Une banale histoire de 500Fcfa serait à l’origine de la bavure produite à Melangué I.
Un maréchal des logis encore non identifié a ouvert le feu lundi soir sur un jeune homme de vingt ans nommé Bomba Yannick à Melangue I à 15 km d’Ebolowa. Ce gendarme qui selon les témoignages serait en service à la brigade de gendarmerie de Ngoazip I village du ministre Ferdinand Oyono a perdu sa maîtrise au poste de contrôle du carrefour de Melangué I où les deux tronçons de route de Biwong Bané et Ngoazip se joignent à celle qui va à Ebolowa. C’était à la suite d’une altercation avec le conducteur de la moto. “Je me rendais au village avec mon frère. Comme il pleuvait abondamment, une crevaison nous a imposé une petite escale au carrefour de Melangué I juste après le poste de contrôle à l’effet de coller la roue. C’est ainsi que pendant le dépannage, un des deux gendarmes qui contrôlaient les véhicules a saisi la moto en me demandant une somme de 500 fcfa”, raconte le motard qui agonisait à l’hôpital régional d’Ebolowa.
Le gendarme selon les dires du blessé, aurait mal pris la réaction du garçon qui s’évertuait à lui expliquer ses malheurs. “Je venais de donner les derniers 500 francs que j’avais dans ma poche au réparateur de la roue quand le gendarme m’a arraché la moto. Mes tentatives de négociation auraient contribué davantage à le mettre en colère. Et puisque je m’accrochais farouchement à l’engin, il a sorti son arme contre toute attente et m’a flingué la jambe gauche”, poursuivra la victime. Un témoin rencontré à l’hôpital affirmera que “le bourreau et son compère ont tenu en respect les populations ameutées par le coup de feu jusqu’au moment où un véhicule en partance pour Ngoazip I les a embarqués avec la moto dont le propriétaire a été abandonné entre la vie et la mort puisqu’il saignait abondamment”.
Radiographie
Mais dans la panique causée par la détonnation, son frère réussit quand même à contacter un ami de Yannick qui, aidé par les villageois consternés, se charge de son évacuation pour l’hôpital aux environs de 22 heures. Les clichés de la radiographie effectuée sur la jambe atteinte présentent une fracture du tibia et du peronet. Le major des urgences où le blessé a été reçu nuitamment a déclaré à la presse qu’”une balle est bel et bien logée dans la jambe du garçon qui devrait être admis au bloc opératoire ce mardi pour l’extraction du plomp”. En voilà un incident qui risque une fois de plus de brouiller les négociations entamées il ya une semaine par les autorités de la ville d’Ebolwa au sujet d’une grève observée par les exploitants de la filière moto taxi.
En effet, un ras-le-bol exprimé par les membres de leur syndicat piloté par Roger Akono Ebono a abouti à un violent affrontement entre conducteurs et policiers à la gare routière d’Ebolowa-si II. Les conducteurs mécontents protestaient contre les innombrables barrières de contrôles rencontrées sur nos routes alors qu’une note du gouverneur Bernard Wongolo portant création d’un poste de contrôle mixte sur chacune des routes débouchant sur la cité régionale du sud et interdisant le cloisonnement des acteurs concernés par la mesure venait à peine d’être signée.
Guy Roger Mvondo, Mutations











