Yaoundé : Comme si de rien n’était
Bien que la banque n’appartienne plus à la famille Fotso, les affaires s’y poursuivent normalement.
Ils étaient nombreux, tout au long de la journée d’hier 7 décembre 2009, les usagers qui venaient effectuer diverses opérations financières à l’agence centrale de la Commercial bank of Cameroon (Cbc) de Yaoundé. Malgré les déclarations d’Essimi Menye, le ministre des Finances sur les antennes de la Crtv dimanche dernier, les affaires se poursuivent. Au cours du magazine « Dimanche midi », le ministre des Finances a annoncé que le groupe Cbc bank n’appartenait plus à la famille Fotso. Une nouvelle qui n’a pas suscité véritablement d’émotion auprès des clients de la principale succursale de la capitale.
Ce matin, Marie Oyié Nga est à la Cbc bank pour payer ses frais académiques. L’étudiante en 2ème année de Géographie à l’Ecole normale supérieure de Yaoundé ne semble pas être informée des déclarations du ministre Essimi Menye. Lorsqu’elle apprend la nouvelle, sa réponse ne traduit pas d’inquiétude. « Les responsables de l’école nous on demandé de venir payer à la Cbc. S’ils nous demandent de continuer à payer nos frais de scolarité dans cette banque, ça veut dire qu’il n’y a vraiment pas de danger. Alors, je suis venue payer », nous souffle t-elle. En face des files d’attente qui se forment et se déforment devant les trois guichets opérationnels ce matin, une dame compte des billets de banque. Elle les attache ensuite avec un bracelet élastique. Un homme, visiblement pressé, lui fait face de l’autre côté de la baie vitrée. Il tient dans sa main droite un livret jaune. Il procède à un dépôt. Dans son costume gris, l’homme qui se présente comme propriétaire d’une petite et moyenne entreprise spécialisée dans l’import- export de matériel informatique affirme sa fidélité à la Cbc. « Cela fait sept ans que le salaire de mes employés est géré par cette banque. Pour l’instant, il n’y a pas de signe alarmant ou autre chose de ce genre comme j’ai lu dans certains journaux. La banque change seulement de propriétaire. En plus, l’Etat y a investi. C’est le signe que les choses vont plutôt s’améliorer ».
A l’étage supérieur, le chef d’agence est absent et personne ne veut se prononcer sur l’ambiance au sein de la structure, sans son autorisation. Tous les responsables approchés déclarent au reporter du Jour : «Allez voir le chef d’agence, c’est lui qui sait ». Une dame, agacée par l’insistance du journaliste, lui lance : « Vous voulez même savoir quoi ? Il n’y a pas de problème ici, le travail continue. Vous ne voyez pas les gens qui sont là ? ». Quand le reporter du jour quittait les lieux deux heures plus tard, le chef de centre n’était toujours pas de retour.
Muriel Edjo. Le Jour











