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Filouterie: Ils vivent des propriétés de l’Etat


Ecrit Par le 30 Aug 2013 Publié dans la categorie: Faits Divers, Société


 

Au lieu-dit Madagascar en face du Centre médical Brousket, Albert Ninkam, André Albert Mangaptche, Maurice Ouamba, Landry Silenou et Bertin Nguiti alias Pepen: colleur de roues, discaire, boutiquier, naturopathe et photographes en location chez «Samuel Pani Senwu» ont perdu toute sérénité depuis le 31 mai 2013. C’est qu’en cette date, Samuel Pani Senwu (qui vit sa retraite aux Etats-Unis d’Amérique), par les services de Me Tchuenkam, huissier de justice à la Sème charge près la Cour d’appel du Centre et Tribunaux, leur a servi des sommations.

Me Tchuenkam donnait un délai de 45 jours à ces locataires d’«avoir à quitter et laisser libre occupation les lieux par eux loués». Sous cette menace, André Albert Mangatche a répliqué par une requête au niveau de la Communauté urbaine de Yaoundé. L’huissier de justice est revenu à la charge deux fois de suite, notamment le 9 et le 16 août 2013.

«A la requête de monsieur Kengne Alain Célestin, demeurant au quartier Nkomo à Yaoundé, lequel élit domicile en sa demeure aux fins des présentes et ses suites; j’ai Maître Tchuenkam; (…) qu’ils ne sauraient nier ni disconvenir sauf mauvaise foi évidente de sa part que par sommation à eux faite en date du 31 mai 2013, il leur était enjoint d’avoir à quitte et laisser libre de toute occupation les lieux par eux louer; que les locaux dont s’agit font partie intégrante d’un immeuble aujourd’hui, pleine propriété du requérant, pour l’avoir acquis par achat de sieur Pani Senwu Samuel; que ce préjudice est d’autant plus incommensurable que le requérant entend jouir personnellement desdits lieux, ce d’autant plus qu’ils ne s’acquitteraient plus de leurs obligations contractuelles restantes à ce jour redevable de plusieurs années de location impayées pour certains les rendant ainsi occupants de mauvaise foi; toute chose de nature à solliciter en son temps leur expulsion».

Arnaque 

Il ressort de ce qui précède que Samuel Pani Senwu a vendu le terrain à Alain Célestin Kengne et que c’est sous l’impulsion de ce dernier que Me Tchuenkam agit. Seulement, selon le journal officiel du Cameroun du 15 août 1983, Samuel Pani Senwu et beaucoup d’autres occupants de la zone ont été indemnisés par décret présidentiel n° 83-328 en date du 15 juillet 1983.11 s’agit des occupants de la Rue Nana Tchakounte (P.T.T. Messa Madagascar) dans le cadre de la destruction de leurs cases et cultures pour les Travaux d’aménagement de ladite rue. Ces mêmes travaux concernaient aussi la Rue John Ngu Foncha et que l’Etat avait indemnisé ces personnes de l’ordre de 1 402 638 686 F CFA. Samuel Pani Senwu, 83ème sur la liste, avait alors été indemnisé à hauteur de 15 586 875 F CFA.

Mais jusqu’ici, il a continué à percevoir les loyers de des maisons indemnisées. C’est certainement par mesure de prudence qu’il a fini par vendre le terrain à Alain Célestin Kengne. Mais depuis que les sommations sont servies, les locataires ont du mal à rencontrer le nouveau propriétaire. Son numéro de téléphone ne figure non plus dans la sommation.

«Nous avons voulu rencontrer le nouveau propriétaire, mais nous ne savons pas quelle voie. Je crois que ce M. s’est fait arnaquer, car il ne savait sans doute pas que M. Pani Senwu avait déjà été indemnisé et que le terrain appartient depuis à l’Etat. Quand l’huissier me sert la sommation en mai dernier, j’étais en règle avec mon loyer», indique Pepen. «Nous devons nous concerter s’il faut engager un huissier pour contrattaquer. Ce serait une grosse arnaque. M. Pani ne vit plus au Cameroun et celui qu’on nous présente comme le nouveau requérant n’est pas joignable. Pourquoi l’huissier nous demande maintenant de négocier avec le nouveau requérant, alors qu’en mai, il nous donnait 45 jours pour libérer les lieux?» S’interroge aussi André Albert Mangaptche, handicapé moteur et naturopathe. Nous avons tenté de joindre Me Tcheunkam à plusieurs reprises jeudi dernier, mais son téléphone de passait pas.

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