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LA BANQUE AGRICOLE ET DES PME, UNE AUBAINE POUR LA CROISSANCE

AfricaPresse.com

Ecrit Par le 21 Sep 2011 Publié dans la categorie: Actualités, Economie, Société


À l’ombre du débat politique intensif qui cristallise l’univers intellectuel camerounais depuis des semaines, un événement plus heureux tend à passer incognito : la création de la banque agricole et celle des PME dont l’ingénieur agronome Pierre Tchuenkam présente les vertus économiques.

Annoncée depuis le mois de juillet 2009 – sans que des sceptiques y accordent une certaine crédibilité quant à son effectivité – l’existence d’une banque agricole relève désormais d’une réalité d’évidence au Cameroun, et ceci, depuis le début du mois de juin 2011. Le temps passé entre sa projection et sa matérialisation, deux ans plus tard, date de publication des textes y constitutifs, aura sans doute permis d’assoir la solidité des bases d’une banque qui sera tout le contraire des précédentes ayant fait banqueroute en 1999 à cause, on s’en souvient, de légèretés managériales et de l’octroi des crédits qui n’avaient rien d’apparenté avec le monde rural. Le Fonader et le Crédit agricole du Cameroun (CAC) créés auparavant avaient montré leurs limites à soutenir les acteurs du secteur primaire. Les détournements et des crédits fantaisistes avaient dressé le lit de leur faillite programmée. En corrigeant les erreurs du passé, la nouvelle banque agricole en gestation est mise sur pied dans l’espoir d’appuyer et d’accélérer la croissance du secteur agro-pastoral au Cameroun, selon les prescriptions du ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER). Indubitablement, la banque ainsi créée permettra de booster la productivité ainsi que la mécanisation du monde agricole sous l’impulsion personnelle du chef de l’Etat, M. Paul Biya, lui-même acteur privilégié d’un secteur porteur de forte valeur ajoutée. C’est dire si l’investissement dans ce secteur constitue la priorité du Gouvernement, tant des pays émergents en Amérique du sud et en Asie tirent d’énormes revenus dans l’agriculture. Avant l’arrivée de la banque agricole, le financement de l’agriculture par le développement de la micro-finance s’était renforcé avec le démarrage en septembre 2009, du Projet d’appui au développement de la micro-finance. Autant de contributions efficientes qui renforcent la concentration des énergies gouvernementales vers un secteur porteur d’espoir et de croissance économique.

La mise en place d’une banque agricole différente des premières est une nécessité pour le Cameroun dont les projets d’émergence à l’orée de 2035 passent aussi et surtout par les miracles qu’offre le travail de la terre. Le projet de cette banque du monde rural devrait contribuer à garantir la sécurité alimentaire au Cameroun, et des pays de la sous-région CEMAC. Ce projet de financement direct de l’agriculture a pris des ailes nouvelles après le succès du comice agropastoral d’Ebolowa tenu en janvier 2011, un rendez-vous des seigneurs de la terre qui a séduit le Président Paul Biya. On se souvient, en effet, que le chef de l’Etat avait passé plus de cinq heures d’horloge à visiter les stands de Ngalane, les étangs et l’usine de montage des tracteurs d’Akak, et à discuter avec les exposants. Au sortir dudit comice, le promoteur du Renouveau avait indiqué la nécessité de voir son pays se servir de l’agriculture comme rampe de lancement de son émergence. L’agriculture et le secteur informel, comme celui des PME représentent plus de 25% productions de revenus et de chiffres d’affaires dans l’économie locale. Seulement, l’agriculture et les PME manquaient de moyens et de disponibilité de crédit pouvant formaliser des revenus perdus dans une certaine clandestinité fiscale. C’est désormais chose faite. La décision prise au début du mois de juin 2011 à Yaoundé au cours des assemblées constitutives de ces banques sous l’égide du ministre des Finances, du ministère de l’Agriculture et du développement rural, ainsi que du ministère des Petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat avait pour but d’opérer le dernier virage vers cette sortie de clandestinité bancaire et fiscale. Toutes choses qui pourraient faire engranger à l’Etat d’énormes recettes concrètes, tout en finançant pareillement des secteurs d’avenir.

Retombées du comice agropastoral
En optant de commencer la nouvelle aventure bancaire par le secteur primaire, le chef de l’Etat définit corrélativement les axes de priorité de son défi économique. C’est donc normal que la première de ces institutions de financement soit la banque agricole. L’essentiel étant que ce nouveau sacrifice du chef de l’Etat ne se gère pas comme les tristes expériences du passées (Fonader et CAC), tant le monde rural a un grand besoin d’argent pour intensifier ses rendements et densifier ses récoltes tant au niveau des petits agriculteurs, qu’au niveau des macros unités agroalimentaires. Loin d’être de faible production, ce sont les fonds qui manquaient cruellement à l’émancipation industrielle claironnée par le chef de l’Etat lors de son discours à Ebolowa en janvier 2011.

C’est désormais chose faite. Les promesses du comice ont porté les fruits des champs. Notre secteur primaire devrait s’intensifier et sortir ainsi de la sphère artisanale pour une industrialisation tous azimuts. La banque agricole devra ainsi renflouer les caisses des planteurs de première et seconde génération pour le bonheur de notre sécurité alimentaire, et celle de la sous-région, tout comme dans les perspectives de l’extension du réseau ferroviaire en 2045, des voies de diffusion et d’écoulement de nos produits s’étendent au-delà de l’Angola, vers l’Afrique du Sud. Ce sont autant de sources en devises qui permettront, avec l’exportation vers le marché européen et asiatique, de booster notre agriculture et, en même temps, de rembourser les crédits de sa banque qui n’aura pas de raison de faire banqueroute.

Le deuxième aspect dans le financement urgent de l’économie informel, l’artisanat et des PME concerne la banque éponyme d’un secteur non négligeable de foisonnement d’argent que gèrent généralement des établissements de micro finances, non sans risques et rixes. A l’instar de sa cousine du secteur primaire, la banque consacrée aux petites et moyennes entreprises revêt toute son importance dans les desseins d’émergence de notre économie à l’orée des OMD de 2035. Là-aussi, les appréhensions sont identiques aux risques de banqueroute de la banque agricole car le Cameroun n’expérimente pas des établissements de microcrédits officiels pour la première fois. On se souvient du FOGAPE (Fonds de garantie aux petites et moyennes entreprises) qui ne fit pas long feu pour des raisons de faillite liées à l’octroi des crédits factices et fantaisistes en direction des gros bonnets qui n’avaient rien à voir avec les PME. La disparition du FOGAPE ne manqua pas de porter un coup séreux à l’équilibre de notre tissu artisanal et à la santé des PME. Plus grave encore, l’absence d’une banque des PME dans le système bancaire camerounais ne permettait pas le financement nécessaire à la création des entreprises moyennes, lesquelles sont de précieux régulateurs des économies fragiles, par la disponibilité rapides et à faible taux d’intérêt des crédits légers et rapides. Le retard de la croissance qu’a connu notre pays est également lié à cette carence de banques intermédiaires ou spécifiques au service de l’économie médiane.

Autrement dit, depuis la mort du CAC et du FOGAPE, notre univers des PME ne disposait pas d’institutions financières spécialisées capable de soutenir le secteur de la création des entreprises. Pis encore, les banques classiques n’apportent qu’un soutien obtus et circonspect au financement de l’économie liée aux PME.

De l’argent et des garde-fous
Les deux banques créées sous l’impulsion du chef de l’Etat permettront pour ainsi dire, de donner aux créateurs d’entreprises de moyenne importance, les moyens financiers nécessaires au développement efficient de leurs entreprises, dans un secteur fort rentable. Pour leur fonctionnement, chacune de ces deux banques sera dotée d’un capital de départ de dix milliards de F CFA. Ce pactole sera entièrement financé par l’État du Cameroun qui est l’actionnaire principal de cette nouvelle aventure bancaire. C’est dire si le Renouveau a tenu parole tant il est vrai que la décision de créer ces deux banques a été annoncée lors du discours inaugural du comice agropastoral d’Ebolowa par le chef de l’État Paul Biya en personne. Dans leur constitution et raison sociale, la banque agricole va s’appeler la Cameroon Rural Financial Corporation (CARFIC). La CARFIC qui vient de voir le jour, devra prioritairement financer les activités liées à l’émancipation de l’agriculture camerounaise. Il en est de même de l’élevage et de la pêche. En plus de ces missions de garanties financières, la banque rurale devrait permettre aux agriculteurs d’accéder aux vertus de la mécanisation via l’usine de tracteurs d’Akak. Grace aux crédits y afférents, les seigneurs de la terre auront accès aux engrais et aux intrants devant booster leurs récoltes et revenus. La banque agricole qui se met en place, avant sa consœur des PME viendra combler la carence des crédits et par ricochet des ressources financières à moyen terme qui faisaient beaucoup de mal à l’agriculture camerounaise. C’est donc une aubaine qui permettra à notre économie de décoller verticalement et d’assurer l’émergence de notre pays dans la perspective des OMD sus-évoqués. Elle devra, par ailleurs, combler l’immense vide laissé par le CAC dont on se souvient que les crédits n’avaient jamais fonctionné en direction du paradigme agricole. Les errements de ce passé dominé par l’impunité sont les gages de succès de la CARFIC qui devra éviter la gestion à la petite semaine de son ancêtre, le CAC. La nouvelle banque mérite davantage de transparence et d’octrois de crédits clairement liés à sa raison sociale : être au service des agriculteurs. C’est dans cette condition que son rôle sera efficace et d’utilité publique.

La CARFIC est promue à un bel avenir si et seulement si sa gestion obéit aux normes et à l’orthodoxie d’une banque commerciale rigoureuse. Une fois de plus, en guise d’avertissement supplémentaire, il est hors de question que les cadres en col blancs qui s’immiscent de plus en plus dans l’agriculture et l’agroalimentaire, et qui sont connus pour être des aventuriers et mauvais payeurs mettent en péril l’avenir de la banque agricole. Chaque crédit doit être précieux et servir véritablement au travail de la terre. C’est, enfin, en respectant les normes d’une banque classique que la CARFIC pourrait servir de locomotive financière à l’ambition d’émergence du Cameroun à l’horizon 2035. Il convient de gérer cette création du Président Paul Biya avec la fermeté qui sied à son fonctionnement à long terme. On ne pardonnerait à personne de gâcher ce trésor. Les agriculteurs ont retrouvé le sourire. Il faut qu’il dure, pas le temps d’une saison, mais pour très longtemps. En définitive, la banque agricole et celle des PME sont de précieux outils de développement qu’il faut absolument sauvegarder si on veut accélérer la création des richesses et favoriser l’auto emploi dans notre pays. Le comice agropastoral d’Ebolowa a fini par nous convaincre des capacités du Cameroun à bâtir une agriculture intensive et à semer les sillions de notre émergence. Ces banques sont des véhicules à cette aventure que chaque citoyen devrait encourager. En dehors des arbitres et différents surveillants nationaux, le monde rural compte sur la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC), le gendarme des banques, pour veiller à ce que l’espoir qu’incarnent la banque agricole et celle des PME ne tombe pas en faillite sans avoir, au préalable, suffisamment et longuement joué son rôle essentiel : booster le développement économique du Cameroun à la base.

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Pierre Tchuenkam D.
Ingénieur agronome et statisticien.