avaient déjà saisi le ministère de la Justice en avril dernier, l’informant des poursuites judiciaires que la nouvelle gérance avait engagées contre leurs prédécesseurs. Eux qui avaient pris les rennes d’une structure dont les comptes avaient déjà été scellés, à cause des dissensions entre Ndzana et Eyenga.

Conspiration

Mais lorsque les comptes sont descellés par ordonnance du 4 avril du juge, curieusement, seuls Ntédé et Martin Biwolé sont habilités à y accéder. Ce qui conforte un proche du dossier en ce qu’un complot pèse sur la tête de Robert Marie Eloundou. «Il ne pouvait plus accéder aux comptes, alors que c’est lui qui saisit la police judiciaire sur les malversations d’Eyenga et compagnie, et qu’il est arrivé aux affaires lorsque le crime avait déjà été commis».Pour ce dernier, «le ministre fait dans la langue de bois. Robert Marie Eloundou n’est qu’une victime et non un complice ; il a lui-même sollicité un crédit et a versé 500 000 Fcfa représentant les 10% exigibles, mais il n’a jamais bénéficié du crédit. Par la suite, il a été nommé par M. Eyenga comme consultant en communication ; là encore il n’ pas été payé, mais le même Eyenga l’a nommé représentant-résident». En tout cas, «les vrais coupables sont libres. Certains ont été arrêtés, puis libérés, alors qu’on sait que ce sont eux les escrocs».

Famille du chef de l’Etat

A ce qui semble, loin de vouloir trouver une solution au problème des victimes qui ne recherchaient que le financement de leurs projets, le gouvernement semble plutôt voir des ennemis de la République. «Des récupérateurs clairement identifiés, qui veulent déstabiliser le pays», comme l’a indiqué le Mincom. Réfutant également la thèse selon laquelle les auteurs appartiendraient à la famille du chef de l’Etat. Lui qui explique que le gouvernement camerounais n’est pas capable de restituer l’argent collecté. «Pensez-vous que le gouvernement a la capacité d’indemniser tous ceux qui ont été victimes de cette opération ?», a demandé Issa Tchiroma Bakary. Avant de se fendre en donneur de leçons : «ne faites pas du gouvernement l’agneau expiatoire» des maladresses des uns et des autres. Et de poursuivre : «l’argent facile est un piège ; c’est un danger», répète-t-il. Alors que l’objectif majeur qui sous-tend les revendications des victimes, est de rentrer en possession de ce qu’ils ont versé dans une foireuse opération qui semblait avoir la caution des pouvoirs publics. Notamment avec la caution du gouverneur de la région du l’Extrême-Nord qui a présidé une cérémonie de remise de dons de matériels à des populations. «Le gouvernement est prêt à accompagner toutes les initiatives de création de richesses et d’emplois ; et le gouverneur de l’Extrême nord a été floué de bonne foi», oppose le Mincom.

En tout cas, «ce que nous voulons, c’est que l’Etat nous aide à récupérer nos fonds», réitère un proche d’une victime. S’étonnant du temps pris par le gouvernement pour réagir : «ces gens étaient dans les autres coins du pays ; il fallait prendre le temps de recouper toutes les informations», rétorque M. Tchiroma.

© La Nouvelle Expression : Lindovi Ndjio