Olivier Fosso a été interpellé par la police, 17 jours après le meurtre de la jeune Gabrielle Noëlle Kiampi.
Les images sont effroyables. Au milieu d’une foule immense accourue par un effet d’annonce, le 22 juillet dernier, Olivier Duviol Fosso Tizanou, 21 ans, conduit par une quinzaine de policiers, se munit d’une pioche pour déterrer le crâne de Gabrielle Noëlle Kiampi, fillette de sept ans qu’il est soupçonné d’avoir décapité, il y a quelques jours au même endroit. Des policiers de la Division régionale de la police judiciaire de l’Ouest (Drpjo) veillent au grain, surtout que dans les environs, des voix s’élèvent pour réclamer que «le meurtrier» subisse un sort similaire.
Le public plonge dans la compassion, en voyant le «meurtrier» remonter en surface une tête en état de décomposition, celle de Kiampi, emballée dans la petite robe qu’elle portait le jour du crime.
Elle était enfouie à environ 30 centimètres du sol, sous une touffe d’arbres de paix. La scène se déroule près du cimetière jouxtant la morgue de l’hôpital régional à Bafoussam, où Gabrielle N. Kiampi avait été arrachée à la vie. «Il mérite [parlant d’Olivier Fosso] la pendaison. Il faut le tuer, c’est un assassin. Il faut le tremper dans l’acide», lance la foule en furie. Peu après, menottes en main, Olivier Fosso remonte dans un car de la police en direction de la morgue de l’hôpital régional où la tête de Kiampi a été déposée, sur instruction du procureur de la République près les tribunaux de Bafoussam, Arouna Mougnutou. Plus tard, le présumé assassin a été placé en garde à vue à la Drpjo. Il y retrouve deux autres personnes interpellées depuis plus de deux semaines dans le cadre d’une enquête liée à la même affaire. Il s’agit de Chantal Blaise Bonne, la tante de Kiampi qui l’a accueillie pour passer des vacances, et un vendeur de viande à la braise dont l’identité n’a pas encore été révélée.
L’interpellation d’Olivier Fosso intervient après une enquête menée par des policiers qui a consisté, selon des sources, à consulter le listing téléphonique de tous les suspects. Ce qui a débouché sur la «capture» d’Olivier Fosso, vers 2h, dans la nuit du 21 au 22 juillet 2010, à la maison familiale, située à une cinquantaine de mètres du lieu du drame.
Selon des sources policières, Olivier Fosso serait passé aux aveux, reconnaissant qu’il faisait partie de la bande qui a décapité Kiampi dans la nuit du 4 au 5 juillet 2010. Qu’il a soustrait de la victime son cœur, deux litres de son sang et son hymen pour «livrer» ou vendre. A qui ? La police se dit déterminée à explorer la piste des potentiels commanditaires. Notamment parce que, Olivier Fosso, bachelier il y a deux ans, affirme travailler avec des esprits dans un cercle ésotérique où on lui a demandé du sang humain. A défaut de fréquenter des amphis d’université, le présumé meurtrier faisait des «répétitions» à domicile et des vacations dans un établissement scolaire secondaire de la place.
Michel Ferdinand, Mutations











