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Françafrique: Les prescriptions des Camerounais pour sortir de l’assujettissement

Le Messager

Ecrit Par le 2 Aug 2012 Publié dans la categorie: Actualités, Cooperation Internationale, Société


La salle des conférences du Djeuga hôtel palace de Yaoundé était pleine à craquer jeudi 26 juillet 2012, à l’occasion de la 20è édition de la grande palabre, portant sur le thème «François Hollande et l’Afrique: Comment sortir du pacte (néo) colonial ?» Des sous-thèmes variés ont meublé cette rencontre organisée les derniers jeudis de chaque mois. Eric Mathias Owona Nguini enseignant à l’université de Yaoundé II à Soa a par exemple indiqué, si oui ou non, François Hollande peut faire disparaître la Francafrique. Son collègue Joseph Owona Ntsama chercheur à la fondation Paul Ango Ela lui, a exploré les ressorts de la contribution décisive de l’Afrique à son propre assujettissement, alors que Syrie Galex Soh, enseignant à l’Université de Soa a développé le sous-thème portant sur la politique économique de la France en Afrique.

L’on a ainsi appris que l’Africain est responsable de ce qui lui arrive, en ce sens qu’il se fait du tort sans être coupable. Joseph Owona Ntsama fait savoir que les pays de la communauté économique de l’Afrique centrale (Cemac) échangent de moins en moins entre eux et préfèrent orienter leurs exportations vers la France. Pour lui, l’Afrique est encore sous la botte de l’occident parce que les chefs d’Etats continuent de se faire adouber dès leur élection. Il cite le cas d’Ali Bongo du Gabon qui dès son élection est allé prêter serment dans une loge de la rose croix. Et pour sortir de ce gouffre, l’intellectuel camerounais propose trois pistes: La culture de l’indocilité qui consisterait à s’opposer ouvertement et courageusement à toute initiative française visant à assujettir l’africain. Le cas de Patrice Lumumba est d’ailleurs cité en exemple. Ce combattant de l’indépendance de la République démocratique du Congo qui prit sur lui de lire un discours histoire le jour de la proclamation de l’indépendance de son pays alors même qu’il n’était pas attendu. «Lorsqu’il le faisait, il savait pertinemment qu’il signait son arrêt de mort. Mais il l’a fait pour le bonheur des générations futures», explique Joseph Owona Ntsama. Il se remémore le discours prononcé le 26 juillet 2007 à l’Université Cheikh Anta Diop au Sénégal par Nicolas Sarkozy, alors président français. Il déclarait dans ce discours dédié à la jeunesse africaine: «L’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire […] Il reste immobile au milieu d’un ordre immuable, où tout semble être écrit d’avance. Jamais il ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. Le problème de l’Afrique, il est là.» Une provocation qui méritait une réaction vive et immédiate à la «Lumumba», selon le chercheur camerounais.

Ce dernier pense également que l’Africain doit mener un combat intellectuel acharné. C’est-à-dire construire un discours adapté à l’environnement actuel, et susceptible de déconstruire ce que propose l’occident calculateur. Pour y arriver, il faudra également trouver des voies et moyens pour parvenir à une indépendance économique effective. Jusqu’ici, observe-t-on à l’occasion de cette conférence, toutes les institutions sous régionales et régionales en Afrique sont sous la botte de l’occident, parce que vivant essentiellement des dons et des prêts provenant de ces grandes puissances. L’Union africaine par exemple est financée à 56% par l’Union européenne. Pourtant, comme disait François Mitterrand au début de l’année 1995, « « Les pays riches vivent aux dépens des pays pauvres qu’ils pillent. Ce sont les pays pauvres qui financent les riches.

Si les pays développés sont riches, c’est parce qu’ils exploitent les pays pauvres. L’argent se gagne et chaque pays a besoin d’argent pour assurer son développement et lutter contre le chômage. Donc, aucun pays ne fait des dons à un autre pays. Les pays riches investissent à l’étranger parfois sous couvert des termes tronqués comme «aide» ou «don» pour soumettre les pays pauvres à leur volonté. Le don n’existe pas ». A méditer !

La grande palabre est une initiative du groupe Samory. Il a pour principaux partenaires Harmattan Cameroon, la Fondation Gabriel Peri, Dynamique citoyenne, le quotidien Le Messager, la radio Cheick Anta Diop, l’Association de défense des droits des étudiants du Cameroun (Addec) et la Human Rights Initiatives (Hri).

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