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Itinéraire: Sur les traces des anciens ministres de Paul Biya à l’EST

Le Messager

Ecrit Par le 25 Sep 2012 Publié dans la categorie: Actualités, Politique


1.- Ceux qui croient en leur dessein messianique

Bien qu’ils soient désormais loin des bureaux feutrés qu’ils occupaient jadis lorsqu’ils étaient ministres de la République, certains de ces anciens membres du gouvernement de la région de l’Est ne se séparent guère de leur titre « Excellence, monsieur le ministre ». Un oubli de cette appellation peut vous attirer des foudres de son « Excellence ». Du moins en apparences, c’est le cas de Charles Salé. « L’essayiste », comme l’appellent ses intimes n’a rien perdu de sa splendeur d’antan. Hormis un visage quelque peu amaigri « l’épreuve d’être hors du sérail », ne semble pas avoir entamé son moral et encore moins sa mise vestimentaire. Tout le contraire de certains de ses pairs anciens ministres qui ont aujourd’hui des allures d’ « épouvantails ». Son entourage chuchote que « bien avant d’être nommé ministre, il en avait déjà un peu ». Opérateur économique devant l’éternel, l’ancien ministre de l’Industrie des mines et du développement technologique, ancien maire de Belabo et ancien député du Lom-et-Djerem, contrôle toujours ses activités économiques et sa base politique tout en espérant avoir à nouveau les faveurs d’Etoudi. Sa récente nomination comme président du conseil d’administration (Pca) de l’hôpital gynéco-obstétrique de Yaoundé, est sans doute « une hirondelle qui annonce le printemps » peut-on entendre de ses proches à Bertoua.

Ce n’est pas le cas de Badel Ndanga Ndinga. Depuis le fameuse date du 9 décembre 2011, lorsque Paul Biya l’a déchargé des fonctions de ministre de l’Industrie des mines et du développement technologique lui aussi est resté serein. Même si une certaine presse l’annonçait quelques jours après son éviction aux portes de Kondengui, « à cause des casseroles qu’il traînerait ». Compte tenu de la frustration manifestée par les filles et fils du Lom-et-Djerem et son « activisme » comme membre du comité central du Rdpc parti au pouvoir, des indiscrétions nous apprennent qu’il est pressenti à nouveau sur la table du gouvernement. Administrateur civil principal, difficile vraiment de savoir à quoi s’occupe-t-il en ce moment à Yaoundé, en dehors des missions que lui confie le Rdpc.

Joseph Roland Matta, lui n’admet toujours pas qu’il n’est plus aux affaires. L’ancien secrétaire d’Etat au ministère des forêts et de la faune, déchargé également de ses fonctions le 9 décembre 2011, avait été interné le vendredi 6 janvier 2012 aux urgences de l’hôpital de la Cnps à Yaoundé. Le Messager du 10 janvier qui rendait publique cette information indiquait qu’ « il est difficile de savoir exactement ce qu’il en retourne. On faisait alors allusion à un accident vasculaire cérébral (Avc) ». Jusqu’à ce jour, on se demande bien ce qui a pu provoquer ce malaise à l’ancien député de la Boumba et Ngoko et ancien gérant de l’hôtel Mansa de Bertoua, un mois après sa sortie du gouvernement. Tout comme il est difficile de situer dans le temps les dernières apparitions de l’homme dans sa région de l’Est.

Yves Mbélé Ndoé lui, reste tout de même actif au sein du parti du flambeau ardent. Ceux qui aiment vilipender les autres disent « qu’il manque d’étoffe ». Dans la région de l’Est, il se raconte aussi qu’ « il bricole quelques affaires tout en lorgnant du côté d’Etoudi, espérant un nouveau clin d’œil de Paul Biya ». Et puis il y a Benjamin Amama, « l’excellence » de l’arrondissement de Messamena. L’ex-Dg de l’Enam, ancien ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative est jugé « baroudeur » pour son franc-parler. Il ne cache pas son envie de revenir aux affaires. Quand il est au village, il organise des soirées festives qui redonnent vie à ses concitoyens. Le ministre a une vaste admiration et un penchant pour le champagne. Il a un pied à Yaoundé et un autre dans ces plantations dans une bourgade de Messamena en proie à de nombreux problèmes d’électrification qui constituent aussi le principal frein à son développement.

2.- Moisis par le poids de l’âge

René Zenguelé, lui a pourtant encore soif du pouvoir. Le Pca de l’Irad et chef supérieur des Ovang dans le département du Haut-Nyong, ne cesse de prouver qu’il a encore de l’énergie à revendre. Non seulement il a voulu affronter Paul Biya à la tête du parti des flammes le « Rdpc », il a tout fait pour être reçu en audience par le chef de l’Etat, lors de sa visite dans la région de l’Est, les 3 et 5 août dernier à l’occasion de la cérémonie de pose de la première pierre de construction du barrage hydroélectrique de Lom Pangar. Difficile pour l’octogénaire affectueusement appelé « le patriarche », de se sentir à merveille dans la peau d’un ancien ministre.

Jean Marie Aléokol quant à lui, peut vous tuer de son regard si vous ne l’affublez pas de « Excellence monsieur le ministre ». L’ancien secrétaire d’Etat à la défense (Sed), par ailleurs Pca de l’Arsel est l’un de ces anciens ministres de Paul Biya, qui gardent encore bonne mine. « Normal » pensent certains fils de l’Est car « le soutient de son épouse, maire de la commune de Messok dans le département du Haut-Nyong, son traitement à Arsel et l’allocation de sa maison de Bertoua à Edc, lui permettent de mener une vie princière sans trop de soucis ». Sa petite sœur Isabelle Tokpanou, est de plus en plus rare au village. La Pca du palais de congrès de Yaoundé, n’a pas bonne presse actuellement. Ses détracteurs l’accusent à tort ou à raison d’avoir « mangé » l’argent du marché de construction de l’école publique de Mindourou (arrondissement du Dja : ndlr), qu’elle avait gagné.

Joseph Charles Doumba. Son cas inquiète même sa famille du village Mbeten, dans l’arrondissement de Belabo où il n’a pas mis pieds depuis près de 40 ans. Même les dernières joutes électorales de 2011 qui ont vu la réélection de Paul Biya n’ont pas permis de revoir la silhouette fluette et la démarche hésitante de « Grand Joe ». L’ancien ministre de la Justice et ancien secrétaire général du Rdpc a selon ses proches « une décadence physique ». Normal, « l’ancien faiseur de ministres », a désormais 75 ans et il a beaucoup donné. Selon ses proches « Il passe le gros de son temps dans son lit, parfois sous perfusion ». Cette incapacité physique ne lui permet plus de prendre part aux agapes républicaines.
Joseph Aoudou, l’ancien contrôleur des finances de Garoua et ancien ministre de l’Industrie des mines et du développement technologique est presque résigné. Des informations font état de ce qu’ « il ne lui reste plus que son verre pour noyer ses soucis ». Lever le coude semble être sa distraction favorite.

3.- Tous comme des albatros

Ils sont de plus en plus nombreux, de plus en plus jeunes ces fils de l’Est qui entrent dans le gouvernement. Ils sont souvent bardés des références académiques et socio-professionnelles. Mais comme des albatros de leur environnement, leurs ailes trop larges, ne leur permettent plus de se poser aussi facilement sur une terre dont ils s’étaient éloigné pendant des années plus ou moins longues. Voici donc certains de nos anciens ministres confrontés à une réalité dont ils s’étaient définitivement crus épargnés. Leur première épreuve réside le plus souvent dans le reflet de leur propre personne et dans le regard d’autrui. Ils élisent tantôt de l’affection, tantôt du rejet, tantôt plus grave encore, du mépris ou de la rancune, lorsqu’ils ont perdus la prééminence des jugements et des décisions. D’autres s’enferment dans leur dignité attendant peut être que justice leur soit rendue et qu’ils retrouvent leurs justes places dans les hautes sphères de l’Etat. Alors, ils promènent leur regards inquisitoire et rancunier le long des rues, distillant des réflexions peu amènes sur le milieu qu’ils viennent de quitter. Certains deviennent des prophètes d’un avenir incertain en chantant à chaque occasion l’hymne des grandes réalisations pour flatter le prince.

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