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PAUL BIYA DANS LES SERRES DE L’AIGLE AMÉRICAIN

Ecrit Par le 27 Jun 2011
Publié dans la categorie: Actualités, Monde, Politique, Présidentielle 2011

Le chef de l’Etat camerounais fait partie des mauvais dirigeants africains subsahariens qui doivent quitter le pouvoir selon Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américain. Lundi 13 juin 2011, au siège de l’Union Africaine (UA) à Addis-Abeba en Ethiopie, Hillary Clinton secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères des Etats-Unis d’Amérique) fait un discours dans lequel elle classe grosso modo les dirigeants africains en deux camps : les bons et les mauvais. Elle cite les pays africains où il fait bon vivre et les autres dont il faut se débarrasser au plus vite de leurs dirigeants qui ont déjà mis une éternité au pouvoir. Voici l’analyse d’”Aurore Plus” : Il n’y a rien à dire sur le Botswana, l’un des plus gros producteurs de diamants dont le budget connaît régulièrement des excédents. Ce pays d’Afrique connaît véritablement la bonne gouvernance. La démocratie y existe effectivement, les élections sont bien organisées et l’économie bien gérée. Fait inédit dans les annales. Cce pays avait prêté, il y a quelques années, un milliard de dollars à la banque mondiale. S’agissant du Ghana, il serait malhonnête de ne pas reconnaître que le pays a fait de grandes avancées tant sur le plan politique qu’économique grâce surtout à l’ancien président John Kufuor. Ce dernier avait dû peser de tout son poids pour empêcher le candidat présenté par son parti, Akufo-Addo (qu’il ne soutenait pas) de contester la victoire de l’opposant historique, le docteur Atta-Mills.

Sur le volet économique : l’or, le cacao dont la production est en constante augmentation et surtout la mise en exploitation des gisements offshore de pétrole va booster le développement de ce pays de l’Afrique de l’Ouest le Botswana, pays semi-aride, l’un des plus gros producteurs de diamants au monde. S’agissant des réussites économiques, il y a des observations à faire sur le Nigeria. Mais passons pour nous attarder sur les réussites économiques. Ici, notre surprise est grande, car on ne voit nulle part figurer la Guinée Equatoriale, troisième producteur de pétrole subsaharien après le Nigeria et l’Angola avec environ 300 000 barils de brut par jour pour une population estimée à moins d’un million d’habitants. Les chantiers sont tellement nombreux dans ce bout de pays de 28 000 km2 (moins grand que certains départements camerounais tel que le Mayo Rey) que ça donne le tournis. Ce pays a la plus grande réserve de devises dans les coffres de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac) estimées à plus de 2 000 milliards de Fcfa. Aucun Etat subsaharien ne fait ce qui est en train de se passer actuellement en Guinée Equatoriale. Par contre les réussites économiques du Rwanda, de la Zambie qui est en train de relancer son industrie de cuivre, du Mali et de l’Ethiopie sont somme toute relatives à notre avis.

Tous ces pays n’ont pas de véritables tissus industriels. Qu’est-ce qu’on trouve au Rwanda ? Le café, l’immobilier, le tourisme mais surtout les technologies de l’information et de la communication. Est-ce bien suffisant pour élever le niveau de vie des plus de 10 millions d’habitants répartis sur 27 000 km2 ? Nous n’avons pas la liste complète de ce palmarès non exhaustif comme l’a souligné “Jeune Afrique” de cette semaine. Où est l’Angola en pleine reconstruction et en plein boom économique en dépit de la corruption endémique qui règne sur le plus gros producteur de près de deux millions de barils de brut par jour, ou tout juste avant le Nigeria ?

On l’a bien compris et ici, on n’a pas besoin qu’on cite les pays considérés comme sources d’inquiétude parmi lesquelles figures, le Cameroun de Paul Biya, l’Angola de Jose Edouado Dos Santos, la Guinée Equatoriale de Teodoro Obiang Ngueme Mbazogo, Yoweri Museveni Kaguta de l’Ouganda, Paul Kagame du Rwanda, qui figurent parmi les bons élèves selon Hillary Clinton alors qu’il est au pouvoir depuis 1994. Curieux tout de même non ?, le classement de la secrétaire d’Etat américaine ou plutôt de son patron, le président américain Barack Obama.

II- Club de la longévité au pouvoir

Paul Biya n’est pas le recordman de longévité au pouvoir en Afrique subsaharienne. Il a deux grands frères, deux aînés : Jose Edouardo Dos Santos et Teodoro Obiang Nguema Mbazogo, même s’ils le dépassent sur le plan de l’âge réel. Le président angolais Jose Eduardo Dos Santos, ingénieur de pétrole et spécialiste des télécommunications formé dans l’ex-URSS est né en 1942 et arrivé au pouvoir en 1979 à la mort du docteur en médecine (1956 à la faculté de médecine de Coimbra au Portugal) Antonio Agostino Neto. Dos Santos a pris le pouvoir quand il avait 37 ans, aujourd’hui, il en a 69, soit 32 ans de règne. Obiang Nguema l’a également pris au même âge de 37 ans en renversant son parent Macias Nguema. Après ces deux-là, il y a Robert Mugabe du Zimbabwe qui est aujourd’hui âgé de 87 ans. Il a pris le pouvoir en 1980 à l’âge de 56 ans. Il a fait tomber complètement l’économie du pays en chassant la plupart des blancs qui étaient 240 000 à l’indépendance tandis que la Namibie de Sam Nujoma indépendant en 1990 les a conservés en lançant une bien timide réforme foncière et en confiant au début de l’indépendance les postes de l’Agriculture et dles Finances aux Blancs, majoritairement les descendants des colons allemands (et des Boers sud-africain) qui sont environ 100 000 sur une population de 2 millions d’âmes. Paul Biya vient en quatrième position, il arrive au pouvoir en 1982.

Ce que l’on ne comprend pas, c’est que Yoweri Kaguta Museveni qui est Tutsi comme Paul Kagamé du Rwanda est le chouchou des Américains en particulier et des Anglo-Saxons en général, pourtant il est au pouvoir depuis 1986 quand il avait 41 ans. Pourtant il truque les élections chaque fois qu’elles sont organisées et l’homme est bel et bien un dictateur qui pratique le népotisme à outrance : ses enfants, garçons et filles en dehors des cousins et autres sont fortement impliqués dans la gestion du pouvoir au quotidien.

Certes, l’Ouganda a fait quelques progrès sur le plan économique mais sur le plan politique, il n’a rien fait d’extraordinaire bien au contraire ! Il n’hésite pas à faire tabasser ses adversaires. Paul Kagamé, l’autre chouchou des Américains est pourtant un dictateur et un tortionnaire. Il n’y a presque pas d’opposition au Rwanda, surtout quand elle est Hutue, l’ethnie dominante Bantue avec environ 85% de la population du pays. Paul Kagamé qui a pris le pouvoir par les armes en 1994 est un homme très cynique et très calculateur. En 1994, il place comme président du Rwanda un Hutu modéré, pasteur Bizimungu et lui occupe le poste de vice-président de ministre de la Défense. C’est en réalité lui qui détient l’effectivité du pouvoir.

Quelques années après, il fait arrêter et juger le président Hutu pour : “Déviationnisme” un terme dont celui qui est accusé au Rwanda encourt de lourdes peines de prison. L’opposant Hutue Ingabine en sait quelque chose. Il n’y a pas de véritable opposition au Rwanda. Paul Kagamé y veille. Même ses propres frères Tutsis en savent quelque chose. Tous ceux qui ont essayé de s’opposer à lui-même à l’étranger ne sont pas à l’abri de ses terribles représailles. De tous ces chefs d’Etat dont nous venons de faire les portraits, Paul Biya est semble-t-il le moins cruel, le moins pondéré, même si son côté cynisme et calculateur font de lui un démon et non un ange. Au vrai, que lui veulent Barack Obama et sa secrétaire d’Etat Hillary Clinton alors que les chefs d’Etat que nous venons de citer sont tous bonnet blanc, blanc bonnet. Allez donc savoir ?

© Aurore Plus : Michel Michaut Moussala