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Poils de femmes : en Afrique de l’Ouest, beaucoup trouvent ça sexy

Ecrit Par le 11 Aug 2012
Publié dans la categorie: Homme & Femme

Des filles aux poils du pubis qui sortent du jean, des femmes velues des jambes qui excitent les hommes : en Afrique de l’Ouest, et contrairement à l’Occident, la guerre contre le poil n’est pas déclarée. On est même loin des incitations faites aux jeunes femmes pour un « minou tout doux » – référence à une pub Veet vantant l’épilation intégrale du pubis.

Un café du Plateau, dans le centre-ville de Dakar, autour d’une Flag, la bière locale. Pierre, trentenaire au petit polo rose près des pectoraux, raconte être attiré par les femmes d’Afrique centrale que les rumeurs disent plus poilues :

« J’ai eu une copine camerounaise. Ça m’excitait de sentir ses poils quand je lui caressais les jambes.

Le top, c’est les femmes qui ont de l’embonpoint et le teint clair. Elles, je les préfère légèrement poilues, ça fait naturel, et puis sur la clarté de leur peau le noir des poils ressort, c’est joli. »

Le fin duvet qui dépasse du jean, c’est « hot »

Deux jours avant, un de ses copains lui racontait justement qu’il aimait quand les poils du pubis apparaissaient au niveau de la taille du pantalon. Au rappel de cette anecdote, il met sa main devant la bouche et sourit d’un air entendu :

« Moi, ça me tue un fin duvet qui dépasse du jean, c’est tellement suggestif. »

Assis à côté de lui, Cheikh détaille ce qui l’excite :

« Je ne focalise pas sur les poils mais le fait de les distinguer, ça me stimule, surtout sur les aisselles et le pubis, sur ces endroits qu’on n’est pas censés voir. »

Les poils présentent à ses yeux un autre avantage, celui de déceler le vrai du faux :

« Les filles qui ont pas mal de poils, ça veut dire qu’elles ont aussi beaucoup de cheveux, enfin des vrais cheveux, pas des greffages ou des perruques. Et ça casse l’image de la fille lisse et surmaquillée, que je n’aime pas. »

L’homme a également un petit faible pour le duvet au dessus des lèvres, « mignon », dit-il. En revanche, veto sur les filles épilées intégralement : « Trop juvénile. »

Une laque pour des poils de jambes plus doux

Ivoirienne, Jocelyne a 25 ans. Moulée dans une robe noire, juchée sur de hauts talons rouges, elle raconte s’épiler depuis ses 17-18 ans, quand elle a commencé à sortir.

Une amie libanaise l’a initiée. Avant, elle « laissait ses poils » car les hommes trouvaient ça joli. Désormais gênée quand elle n’est pas épilée, elle explique pourquoi le poil plaît tant à ses compatriotes :

« Pour ceux qui viennent de l’intérieur du pays et qui ne sont pas trop éduqués, les poils sont un critère de beauté. Si les femmes sont poilues cela signifie qu’elles sont “viriles”, qu’elles vont prendre les devants au lit.

Un autre truc qui excitent les Ivoiriens, c’est la ligne de poils qui part du nombril au pubis, surtout quand elle est bien tracée. »

Comme pour les cheveux – on parle d’ailleurs souvent de cheveux pour dire poils –, il existe des soins pour rendre les poils plus beaux. Notamment une laque « à s’appliquer sur les poils des bras et des jambes, pour qu’ils soient plus doux, plus lisses ».

A Abidjan, la capitale ivoirienne, la tendance à l’épilation gagne cependant du terrain. « Les filles s’épilent car elles aiment être sexy », indique Jocelyne.

Ce n’est pas pour déplaire à Cyril, Ivoirien de 32 ans :

« Cela ne fait pas propre, que ce soit sous les aisselles ou sur le pubis. »

Karelle, sa petite sœur, étudiante à Dakar, explique que sa mère lui a toujours appris à s’épiler le maillot et les aisselles.

Raser le pubis tous les 40 jours selon l’islam

Au Sénégal, pas trop de poils. Sira est esthéticienne à Dakar, dans un centre assez chic.

« De manière générale, les Sénégalaises ne sont pas très poilues. Elles viennent se faire épiler essentiellement les aisselles.

Pour le maillot, c’est juste un léger échancrage, un coup de ciseau et ça suffit. Je pense que cela est lié à leurs maris, parce qu’ils aiment bien ça comme ça et qu’elles ne veulent pas briser l’habitude de leurs mecs, au risque qu’ils n’aiment pas. »

Le professeur Khadim Mbacké, islamologue à l’Institut fondamental d’Afrique noire, à Dakar, explique notamment le peu de poils par la religion. Ici, 90% de la population est musulmane :

« On retrouve la gestion de la pilosité dans les textes religieux. Les poils du pubis et des aisselles doivent être rasés systématiquement au moins tous les 40 jours, que ce soit pour les hommes ou les femmes. »

On retrouve notamment ces recommandations dans le Tamhid, ouvrage religieux de référence chez les musulmans (tome 21, page 38) :

« Selon Anas ibn Malick, le Messager d’Allah nous a donné l’ordre de nous raser le pubis, de nous couper la moustache, de nous tailler les ongles et de nous épiler les aisselles tous les quarante jours. »

« Le jour du mariage, une vieille vient te raser »

Question de tradition aussi. Rokhaya, serveuse de 23 ans, vient d’une région éloignée de la capitale :

« Tant que tu es vierge, tu n’as pas le droit de te raser le pubis, c’est un gage de virginité. Le jour du mariage, c’est une vieille femme de la belle-famille qui vient te raser. Après, on t’explique que tu dois te raser toutes les deux semaines, question d’hygiène. »

Lamine Ndiaye, sociologue spécialiste du corps à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, pointe lui aussi le fait culturel :

« En campagne, les femmes ne pensent même pas à s’épiler, et elles ne le font pas car une croyance dit qu’on ne doit pas toucher à ce que Dieu a fait de notre corps.

Mais chez la femme moderne, il y a une désacralisation du corps, son corps lui appartient et non pas à Dieu, donc elle en fait ce qu’elle veut. »

Le « no poil » demeure aussi une question d’influence occidentale. Nathalie, jupe longue en tissu traditionnel, est camerounaise. Des poils sur les mollets, mais il faut regarder de près pour s’en rendre compte. Elle a commencé à s’épiler à l’université :

« Ce sont des copines qui ont voyagé en Europe qui m’ont initiée. C’est à ce moment-là que j’ai acheté mes premières crèmes épilatoires. Et c’est vrai que quand j’allais à la piscine, j’avais des poils qui dépassaient du slip de bain, c’était pas terrible. »

« On n’en est pas à la chasse au poil »

Elle ajoute :

« Chez nous, on dit que les femmes très poilues excitent les hommes.

Pour certaines, l’idée de s’épiler ne leur vient même pas à l’esprit. Par exemple, ma mère ne sait pas ce que c’est que l’épilation. En revanche elle soigne ses poils, elle nettoie ceux des aisselles avec du jus de citron, c’est très ancré dans les traditions.

Et puis 3 000 francs CFA (4,60 euros) la crème épilatoire, ce n’est pas une priorité quand on n’a pas de quoi manger au quotidien. »

Pour Cheikh comme pour le sociologue Lamine Ndiaye, le poil en tant qu’objet de mépris n’existe pas encore ici, sauf chez les jeunes femmes urbaines ou dans les catégories sociales aisées. Cheikh :

« Les filles avec qui je sors ne s’excusent pas quand elles ne sont pas épilées, on n’en est pas à la chasse au poil. »

© Rue89 : Fontaine Aurélie

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