Les adolescentes âgées de 15 et 16 ans voulaient entrer clandestinement en France par le biais d’un prétendu prêtre français établi au Cameroun. Selon une information parvenue lundi 1er mars 2010 à la rédaction du Jour, depuis quatre mois, deux Camerounaises sont retenues à Nicosie. Les adolescentes, âgées de 15 et 16 ans,
qui ont quitté le Cameroun à la fin du mois de novembre 2009, devaient transiter par la capitale chypriote avant d’entrer clandestinement en France. Marie Chesnel, leur maman, et René Chesnel, son époux, vivent à Angers.
Le transit des deux gamines ne se passe pas comme prévu. Elles tombent plutôt entre les mains d’un ravisseur, qui pourrait appartenir à un réseau de trafiquants d’enfants. L’homme dont l’identité n’a pas été révélée, réclame une rançon au couple Chesnel. Suivent des menaces sur la vie des enfants, si l’argent n’arrive pas. Il le fait par le biais de Sms et d’appels téléphoniques. C’est le calvaire pour la maman des enfants et son époux, qui croyaient enfin avoir fini avec les transactions relatives à l’entrée des enfants en France. En effet, en plus de 20 000 euros (13 000 000 de Fcfa) donnés jusqu’ici aux ravisseurs, ils doivent encore débourser une rançon de 6 000 euros, soit 3. 900 000 Fcfa.
Dépité, le couple Chesnel contacte Amely-James Koh Bela, une Camerounaise, présidente de Mayina, une association de lutte contre le trafic d’êtres humains. Sur son conseil, il dépose une plainte pour séquestration auprès du procureur de la ville d’Angers. Le document était muni des pièces à conviction (numéros bancaires, transactions, numéros de téléphone des trafiquants ainsi que certains échanges par Sms…). Amely-James Koh Bela saisit à son tour, l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains, une branche du ministère de l’Intérieur français, qui se saisi de l’affaire. Entre-temps, Me Patrick Deschamps, l’avocat du couple, a ébruité l’affaire dans les médias français, qui en ont fait un large écho en France et sur le Net.
Traqué par les autorités de son pays, le ravisseur a relâché les filles samedi dernier et est actuellement entre les mains des autorités chypriotes. Les enfants ont été recueillis par une étudiante camerounaise qui les a remis le lendemain aux autorités chypriotes. Maintenant, «le tout est de savoir si elles vont pourvoir quitter Chypre pour rejoindre la France ou si le gouvernement chypriote va les renvoyer au Cameroun, leur pays d’origine », s’inquiète René Chesnel, dans un article publié dans le quotidien Ouest-France.
Selon Amely-James Koh Bela, c’est par dépit que les Chesnel ont procédé de la sorte pour faire entrer les deux filles en France. Le gouvernement français leur avait préalablement refusé le visa. Alain Chesnel, qui a voulu les adopter, a également essuyé un échec. Face à tous ces désagréments, le couple Chesnel a décidé de solliciter un réseau de passeurs.
L’affaire se conclut avec un prétendu prêtre français qui se fait appeler Mgr Come et dont le vrai nom serait Alain Drouet de la Fribronnerie, appelle l’épouse Chesnel. Le “prélat” qui est établi au Cameroun affirmait avoir des entrées à l’ambassade de France pouvant lui faciliter l’obtention des visas.
CATHY YOGO. Le Jour











