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HUGUES FRANÇOIS ONANA DÉCRYPTE L’OPÉRATION ÉPERVIER

Cameroon Tribune Publié par + May 24th, 2012 et classé dans Actualités, Politique, Société. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse via le formulaire ci-dessous ou par un trackback de cet article sur votre site



Le journaliste et socio politiste vient de commettre « Pratique de la gouvernance au Cameroun : entre désétatisation et démocratisation », qui analyse cette campagne de lutte contre les détournements. Depuis les dernières interpellations de l’ancien Premier ministre Inoni Ephraïm et de l’ex-ministre d’Etat Marafa Hamidou Yaya, suivies plus tard par leur incarcération à Kondengui, l’opinion publique ne cesse de réagir pour apprécier diversement la lutte contre les détournements et la corruption que conduit le président Paul Biya.

La dernière prise de position est celle du journaliste et socio politiste Hugues François Onana qui vient de commettre un ouvrage à ce sujet. « Pratique de la gouvernance au Cameroun : entre désétatisation et démocratisation », paru aux éditions L’Harmattan Cameroun, est le titre de ce livre qui traite abondamment de la lutte contre la corruption entamé depuis une trentaine d’années par le chef de l’Etat. Il y établit notamment une différence nette entre gouvernance et bonne gouvernance, tout comme il propose des pistes pour encrer la gouvernance dans les pratiques des gestionnaires publics. Hugues François Onana livre à CT son sentiment sur le combat pour l’assainissement des mœurs publiques mené par les pouvoirs publics.

« Une action de salut et de salubrité publique »

Hugues François Onana, socio politiste, auteur de « Pratique de la gouvernance au Cameroun : entre désétatisation et démocratisation » décrypte la lutte contre la corruption.

Comment appréciez-vous la lutte contre la corruption ou les détournements de deniers publics qui s’est accélérée ces dernières semaines ?

Il faut saluer l’opération de restauration de la morale publique engagée par les pouvoirs publics. La traque des gestionnaires véreux, des détourneurs de fonds, des corrompus et corrupteurs par le président de la République est une action de salut et de salubrité publique. Il est question de débarrasser le peuple camerounais et de l’Etat camerounais de toute cette gangrène que constitue cette classe de personne qui n’ont d’yeux que pour leur ventre et qui confondent les fonds de l’Etat à leurs fonds propres.

Que répondez-vous à ceux qui pensent qu’il s’agit d’une opération politique ?

Ils sont libres d’avoir une telle position. Mais contrairement à eux, je pense que nous avons plutôt d’un côté des présumés détourneurs et de l’autre la justice. En vertu de la présomption d’innocence, les personnes interpellées ont la latitude pour prendre des avocats et démontrer qu’ils ont géré les ressourcés de l’Etat dans la transparence, l’honnêteté et l’équité. De l’autre côté, la justice appréciera. Pour me résumer, « l’opération Epervier » est une action qui peut concourir à l’endogénisation du concept de gouvernance à travers l’exigence aux acteurs publics de rendre compte. Maintenant, si l’on nomme quelqu’un à une haute fonction, ne serait-ce qu’en pensant à ceux qui sont en prison, il va désormais faire attention. Il faut donc poursuivre l’assainissement des mœurs publiques.

Au-delà des arrestations, quels sont les autres pistes à explorer pour améliorer la gouvernance au Cameroun ?

Pour sortir de ce que Jean François Bayart appelle la « politique du ventre » au Cameroun, il faut d’abord une action forte en matière d’éducation. Il faut introduire l’éducation civique à partir de l’école primaire, l’enseigner au secondaire et à l’université. Il faudrait ensuite une conscientisation du peuple camerounais et un apprentissage des règles de gouvernance. Parce qu’il faut faire un distinguo entre « bonne gouvernance » et gouvernance. La « bonne gouvernance » repose sur un soubassement idéologique de type injonctif peut être même un instrument de développement si les Camerounais se l’approprient. A partir du moment où on ne se l’approprie pas et qu’on nous l’impose comme une greffe, ses prescriptions peuvent plutôt tuer le malade à qui elle est appliquée.

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