En fin de contrat avec l’hôtel Sawa, la compagnie embarque et débarque ses passagers sur la chaussée.
Le chauffeur de la Land Cruiser noire immatriculée Lt 4009 Q était surpris hier, mardi 3 février 2009, de se voir refuser l’accès au site de l’agence de voyage Le Car. “Seules les voitures des clients de l’hôtel Sawa sont admises à entrer et à se garer ici. Les véhicules ne vont plus là-bas “, lance, en désignant les bâtiments vides de Le Car, en guise d’explication, le vigile qui tient fermement la lourde chaîne accrochée sur deux nouvelles poutrelles érigées pour décourager toute tentative de passage forcé. Il faut donc repartir hors de la clôture de l’hôtel Sawa pour trouver le vendeur de ticket de l’agence de transport aux bus bleus, assis à l’arrière d’une voiture, en train de servir les clients pour le voyage de 13h du mardi 3 février 2009.
Les clients quant à eux essayent de se trouver un abri aux côtés des tenancières de ” call box ” sous la canicule qui sévit dans la capitale économique. ” C’est très désagréable d’attendre l’embarquement en bordure de route. Nous n’avons pas toutes les explications sur ce qui crée cette situation très inconfortable “, lâche un peu excédé, Pierre Ngoué, passager qui essaye de calmer les pleurs de sa fille de 2 ans. En fait, c’est depuis le dimanche 1er février 2009 que les bus de l’agence le Car n’ont plus accès au site que leur louait la direction de l’hôtel Sawa à Douala depuis le 18 décembre 2006. Willy Mengue, le chef d’agence Le car Douala reconnaît que ” l’hôtel Sawa nous a permis de continuer à exercer notre activité ici alors même que le contrat avait expiré depuis 6 mois. Nous avions trouvé un nouveau site qui était déjà en train d’être aménagé. La Communauté urbaine de Douala, il y’a un mois et demi, nous a interdit de poursuivre les aménagements. Elle nous a expliqué que notre activité ne pouvait pas se développer à cet endroit de Bonanjo “.
Sinistre
D’après Willy Mengue, une nouvelle quête pour trouver un site digne de leur standing ne s’est pas déroulée comme souhaiter, rappelant la situation qui a prévalu à Yaoundé avec l’hôtel Hilton et regrette le non radical de l’hôtel Sawa, alors que ” nous payons régulièrement nos 4 millions de Fcfa par mois de loyer “. Nicolas Tchobang, directeur général de l’hôtel Sawa, précise qu’il n’a jamais été question d’un bail définitif. ” Nous avons signé au départ en 2006, un contrat de 6 mois puisque l’on venait de subir un sinistre et que nous avions besoin d’argent”, indique Nicolas Tchobang. Avant de poursuivre que : ” sur la demande de la direction de Le Car, nous avons reconduit 3 fois ce contrat pour le rompre le 31 juillet 2008.
Nous avons reçu beaucoup de plaintes de nos clients sur les ronflements des bus de 5h et les klaxons, l’insécurité au sein de l’hôtel, le vol des rétroviseurs, l’occupation anarchique du parking par les taxis et les motos taxis qui se battaient pour venir récupérer les passagers. Nous avions perdu notre prestige de 4 étoiles. Pour protéger notre métier d’hôtellerie, préserver la tranquillité et la sécurité de nos clients, nous avons décidé de mettre un terme à ce contrat”. Willy Mengue pense que cette situation devrait évoluer, ” d’ici deux semaines au plus tard, le temps de conclure le bail avec un responsable d’un nouveau site à Bonapriso et d’obtenir l’aval de la Cud”. Pour le moment, l’embarquement et le débarquement des passagers de l’agence Le Car à Douala se font le long de la barrière de l’hôtel Sawa, créant à cet endroit un bouchon et un concert de klaxons irritants.
Marion Obam. Mutations











