“Je n’aurais jamais cru tomber amoureuse de cet homme. Rien à voir avec ce que je recherchais. Petit, chauve et comptable, tu vois, sur le papier ça fait pas fantasmer. Et pourtant, j’en suis raide dingue. C’est simple, il me rend heureuse.”
Voilà ce que me disait mon amie. Je me réjouissais sincèrement pour elle : j’avais l’impression qu’elle était arrivée à bon port. Qu’elle avait trouvé l’homme de sa vie.
“Oui mais tu vois, le problème, c’est socialement. Personne ne comprend ce que je fais avec lui. Je ne l’ai pas encore présenté à mes amis… Et encore moins à mes collègues de boulot.”
Dans ce cas, comment pouvait-elle savoir ce que pensaient les gens ? Je lui posais la question.
“Euh. Et bien… En fait je n’en sais rien. Je n’ose pas, c’est tout. J’ai beaucoup de mal à le montrer en public. À chaque fois, j’ai l’impression que les gens parlent dans mon dos. Je ne l’assume pas. Ses manières, qui me font craquer dans l’intimité, me deviennent insupportables quand on est en société.
C’est comme si chaque seconde je m’imaginais ce qu’on allait penser, dire, raconter. C’est infernal !”
Je lui dis qu’elle vient de faire le premier pas en me parlant de lui. Que si elle l’aime, les gens le verront aussi beau qu’elle le voit. Qu’il suffira d’une sortie pour qu’elle se rende compte que le monde n’est pas fait que de sauvages. Et je rajoute que parfois, il faut se moquer du quand dira-t-on.
“T’es sûre ? Bon allez… Demain je te le présente. C’est moi qui invite !
Par Garance Doré











