«Vendre l’image des entreprises, c’est bien, mais vendre sa propre image c’est encore mieux.» Confidence enthousiaste d’un exposant en octobre dernier lors de la toute première édition de la Foire intersectorielle de Douala (FID), organisée par la Chambre de Commerce, de l’Industrie, des Mines et de l’Artisanat (CCIMA). Plus récemment encore, c’est la Foire algérienne qui attirait l’attention du public à la même Maison du parti de Bonanjo. Ouverte par le Minpmessa, elle a surpris agréablement la quarantaine d’exposants venus de ce pays du Maghreb, qui sont repartis le sourire aux lèvres, à en croire des responsables de la CCIM, sûrs d’avoir trouvé un bon filon, pour les échanges commerciaux. Il faut dire que les produits pharmaceutiques, de l’agro-alimentaire, de l’électronique, ou encore du textile exposés venaient combler les attentes des visiteurs. Et ceci il faut le dire, à des prix acceptables.
Il y a une semaine, la foire égyptienne connaissait un relatif échec, la fréquentation étant timide. Saturation ? Tenez : en six mois, on a eu la Foire internationale de Douala pour le développement, la Foire intersectorielle de Douala, les Foires algérienne, égyptienne, et actuellement, se déroule dans la capitale économique, le Marché de Noël, foire qui ne dit pas son nom. Ça saute aux yeux, il y a comme une folie des foires qui s’empare du tissu économique. Et ça va encore frémir en cette veille de fêtes de fin d’année. Plusieurs entreprises souvent peu connues en profitent pour écouler leurs produits et effectuer des publicités tapageuses. Pour les plus connues, c’est l’occasion de rassurer la clientèle sur la qualité du service.
Pourtant, ces foires et salons connaissent des fortunes diverses. Si Promote et Ya-fe à Yaoundé sont définitivement rangés au rayon des « Success Stories », d’autres tirent le diable par la queue, ou s’efforcent de ne pas mourir. La FID s’est singularisée par une approximation dans l’organisation, avec notamment ces deux temps, de lancement officiel et d’ouverture de la foire, qui ont sérieusement entamé les espérances des exposants. Si ici, on admet que la foire a surpris plus d’un, les spécialistes reconnaissent un déficit de communication auprès des entreprises qui devraient longtemps à l’avance, inscrire la manifestation dans leurs calendrier et budget annuel. Promote s’y prend plusieurs années à l’avance, alors qu’on communique sur Ya-fe toute l’année.
Communication, mais aussi infrastructure. Et le cas le plus patent est la foire Promo de Tsinga qu n’aura pas lieu cette année, « pour des raisons indépendantes de la volonté de la CCIMA », selon un communiqué du président Christophe Eken. A Yaoundé, les difficultés de recasement des vendeurs à la sauvette ont eu raison de l’organisation cette année de ce rendez-vous qui battait déjà de l’aile il est vrai. Alors que le site de la Maison du parti Bonanjo à Douala n’est tout simplement pas électrifié en temps normal. Et l’économie dans tout ça ? Les entreprises disent y trouver leur compte. Ce sont de réelles opportunités pour augmenter les recettes douanières et touristiques. « Il s’agit d’établir des relations d’affaires, nouer des partenariats et promouvoir les échanges », lance un exposant. Une bonne opportunité aussi pour la visibilité de l’entreprise, qu’il faut professionnaliser à laquelle il faut accorder plus d’attention. La vitalité de l’économie passe aussi par là .
Alain TCHAKOUNTE. Cameroon Tribune











