L’incident s’est produit le lundi 29 juin dernier au péage routier de Too II. C’est l’objet de tous les commentaires dans les villes d’Ebolowa, Ambam et Kye-Ossi, et particulièrement dans les milieux de transport en commun. Le préfet de la Mvilla, Jean Bienvenu Abanda a giflé un agent du Comité interministériel du contrôle des recettes des péages routiers (Cicrpr) et l’a fait garder à vue dans son territoire de commandement. Et pour cause, son véhicule personnel, une Mercedes, a été interdit d’accès au poste de péage de Too II entre Ambam et Kye-Ossi, hors de son territoire de compétence, faute pour son chauffeur de payer le ticket d’accès de 500 Fcfa.
Le chauffeur du préfet de la Mvilla, allé faire des achats à Kye-Ossi s’est vu demander comme l’exige la loi, un ticket d’accès. Devant la résistance de ce dernier, l’agent a posé la herse sous les roues du véhicule : un panneau de sensibilisation monté à chaque poste de péage indique en noir et blanc, et en caractère lisible que tout le monde paie avant d’avoir accès. Même les véhicules administratifs. Prêchant par l’exemple, le cortège du chef de l’Etat s’acquitte régulièrement de cette exigence lorsqu’il voyage par route. Car, sont exemptés exclusivement, les ambulances, les sapeurs-pompiers, etc.
Abus et violation territoriale
Selon nos différentes sources, le chauffeur du préfet de la Mvilla a l’habitude de forcer le passage à chacun de ses voyages non sans se montrer irrévérencieux à l’égard des agents du poste de péage de Too II. Hier, lundi 29 juin 2009, il a récidivé. A son retour, il va buter à l’intransigeance d’un agent du Comité interministériel du contrôle des recettes des péages routiers qui sont en mission au niveau de ce péage depuis une semaine.
Ce dernier va rappeler au chauffeur du préfet les dispositions de la loi, précisant que le véhicule de fonction du préfet n’est pas exempté. Coincé, le chauffeur fait appel à son patron. Ce dernier quitte Ebolowa avec une lourde escorte composée de tout son état-major (Commandant de compagnie, Commissaire spécial, commissaire de la surveillance du territoire, Commandant de légion de gendarmerie,…) pour se rendre au lieu de l’incident.
Dès son arrivée, il ne s’enquiert pas de la situation, dès lors que son chauffeur a désigné l’agent “rebelle”, le préfet Jean Bienvenu Abanda l’empoigne aussitôt avant de lui administrer plusieurs gifles selon divers témoignages. Comme si cela ne suffisait pas, il l’embarque à Ebolowa où le malheureux agent a été placé en garde-à-vue administrative pendant un peu plus de quatre heures. Conséquence de cette voie de fait, le péage a été bloqué pendant plus d’une heure. Ce qui a occasionné un important bouchon.
Au moment où nous allions sous-presse, nous avons appris que le colonel de gendarmerie, chef de cette mission interministérielle s’est rendu à Ebolowa pour obtenir la libération de son élément. Pis encore, on s’étonne que le préfet de la Mvilla ait ainsi besoin de se déplacer sous forte escorte pour un problème qu’il aurait pu faire intervenir son homologue de la Vallée du Ntem, territorialement compétent. Une violation territoriale qui donne lieu à un autre incident. Les membres de la mission du comité interministériel disent que l’affaire ne s’arrêtera pas là. “La haute hiérarchie a été saisie”, affirme l’un d’eux
Le Messager : Mathieu Nathanaël NJOG











