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Phénomène : Des enfants trouvés morts dans les épaves de voitures à Douala

Publié par Jul 27th, 2010 et classé dans Actualités, Faits Divers. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

Sept ans après la découverte macabre des corps sans vie de six enfants à Newtown aéroport, la série noire s’est poursuivie cette année dans la capitale économique. En l’espace de 24 heures, au début du mois de mai, quatre autres enfants ont été retrouvés morts dans des voitures à Youpwé, une banlieue de Douala et à la rue Kotto à Deido. Est-ce un simple hasard ? Quelle signification donnée au choix de ce cadre pour accueillir ces dépouilles?? Les chapelles idéologiques s’affrontent.

Le samedi 8 mai dernier, vers 20 heures, les corps sans vie de trois enfants sont retrouvés dans un véhicule abandonné devant une maison à Youpwé, une banlieue de la capitale économique. Youpwé est réputée pour son marché de poisson frais. Le lendemain, dimanche 9 mai, au quartier Deido, à la rue Kotto, un autre enfant est retrouvé lui aussi mort dans un véhicule abandonné devant un domicile. Dans les deux cas, les enfants retrouvés morts habitaient non loin des épaves de voitures. L’âge de ces enfants varie entre deux et quatre ans. Mavelus Nia Nia, trois ans ; Samuel Achu, quatre ans et trois mois, et Noella Nso, trois ans, avaient été retrouvés morts dans une Renault 25 immatriculée Lt 6792T au quartier Youpwé et appartenant à M. Koudjou. Selon les témoignages des voisins, ces enfants avaient pourtant pris l’habitude de s’amuser dans ce véhicule.

Des traces de torture ont été découvertes sur le corps des enfants. L’un avait le bras fracturé ; un autre avait le visage couvert des traces de brûlure, des marques laissées par un fer à repasser, ou tout autre objet brulant. Plus grave, du sang coulait du pubis de l’un des gamins. De la bave coulait de la bouche également. Au moment de la découverte, l’un des enfants portaient des stigmates de blessure à la tête. L’autopsie réalisée à l’hôpital Laquintinie a révélé que les enfants étaient décédés de suite d’asphyxie. Ils ont été inhumés samedi 15 mai dernier, dans leur village respectif. Voilà ce qui en est de l’épisode de Youpwé.
Bryan Machovet Mocat, deux ans et huit mois avait été retrouvé mort, quant à lui, dans une Peugeot 605 immatriculée Ce 9271S dimanche 9 mai à la rue Kotto à Deido. Il avait disparu a la veille, vers aux 18 heures, alors qu’il jouait avec ses amis.

Responsabilité
Afin d’élucider ces décès qui s’apparentent à des crimes voilés, une enquête avait été ouverte par les éléments de la division régionale de la police judiciaire du Littoral. Toutefois, de manière paradoxale, l’enquête aurait été interrompue, à la demande des parents, le temps pour ceux-ci de donner à leur progéniture, des obsèques dignes. « Ce n’est qu’après cela que l’enquête pourra reprendre car nous voulons savoir ce qui est arrivé à nos enfants et qui l’a fait », déclare Achu Rose.
Mais en attendant de connaitre un jour les véritables mobiles et responsables de ces morts, les premières dépositions faites à la police judiciaire le 11 mai, au-delà de ce que l’autopsie a mentionné, ont révélé d’autres pistes d’enquête. Au lendemain de cette affaire à Youpwé, des soupçons pesaient sur Marlyse Lonty Tsafack, , 13 ans, élève en classe de 6ème dans uns lycée de Douala. Elle distribue par moment des graines aux canards, petit élevage familial. Au petit matin, alors qu’elle allait nourrir ses canards, elle fait l’horrible découverte.

A en croire les premiers témoignages, Marlyse Lonty Tsafack aurait fuit le domicile familial aux questionnements des voisins sur sa levée matinale et le lieu du drame, en rapport avec celui des canards. Selon la mère de la lycéenne, Brigitte Sonze, il n’en n’est rien. «Ma fille ne connaît rien sur cette affaire», clame t-elle , avant d’inviter sa fille à redire de nouveau son innocence devant le reporter de Mutations, comme elle l’avait déjà fait dans sa déposition à la police judiciaire.
« Je me suis rendue le mardi 4 mai à l’Ouest pour un deuil. Avant mon départ, j’ai mis mes cannetons dans un carton que j’ai déposé chez ma coépouse (au domicile du propriétaire du véhicule, Ndlr) », affirme la mère de la jeune Marlyse. Ce samedi là, Marlyse Lonty d’après ses dires, a oublié de donner à manger aux cannetons. Elle ne s’en est rappelée qu’après la série « Vaidehi » diffusée sur la chaîne de télévision Canal 2 International. « Il était plus de 20 heures. La veille, vendredi, j’avais laissé leur nourriture dans un carton que j’avais déposé dans le véhicule. C’est ce que j’allais chercher. Mais, lorsque j’ai ouvert la portière arrière gauche de la voiture, j’ai découvert un enfant allongé sur le siège arrière de la voiture », raconte t-elle.

Soupçons
Prise de panique, elle s’enfuit alerter les voisins. « Il y a un enfant dans la voiture là-bas », a-t-elle crié, apeurée. Munis des torches, les voisins qui ont accouru ont découvert les trois enfants qui étaient activement recherchés depuis 8 heures du matin, y compris dans ce véhicule, mais en vain. Comment une voiture qui avait été fouillée toute la journée a-t-elle pu subitement en soirée contenir ces corps ? Est-ce une main criminelle qui les y a déposés, après avoir accompli la sale besogne ailleurs ? Ce sont autant de questions que les populations se posent encore.
Des soupçons avaient été orientés vers l’adolescente avait-on dit parce qu’elle s’était enfuie. « J’ai été alertée par une voisine qui m’a informée de la situation. Je lui ai demandé de prendre avec elle mes enfants (au nombre de 7, Ndlr) et de les garder chez elle. Je lui ai aussi demandé de prendre la recette de la boutique qu’elle avait faite pendant la journée. Ils sont revenus à la maison dimanche et je suis rentrée du voyage lundi. Mardi, nous avons fait notre déposition», déclare Brigitte Sonze, pour expliquer que sa fille n’a jamais fui.

Aussi complexe que soit-elle, comment l’administration appréhende cette situation ? Pas de manière particulière. A la délégation régionale des Affaires sociales pour la région du Littoral par exemple, on ne se sent pas concerné. «Cette affaire n’est pas du ressort des Affaires sociales. Il y a eu mort d’homme. Donc, c’est vers la police qu’il faut se tourner. Si vous faites des recherches sur des enfants maltraités, alors là, vous pouvez venir vers nous. Je vous dirai par exemple que tout récemment, nous avons retiré un enfant maltraité des griffes de son père. L’enfant a été mis dans un centre d’accueil et son père est à la disposition de la justice», explique le Délégué régional. «Des enfants retrouvés morts, ce n’est pas de notre compétence. Il faut voir avec les Affaires sociales. Mais si c’étaient des enfants accompagnés, c’aurait différent», indique, quant à elle, le délégué régional de promotion de la Femme et de la famille. Ces administrations ne se sentent donc pas concernées par ces affaires dont les premiers cas remontent à plusieurs années.
Les premiers faits sont en effet apparus en avril 2003. La découverte macabre avait été faite le lundi, 7 juin 2003 en milieu d’après midi. Comme une traînée de poudre la nouvelle de la retrouvaille des corps sans vie de six enfants au quartier New-town aéroport avait fait le tour du quartier, de la ville. Les corps des nommés Kamnoué Diane (5 ans), Kamdoum (6 ans), Issa (3 ans), Tchatchou Junior (4 ans), et son petit frère, Siewe Bryan (1 an), ont été découverts sans vie et soigneusement rangés dans un véhicule de marque Toyota.

Perquisition
Sur le corps des enfants, aucun indice susceptible de renseigner sur les circonstances réelles de cette disparition subite. Aucun signe de flagellation n’était disponible. Au moment de la découverte macabre, le propriétaire du véhicule était absent de la ville. Afin de trouver les causes, les auteurs et les circonstances de cette affreuse mort, les autorités administratives et judiciaires de la ville de Douala avaient ouvert enquête. Ordre est alors donné d’aller perquisitionner chez Célestin Kamga, propriétaire du véhicule dans lequel ont été retrouvés les corps sans vie des enfants.
Au cours de ladite perquisition, les enquêteurs avaient découvert une arme à feu chez le mis en cause. Un pistolet de défense neuf soigneusement emballé et gardé dans sa chambre. Pourtant, à en croire M. Kamga Célestin, l’arme retrouvée dans son domicile était une acquisition de son client. Après cette découverte, le suspect et son épouse ont été gardés à vue à la brigade de gendarmerie de Nylon située à Ndogpassi. Le 24 juin 2003, Kamga Célestin et son épouse ont été placés en détention préventive à la prison de New Bell. Sans suite.

Une enquête de Blaise Djoukep. Mutations

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