L’épouse de l’accusé a regagné le domicile conjugal alors que la famille de l’inspecteur de police assassiné à Douala souhaite faire éclater la vérité.
Quatre jours après la mort du policier Mapouro Njifon Hervé Michel, froidement abattu par le chef d’escadron Joël Emile Bamkoui, l’affaire continue d’alimenter la chronique dans la ville de Douala. Hier, lundi 17 novembre 2008, la nouvelle de la suspension du présumé assassin par certains journaux, ainsi que son remplacement au poste de commandant du groupement territorial de gendarmerie de Douala par le commandant en second de la légion de gendarmerie du Littoral, en ont rajouté aux commentaires dans les milieux des hommes en tenue. Il n’en est pourtant rien, apprend-on de source proche de la gendarmerie. “Le commandant Bamkoui bénéficie simplement d’un congé, qui a coïncidé avec le triste événement”, indique notre source.
L’officier, lui, a passé une bonne partie de la journée d’hier à son domicile du camp de Mboppi, où plusieurs membres de sa famille, apparemment affligés par ce qui s’est passé, sont venus lui rendre visite. Habillé d’un pantalon jeans, d’une chemise carrelée et d’une casquette blanche, le commandant Bamkoui avait l’air plutôt détendu, malgré tout ce qui se raconte sur sa personne. Manifestement sous surveillance si l’on en croit au dispositif sécuritaire déployé autour de son domicile, il a cependant reçu quelques confrères journalistes hier soir, pour leur raconter comment se sont déroulés les événements qui font la Une des journaux ces dernières 24 heures.
Confidences
Selon certaines indiscrétions, le mis en cause aurait notamment confirmé qu’il est rentré à son domicile plus tôt que prévu dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, lorsqu’il a surpris son épouse dans les bras d’un homme, qu’il n’a pas identifié sur le coup. Notre source rapporte que, selon le commandant Bamkoui, c’est en effet son épouse qui aurait provoqué la bagarre, question, selon toute vraisemblance, de faciliter la fuite de son amant présumé. L’altercation se serait déroulée dans le noir, selon les propos du chef d’escadron, qui affirme que l’inspecteur de police a déclaré au moment où il a été surpris, qu’il était “un commerçant venu de Yaoundé”.
Les coups de feu, aurait-il encore expliqué, seraient partis lorsqu’il s’est senti en danger, notamment lorsqu’il a reçu une bouteille sur la tête. C’est donc, dit-il, après avoir identifié l’inspecteur de police avec l’aide d’un voisin capitaine, qu’il aurait demandé à son épouse de l’accompagner à l’hôpital. Cette dernière est d’ailleurs revenue au domicile conjugal hier, accompagnée de son oncle colonel de l’armée de l’air chez qui elle s’était réfugiée après le drame. Au cours des palabres entre les deux familles, le commandant Bamkoui se serait fondu en excuses auprès de ses beaux parents, affirme une source proche de la famille.
Détermination
Une rencontre était par ailleurs prévue hier, entre la famille de l’inspecteur de police défunt et le délégué provincial de la Sûreté nationale pour le Littoral. Pour des raisons inconnues, elle n’a pu se tenir finalement. Toutefois, la famille de Mapouro Njifon Hervé Michel se dit déterminée à aller jusqu’au bout, afin que la lumière se fasse autour de ce crime. Elle annonce qu’elle déposera sa plainte pour “homicide volontaire” contre le commandant Joël Emile Bamkoui ce mardi, 18 novembre 2008, au Tribunal militaire de Douala.
En rappel, c’est dans la nuit du jeudi 13 au vendredi 14 novembre dernier que le commandant Joël Emile Bamkoui a “arrosé” l’inspecteur de police Hervé Michel Mapouro Njifon d’une dizaine de balles. L’officier de gendarmerie soutient avoir surpris le policier dans son lit conjugal avec son épouse. Une thèse balayée par la famille du défunt, qui indique plutôt que le jeune inspecteur de police de 33 ans, par ailleurs collègue et ami de Mme Bamkoui, était nuitamment arrivé au domicile du commandant pour entrer en possession des liqueurs achetées en journée au free shop de l’aéroport international de Douala et confié à la dame, qui possède un véhicule.
Eugène Dipanda, Mutations











