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Joe La Conscience : “Février 2008” immortel


Ecrit Par le 26 Mar 2009 Publié dans la categorie: Actualités, Culture, Musique


joe-la-conscience1Le second album de l’artiste est un bouillon de reggae chaud qui fustige le Gouvernement de Paul Biya.

Il ne s’est pas rangé après sa sortie de prison. Joe La Conscience a repris le chemin de la contestation. Pas dans la rue cette fois. Il a choisi la musique. Un moyen vicieux, plus efficace de se faire entendre car susceptible de toucher un maximum de personnes d’ici et d’ailleurs. Il a baptisé ce chapelet des dysfonctionnements du gouvernement et la politique de Paul Biya ” Février 2008 “. Afin que nul n’ignore, Joe La Conscience a mis, le titre de l’album “Février 2008″ en exergue sur la pochette, mais aussi les photos de son séjour dans les geôles. Pour dire que malgré tout, il reste un patriotique, Joe la conscience s’est vêtu du drapeau Vert-rouge-jaune, frappé d’une étoile avec le bâton de pèlerin. Il n’a pas eu besoin d’être accrédité ou investit par un parti pour faire avec 11 titres, le portait au vitriol de ce qui se passe au Cameroun en terme de violations des droits de l’homme, de l’oppression du peuple, des médias privés muselés et de la jeunesse abandonnée, sans repères.

” Février 2008 ” est proscrit à ceux qui n’aiment pas le Reggae. Car Joe la Conscience qui a choisi la voie de la protestation en usant et abusant de ce rythme qui tire ses origines dans la contestation. On entre dans ce bouillon chaud où chaque titre en un bol décapant contre le gouvernement de Paul Biya par le “Culte de la personnalité”. Le gars de Loum rappelle “aux vieux crocodiles restés longtemps au pouvoir et qui se croient immortels, parce que les hypocrites chantent leur louanges, qu’ils vont mourir un jour. Le peule ne vous aime pas, car il sait à qui appartient les initiatives dont vous vous octroyez la paternité. Arrêtez l’imposture commencée par le moyen avec lequel vous arrivez au sommet de l’Etat”. Dans ce registre de dénonciations “polies”, on trouve également “Exclusions et marginalisations” où l’artiste s’interroge pour savoir “pourquoi les camerounais qui vivent à l’étranger ne peuvent pas voter?” et “Campus militarisés”. Ici, Joe La Conscience met à nu les intentions des recteurs qui ont transformé nos campus en lieu de répression de toute expression de liberté “car le recteur veut devenir ministre. Le ministre veut se maintenir dans la mangeoire pendant que les étudiants sont assassinés et le commandant qui l’a fait reçoit des médailles”.

L’axe dur de ” Février 2008 ” est constitué de 5 titres : “Apprentis sorciers”, “Février 2008 “, ” Ennemis de la presse “, ” Paix précaire” et “emmerdements constitutionnels”. Comme pour inciter les gens à mieux écouter ces titres, les lignes des vents sont épurées et laissent ainsi plus de place à la voix de Joe La Conscience qui est soutenu aux chÅ“urs par Achallé, Washington, Leslie Labelle et Jay Rasta. Pour l’artiste, dans Apprentis sorciers, ” il faut éviter d’avoir des idées différentes de celles de Paul Biya. Sinon on t’enferme ou on t’appelle, apprentis sorciers. Nous avons tous vus et compris que Paul Biya était coupé des réalités de son peuple car il a découvert la colère de la jeunesse camerounaise qu’il croyait encadrée devant sa porte “. C’est d’après lui cette rupture de dialogue “qui a conduit aux émeutes de février 2008 “. Joe La Conscience comme mue par le besoin de se libérer en s’adressant aux dirigeants de ce pays, dans ” Ennemis de la presse “, leur demande ” d’arrêter de menacer et bâillonner les médias privés qui permettent encore au peuple d’avoir l’oxygène grâce aux informations qui permettent de voir que ce gouvernement s’essouffle. La fin est proche “, prédit-il. C’est un disque d’un niveau moyen au niveau des arrangements et du mixage, mais qu’il faut à avoir à porter de main pour ne pas oublier que ce ne sont pas des étrangers qui sont morts en février 2008, mais des camerounais qui auraient pu être nos pères, fils, oncles et neveux.

Marion Obam, Mutations