USA 2008 – Entre le problème des finances de Bill et des querelles partisanes…
Sur le papier, Hillary Clinton secrétaire d’Etat, ça aurait plutôt de la gueule. Même le vétéran républicain Henry Kissinger le dit. Elle a voyagé dans plus de 80 pays comme First Lady, a rencontré les leaders du monde entier, défendu les Droits de l’homme et des femmes. Sans compter qu’elle pourrait emmener Bill dans ses valises. Pourtant, même si ABC News affirme mardi que «des progrès ont été faits» vers sa nomination, l’affaire est encore loin d’être entendue.
Les obscures finances de la fondation Clinton
Principal problème, Bill Clinton. Ou plutôt les finances de sa fondation. Depuis qu’il a quitté la Maison Blanche, l’ancien président a récolté plus de 500 millions de dollars, consacrés notamment à la lutte contre le sida dans les pays pauvres. Mais cette année, la fondation n’a pas publié l’identité de la liste des donateurs. Qui inclurait, selon le New York Times, la famille royale d’Arabie Saoudite et des officiels du Koweït et du Qatar. Lundi, Politico évoquait «l’exaspération» du camp Obama face à ce manque de transparence.
A cela s’ajoutent les revenus personnels de Bill Clinton, déjà évoqués pendant les primaires. Il y a les 10 millions de dollars reçus en 2007 pour 54 discours, et une activité pas très claire de consultant pour le businessman milliardaire Ronald Burkle.
Manque d’enthousiasme dans le camp Obama
Les primaires démocrates ont été à couteaux tirés. Tellement qu’Obama n’a même pas considéré offrir le poste de vice-président à Hillary. Depuis, la famille démocrate s’est plutôt rabibochée (notamment avec les discours de l’ancienne First Lady et de son mari lors de la convention fin août, puis une rencontre Bill/Barack à Harlem et quelques meeting communs sur la fin). Mais ce n’est pas vraiment un secret, David Plouffe, le directeur de campagne d’Obama, ne porte pas les Clinton dans son cœur. Un couple pas vraiment plus populaire avec la base du futur président. Plusieurs volontaires et organisateurs, croisés à une soirée à Los Angeles samedi, étaient unanimes: «Les Clinton ne représenteraient pas le changement.»
Hillary veut-elle vraiment le poste?
Selon le Guardian, Hillary n’a pas complètement tiré un trait sur ses ambitions présidentielles. A 61 ans, elle aurait vraisemblablement une dernière chance dans quatre ans, si la présidence d’Obama décevait. Dans un tel scénario (plutôt rare: seul Reagan en 1976 avait sérieusement inquiété le sortant Gérald Ford) avoir été secrétaire d’Etat la lierait à l’échec d’une administration Obama. En revanche, garder son poste de sénateur de New York lui offrirait sans doute le meilleur des tremplins. Le pays ou la carrière d’abord, c’est l’une des multiples variables dans une équation complexe. Dénouement attendu en début de semaine prochaine.
Philippe Berry, Ã Los Angeles











