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Un Franco camerounais porté disparu

Stéphane Kameugne assistait à une cérémonie de remise de diplômes à l’Ensam de Châlons-en-Champagne, samedi 6 décembre. Depuis, il est porté disparu. Mercredi dernier, une information judiciaire a été ouverte.

«Vous seules savez ce que je ressens… » Inconsolable, Jeannette Kameugne, la mère de Stéphane Kameugne, le jeune homme porté disparu depuis deux semaines maintenant lors d’une cérémonie de remise de diplôme à l’Ensam de Châlons-en-Champagne. Jeudi dernier, 18 décembre, Samuel Kameugne, le père de Stéphane, organisait une marche silencieuse dans cette ville pour protester contre la disparition de son fils. Plus de deux cents personnes ont pris part à cette manifestation, dont les étudiants et le directeur de l’Ensam. Pour l’occasion, les gadzarts comme on les surnomme, ont troqué leur blouse grise d’atelier contre l’uniforme des grandes cérémonies. L’affaire de la disparition de Stéphane Kameugne, portée à la connaissance du grand public par nos confrères de l’Union, un quotidien régional des Ardennes, semble émouvoir au-delà des Châlonnais. Comment en est-on arrivé là ?
Samedi 6 décembre, l’Ecole nationale supérieure des Arts et métiers (Ensam) de Châlons-en-Champagne organise sa traditionnelle cérémonie annuelle de remise de diplômes aux étudiants arrivés en fin de cursus. Stéphane Kameugne, qui avait passé deux ans dans cette école avant de poursuivre sa spécialisation aux Etats-Unis, est l’un de ceux qui doivent recevoir le fameux diplôme. Selon des témoignages recueillis auprès des étudiants présents à cette fête, tout s’est plutôt bien passé. Nombreux sont parmi eux qui apprendront seulement 48 heures plus tard, la disparition de Stéphane. C’est-à-dire au moment où, lundi 8 décembre, Samuel Kameugne, inquiet de n’avoir eu aucune nouvelle de son fils depuis le lendemain de la cérémonie de remise de diplôme, alors qu’il l’attendait à la maison pour passer le dimanche en famille, va signaler au commissariat de Châlons-en-Champagne cette disparition. La police locale va alors mener des investigations, fouilles et autres recherches.
Mais dix jours après, les enquêteurs n’ont pas trouvé Stéphane Kameugne. Son père, domicilié du côté de Maison Alfort, fait lui-même régulièrement les va et vient à Châlons-en-Champagne, persuadé que son fils est encore vivant : « Je reste convaincu que mon fils est vivant… Une chose est certaine : Stéphane n’avait aucun souci professionnel, familial ou affectif. Il n’a absolument pas pu organiser sa fugue », déclare-t-il dans l’Union.

I phone et Golf
Mercredi 17 décembre, le procureur de la République de Châlons-en-Champagne, Mme Laurens, a transmis le dossier au juge d’instruction Lepaitre. Une information judiciaire est ouverte pour rechercher les causes de la disparition de Stéphane Kameugne. Selon les premiers éléments de l’enquête, le téléphone portable du disparu, un I phone, a été retrouvé. Les enquêteurs affirment qu’il aurait fonctionné jusqu’à 8h25mn, le dimanche 7 décembre, et aurait même été localisé à l’intérieur puis autour de l’Ensam. Par ailleurs, le véhicule de Stéphane Kameugne, une Golf de couleur sombre immatriculée dans le 94, est resté longtemps sur le parking de l’école où le jeune homme l’avait garée samedi 6 décembre lors de la cérémonie de remise de diplômes. Deux éléments qui devraient, selon l’avocat de la famille Kameugne, Me Didier Seban, être examinés par la police scientifique afin d’éclairer l’enquête. C’est seulement mardi dernier, 16 décembre, que le véhicule en question a été déplacé en fin d’après-midi, à la demande du procureur de la République.
Qu’a-t-il donc pu arriver à Stéphane Kameugne ? Me Didier Seban pense davantage à un bizutage qui aurait mal tourné alors que le directeur de l’Ensam, M. Mostafa Fourar exclut l’hypothèse d’un bizutage dans son établissement. Rappelant à juste titre que le bizutage est interdit par la loi. Stéphane Kameugne est le cadet d’une famille de quatre enfants. Une famille qui vivait jusque-là soudée et qui, depuis le 7 décembre dernier, vit dans l’angoisse. La semaine qui commence l’apaisera-t-elle? Vendredi dernier, 19 décembre, Samuel Kameugne ne trouvait même plus la force de répondre au téléphone.

Par Jean-Célestin EDJANGUE à Paris. Le Messager

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