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Le Journal AfricaPresse.com rencontre le Pr. Moses Nyongwa

AfricaPresse.com

Ecrit Par le 22 Sep 2014 Publié dans la categorie: A La Une, Actualités, Canada, Interview, Moses Nyongwa, Société


Pr Moses Nyongwa, Ph.D. Spécialiste en Négociations et commerce international

Pr Moses Nyongwa, Ph.D.
Spécialiste en Négociations et commerce international

Encore une fois, à cette rentrée universitaire, AfricaPresse est allé à la rencontre du Pr. Moses Nyongwa pour recueillir ses réflexions sur les sujets de l’heure qui embrasent le landau politico-administratif du Cameroun.

AfricaPresse.com : Pr Nyongwa, on ne vous a pas beaucoup entendu ces derniers temps, pourtant il y a eu plusieurs sujets sur lesquels les Camerounais ont cogité: en l’occurrence le soit-disant plagiat d’un ministre en fonction,  les incursions de Boko Haram au Nord Cameroun, et très récemment la possible disparition de Guérandi Mbara.  Que dites-vous à nos nombreux lecteurs qui aiment vos analyses et qui ont hâte de vous lire sur ces sujets ?

Professeur Moses Nyongwa : Je vous remercie de votre interpellation. En fait, les trois points soulevés sont extrêmement importants.  En tant qu’enseignant et homme d’écriture, le problème de plagiat est pour moi fondamental. En dehors des dispositions  juridiques qui relèvent des droits d’auteur, le plagiat pour moi nécessite trois conditions :

  • l’appropriation des écrits et les idées d’autrui sans le citer ;
  • la manifestation de l’intention de faire siens ces écrits et idées;
  • le refus de reconnaître l’apport d’autrui sur l’émergence et la formulation de ses propres idées.

Dans le cas que vous avez évoquez, il faudrait donc voir si ces trois conditions sont réunies.  C’est tout ce que je peux dire à ce sujet, étant donné que je ne suis pas au courant du développement du problème.  Si j’ai un conseil à donner à nos compatriotes, c’est de ne pas toujours se lancer rapidement dans des polémiques qui finissent le plus souvent en queue de poisson et qui malheureusement détruisent en passant des réputations bâties au prix de durs labeurs.

Le deuxième volet de notre intervention porte sur l’incursion de Boko Haram au Nord Cameroun.  Vous savez, je ne suis pas sur le terrain.  Mon point de vue ne peut être que spéculatif, en attendant que les gens sur le terrain nous renseignent davantage.  Cependant, un certain nombre de questions sont indispensables pour cerner ce qui se passe en réalité.

1) Qui est Boko Haram ?

2) Qui sont ses membres ?

3) Où les recrute-t-il ?

4) Qui sont ses alliés ?

5) D’où vient son armement ?

6) De quel soutien jouit-il dans la population ?

Si nous pouvons apporter des réponses à ces questions, alors l’éradication de ce mouvement terroriste sera facile.

Il est important ici de saluer le courage et le sens du sacrifice de nos vaillants soldats qui, jusqu’à présent, ont réussi à repousser les assauts de Boko Haram et à sécuriser les frontières de notre pays.  Cependant, ces actions, quelque héroïques qu’elles soient, ne sont que des préludes à la recherche des solutions dues aux réponses émergeant des six questions mentionnées plus haut.  Par exemple, si la réponse à la question (6) est que Boko Haram jouit d’un soutien quelconque au sein de la population, en l’occurrence chez les jeunes, les Pouvoirs publics doivent se mobiliser davantage pour les occuper, leur trouver un moyen de se rendre utile à la société, les valoriser.

Dans un article que j’ai publié il y a plusieurs années déjà, j’attirais l’attention de l’État camerounais sur sa responsabilité vis-à-vis de la Jeunesse en ce qui a trait à l’emploi. Je relevais à ce propos que le chômage des jeunes  était le cancer qui allait gangréner toute la société, une bombe à retardement. Je proposais même qu’un gouvernement ne soit maintenu en place après deux ans qu’en fonction du nombre d’emplois créés.  Une mesure un peu radicale peut-être, mais qui aurait l’avantage de mettre de l’avant la lutte contre le chômage dans les politiques économiques du gouvernement, quel qu’il soit.

Pour revenir aux six questions dont nous avons parlé plus haut, la recherche des réponses à ces dernières nous aurait épargné quelques mémoranda qui nous ont plus divisés au moment où nous devrons être tous unis pour combattre l’ennemi commun, Boko Haram. Par ailleurs,  je ne suis pas contre les mémoranda. Bien au contraire, je préconise l’exploitation positive de ces différents mémoranda qui ont jalonné l’histoire de notre pays depuis les dix ou quinze dernières années.  Il faut exploiter ces documents ; mais avant de procéder, il faut y extirper toutes les parties qui stigmatisent d’autres Camerounais, les montent les uns contre les autres.  Il faut mettre ensemble toutes les doléances des populations contenues dans ces mémoranda, les analyser et en faire la synthèse et faire en sorte que celle-ci devienne le socle du programme de développement du pays.  C’est peut-être aussi cela la voie royale de la consolidation de la paix et de l’unité nationale.

Le troisième volet de notre réflexion porte sur l’hypothétique disparition de Guérandi Mbara. Je dis bien «hypothétique» car jusqu’à présent, personne ne présente des preuves intangibles de sa mort.  Je me pose cependant des questions, comme d’ailleurs tout Camerounais.  Guérandi Mbara est un officier formé à l’ÉMIA qui s’appelait ÉMIAC dans les années 1970, période durant laquelle nous étions à l’Université de Yaoundé. C’est également la période de l’âge d’or de l’université camerounaise.  Guérandi a été bien formé. Des études en Allemagne et plus tard en France en sont une excellente preuve.   Pour un officier de ce calibre, on ne se serait pas attendu au scénario qui nous est présenté actuellement.  Ce scénario semble trop enfantin.   Un homme politique et un stratège du calibre de Guérandi ne se laisse pas piéger si facilement. Si ce qui est dit à propos du piège tendu par le mercenaire portugais est vrai, je ne peux y trouver qu’une explication possible : la trahison de certains  membres de l’équipe impliquée dans l’opération. Je présume que cela ne devait pas être la première fois que les protagonistes se rencontraient comme le laisse sous-entendre le récit des journalistes.   L’Histoire de notre pays nous a appris les vertus du Pardon. C’est pour cela que je continue à croire que Guérandi est vivant.

Je voudrais conclure cette entrevue par un constat.  L’histoire contemporaine de notre pays est un livre de sagesse.  De 1948 à 1957, le peuple camerounais est uni pour la lutte de l’indépendance : le pays évolue rapidement. De 1957 â 1966, le peuple est divisé, tiraillé entre les différents partis politiques.  Il y a d’un côté les bons et de l’autre, les mauvais, les maquisards : le pays s’entredéchire.  De septembre 1966 à 1984, le peuple est uni et, le pays connaît une période de prospérité dont nous avons la nostalgie aujourd’hui.  Depuis avril 1984, des Camerounais se dressent contre d’autres Camerounais. On a encore deux camps : les bons et les mauvais. Dès lors, les luttes de toutes sortes se sont installées et l’avènement du multipartisme dans les années 1990 n’a fait qu’empirer les choses, si bien qu’aujourd’hui, nombreux sont les Camerounais qui auraient préféré le Cameroun du Parti unique au Cameroun du multipartisme d’aujourd’hui, s’ils avaient à faire un choix.  Devant un tel constat, les hommes et femmes politiques de chez nous doivent revoir leur feuille de route.  Ceux qui comptent sur la division des Camerounais pour accéder ou se maintenir au pouvoir doivent savoir que leurs actions détruisent le pays, ils scient la branche sur laquelle ils sont assis. J’invite chacun d’eux à revisiter l’Histoire de notre beau pays et à poser la question suivante chaque fois qu’il posera un acte : ceci fait-il avancer l’unité nationale ?

AfricaPresse.com : Pr Nyongwa, je vous remercie pour votre disponibilité.

Pr Moses Nyongwa : C’est moi qui vous remercie de m’avoir donné une fois de plus l’occasion de partager mon point de vue avec les compatriotes.

 

AfricaPresse.com

9 Responses to Le Journal AfricaPresse.com rencontre le Pr. Moses Nyongwa

  1. Marcus Onamb

    22/09/2014 at 00:41

    Pr, Nyongwa je suis entierement d’accord avec vous pour le conseil que vous donnez.

    “Si j’ai un conseil à donner à nos compatriotes, c’est de ne pas toujours se lancer rapidement dans des polémiques qui finissent le plus souvent en queue de poisson et qui malheureusement détruisent en passant des réputations bâties au prix de durs labeurs.”

  2. Biba Bi Nfan

    22/09/2014 at 02:10

    Guerandi un criminel devenu sauveur, sans courage, ici, personne n’a de pensées pour les familles endeuillées, les enfants orphelins, les infirmes d’armes, du fait de ce sinistre personnage.Qui se soucie donc de tous ceux qui ont perdu tout lors de ces evenements ? arretez de de vivre par procuration les coups d’etat de ce Mr. Lui, il a eu la vie , les etudes, les soutiens, mais il se presente encore comme victime.

  3. Efouba Akam Sidonie

    22/09/2014 at 03:55

    Jai toujours dis
    je maintiens
    je persiste
    je martele

    je prefere Guerandi que Paul Biya a la tete du pays.

    un point barre

  4. Zeh Medang

    22/09/2014 at 05:23

    Il rêvait d’implanter au kamerun une révolution de petits capitaines à l’instar de ses petits copains burkinabès. Sans doute en vaient-ils discuté ensemble. Mal lui en a prit.

    Il s’est cru investi d’une mission messianique soutenu par ses amis des montagnes.

    Il parlait de lui même à la première personne du pluriel. L’étoffe d’un dictateur sanguinaire.

    Imbu de lui même et doté d’une instruction de parvenu. Certains essayent de l’imposer à notre conscience ici comme un personnage héroique.

  5. Mokolo

    22/09/2014 at 07:19

    Le Pr. Nyongwa fait une analyse tres pertinente des problemes actuel que vit notre pays, mais tout ce qui vous interesse c’est Guerandi.

    Guerandi vous fait peur tant que ca?

  6. Mimi Aline

    22/09/2014 at 21:39

    Je suis un tout petit peux surpris par votre proposition il y a 2 ans au sujet de du chomage. Pensez vous vraiment que 2 ans soit suffisant pour un gouvernement d’eradiquer ou de reduire le chomage meme a 25% dans un pays?

    Cest toujours facile de de faire des suggestion utopique quand on a jamais fait partis d’un gouvernement.

    Prenez l’exemple de Barack Obama quand il prenait le pouvoir. Il avait promis de fermer le centre penitencier de Guatanamo apres 6 mois. Nous voici apres ses 2 mandats, la prison la plus celebre du monde existe toujours.

  7. Moses Nyongwa

    22/09/2014 at 22:44

    Mimi, je vous remercie de votre commentaire. On n’a pas besoin de faire partie d’un gouvernement pour faire des propositions. Et je peux vous assurer que des propositions, j’en ai faites depuis des décennies auprès des députés de différentes circonscriptions dans lesquelles j’ai vécu. Plusieurs de ces propositions ont été traduites en projets de loi et en lois qui ont amélioré la société canadienne. Je ne suis pas un théoricien du développement, je sais mettre la main à la pâte. Personne ne peut exiger d’un gouvernement qu’il réduise le chômage endémique en deux ans. Cependant, après 100 jours au pouvoir, toute équipe gouvernementale crédible montre déjà ce dont il est capable. La tendance est déjà visible. Dès lors, on peut prévoir le succès ou l’échec de l’équipe. Si l’on néglige un tel instrument de mesure qui semble universel, on navigue à vue.
    Pr Nyongwa.

  8. Mimi Aline

    24/09/2014 at 01:30

    Mon intention n a jamais ete celle de rabaisser la qualite de votre analyse, il est tres bien ecrit. Le fait que vous n’apportez que des solutions sans prealable, me laisse pantois.

    Mr. Nyongwa, j’aimerais vous dire que toutes vos publications que j’ai souvent lu sont toujours bien ecrit, et meme celle-ci.

  9. Maurice de Yaoundé

    10/11/2014 at 10:24

    NOUS AVONS DEJA MARE DE PAUL BIYA. IL A RUINE LE PAYS, IL S’EN FOU DU PEUPLE, IL A SPOLIE LE PAYS MIEUX VAUX GUERANDI NOUS DEVONS NOUS DEBARRASSER DE CE REGIME PAR TOUS LES MOYENS.

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