L’ancien député-maire de Yaoundé et vice-président de l’assemblée nationale est décédé vendredi dernier à l’âge de 84 ans.
La dignité affichée, pour masquer une affliction que l’on sent profonde. Hier à Nlongkak, au domicile Mballa Bounoung où la grande famille presque au complet est réunie, les larmes qui sont accompagné les premières heures après le décès du chef de famille, ont laissé la place à une mobilisation partagée, afin de préparer le dernier hommage que eux, ses proches, mais également la nation entière, rendra au défunt. Les travaux sur le site du Mont-Febé qui accueilleront ces obsèques, ont d’ailleurs reçu hier une visite du ministre de la Défense, en témoignage de la stature qu’avait celui qui a rendu l’âme ce 30 octobre, à l’hôpital de la Cnps à Essos. Après plusieurs années de combat contre de multiples maladies et le poids du temps, Gabriel Mballa Bounoung a finalement tiré sa révérence, laissant à travers son parcours bien fourni, son plus bel héritage.
Né en 1925, c’est dans le domaine de la sécurité qu’il va faire ses premiers pas. Secrétaire de commissaire, puis policier, il participe à la rédaction des textes organiques de la gendarmerie nationale, alors garde camerounaise à l’époque. Il passe plus tard le concours des préposés des douanes, pour intégrer une administration dont il prendra sa retraite avec le grade de contrôleur principal. Mais c’est dans le champ politique que Gabriel Mballa Bounoung acquiert ses lettres de noblesse. Pionnier de l’ancien parti unique UNC, il en est le président départemental du grand Nyong et Sanaga. Il est élu conseiller municipal et 1er adjoint au maire de Yaoundé en 1958, puis maire et député de Yaoundé 1er en 1987, jusqu’en 1996. A l’assemblée nationale, Gabriel Mballa Bounoung est désigné premier vice-président, et vice-président de l’assemblée internationale des parlementaires de langue française. En 1989, il est porté à la tête du groupe Rdpc à l’assemblée nationale. Il intègre également le comité central du Rdpc dont il est un des membres actifs. En plus de cette carrière politique dense, il occupe plusieurs hautes fonctions dans des institutions étatiques : membre du conseil économique et social, membre du bureau national des médailles, membre du Conseil supérieur de la magistrature, Pca de la COCAM, ou encore Pca de l’ancien Air Cameroun (devenue par la suite Camair). Homme polyvalent, Gabriel Mballa Bounoung a également laissé des traces dans d’autres domaines, puisqu’il est le fondateur du journal « L’Unité » en 1968, et du collège technique du même nom. Ce sportif invétéré aura également foulé les pelouses de football, comme joueur du légendaire TKC.
Pour ceux qui l’ont assidûment côtoyé à l’instar de Germain Amougou Zende, le disparu aura surtout laissé l’image d’un rassembleur pondéré, « grand gestionnaire des hommes et des mentalités ».
Eric ELOUGA, Cameroon Tribune











