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Au tribunal : Poursuivi pour pratique de sorcellerie

Publié par Mar 9th, 2010 et classé dans Actualités, Faits Divers, Societe. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

Un quinquagénaire est accusé d’avoir déposé un os sur le siège de son voisin au cours d’une messe de requièm à Mbankolo en août dernier.

Bernard Amougou Tsoungui, tradi-praticien, a été entendu pour la première fois vendredi dernier, au tribunal de première instance du centre administratif de Yaoundé, dans l’affaire qui l’oppose à Bertrand Messi Essomba, plaignant. Il est reproché à ce guérisseur d’avoir déposé sur le siège de Bertrand Messi Essomba un os, lors d’une messe funèbre dans son quartier en août dernier.

Dans sa déposition, le prévenu qui a plaidé non coupable, affirme avoir participé à cette messe de requiem, à la mémoire d’un voisin du quartier. A son arrivée, un élément de la police lui a donné un siège près de lui. Il soutient qu’il portait sous sa casquette, un os de tortue dont il se sert depuis cinq ans environ, pour atténuer ses maux de tête « insaisissables ». C’est ce qui justifie le fait qu’il ait conservé sa casquette pendant toute la célébration religieuse, bien qu’étant « un fervent chrétien catholique ». C’est donc au moment de recevoir la bénédiction finale, que Bernard Amougou Tsoungui s’est décoiffé, oubliant son médicament. Celui-ci est tombé à l’instant « au sol », soutient la défense, et non sur le siège de la partie civile comme il ressort du réquisitoire du procureur. Et le prévenu a naturellement ramassé « son os ». Sauf que Bertrand Messi Essomba a paniqué et a alerté ses supérieurs de la police en accusant le prévenu d’avoir voulu pratiquer la sorcellerie sur lui. Pour le conseil de la défense, il n’existe pas d’éléments susceptibles de prouver ni l’intention, ni la pratique de sorcellerie de son client. Ce qui justifie l’absence du plaignant au tribunal. Aussi a-t-il demandé que toute poursuite soit suspendue contre son client, à moins que le tribunal ne veuille confondre la pharmacopée traditionnelle à la sorcellerie.

D’après le procureur, s’il est difficile de prouver la pratique de sorcellerie, il reste tout de même constant un certain nombre de faits susceptibles de conduire à l’inculpation du prévenu. Entre autres, ce dernier n’avait aucun intérêt à être à cette messe. Pourtant il y a assisté avec une casquette sur la tête, ce qui est contraire à la pratique religieuse chez les catholiques. Par ailleurs, le fait qu’il portait sur lui un os, objet lugubre, reste curieux malgré ses explications. Os dont la présence en ces lieux a troublé l’ordre public. L’affaire a été mise en délibéré pour le 19 mars.

Charles Le Grand TCHAGNENO, Cameroon Tribune

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