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Affaire Polycarpe Abah Abah : Le « grand show » commence le 4 mai prochain

Publié par Mar 31st, 2010 et classé dans Actualités, Politique, Societe. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

Il est 12 heures 15 minutes. Une dizaine de membres de la famille de l’ex-ministre des Finances Polycarpe Abah Abah, viennent de faire leur apparition dans l’imposante salle d’audience du tribunal de grande instance du Mfoundi à Yaoundé. Ils arrivent à quelques minutes du démarrage d’une affaire qu’on attend depuis près de trois heures de temps. La salle est déjà archicomble ; il y a autant de personnes dedans que dehors. Les accusés, avec en tête Polycarpe Abah Abah, habillé d’un somptueux costume bleu nuit, sont arrivés depuis 10 heures 30 minutes, tenus en respect par une forte escorte de gendarmes, parés de gilets pare-balles, de pistolets automatiques, de kalachnikovs… Profitant du retard qu’accuse l’ouverture de l’audience, les membres de la famille d’Abah Abah, nouvellement arrivés s’offrent une série d’accolades avec le prévenu. Il est 12 heures 25 minutes lorsque le collège des juges que préside Gilbert Schlick, le président du tribunal de grande instance himalayen, fait son entrée dans la salle d’audience. « Je déclare ouverte l’audience criminelle de ce jour. Une seule affaire est inscrite au rôle », lance Gilbert Schlick qui, par la même occasion, donne la parole au greffier pour lire l’intitulé exact de l’affaire qui oppose près d’une dizaine de personnes actuellement écrouées à la maison d’arrêt de Kodengui (excepté Joseph Edou, l’ex-DG du Crédit foncier) au ministère public et au Crédit foncier comme partie civile. Les prévenus sont accusés de coaction et des faits de détournement de deniers publics.

Après avoir invité les accusés à prendre place dans le box des prévenus, le président du tribunal procède à l’appel des avocats, pour présentation de leur lettre de constitution. Polycarpe Abah Abah, Evina Sylvie Chantal, Manga Pascal, Mehoulou Oyono, Epouse Mballa Thérèse, Edou Joseph, Meké Raphaël, Eloumba Thérèse, Etogo Mbezele Luc, Tenlep Joseph. Premier couac, tous les prévenus ont des conseils (certains ont même des collectifs), sauf un seul : Joseph Edou, l’ex-Dg du Crédit foncier. Rappelant à l’audience que ce dernier n’avait pas présenté de conseil depuis la phase interrogatoire, Gilbert Schlick, conformément aux alinéas 1 et 2 de l’article 417 du code de procédure pénale, bien repris à l’audience par le ministère public, demande impérativement la constitution d’un avocat pour défendre les intérêts de l’accusé. Il passe en revue tous les avocats présents dans la salle, tente même d’opérer un coup de force en envoyant un greffier en chercher un dans la salle des avocats. « Il n’y a pas un jeune ici qui veut se faire un nom ? », lance-t-il en direction des avocats.

Un absent à l’audience

A peine le problème est réglé avec la constitution de Me Otti, avocat de Evina Sylvie Chantal qui accepte de sauver les meubles, que se pose un autre goulot d’étranglement : l’absence à l’audience du prévenu Etogo Mbezele Luc, pour des raisons de maladie. Son avocat présente les papiers justificatifs. Pour le ministère public, l’absence d’un accusé en pareille circonstance suggère « obligatoirement un renvoi ». S’enchaîne un débat sur l’évacuation de toutes les autres diligences pouvant « plomber » les prochaines audiences, de manière à permettre qu’en cas de renvoi, qu’il n’y est plus d’autres « pichenettes » pour bloquer l’avancement du procès, pour reprendre l’expression du collectif des avocats de la défense de Polycarpe Abah Abah. S’agissant de la question des listes des témoins, on retient que l’ex-Minfi a présenté une liste de 254 personnes et Evina Sylvie Chantal, 127 témoins. « Le ministère public devait communiquer sa liste des témoins 5 jours avant le procès, ce qui n’a pas été fait », s’indignent les avocats de la défense.

Face à une espèce de ping-pong entre le ministère public et les avocats de la défense, le président du tribunal aura le mot juste pour ramener tout le monde à l’ordre. « J’attire l’attention des uns et des autres que je ne souhaite pas entendre des injures ; je voudrais qu’il y ait un bon cadrage, mieux encore, nous voulons d’un procès propre », conclut Gilbert Schlick. Il met un terme à l’audience à 13 heures 33 minutes et renvoie les parties au 4 mai 2010, aux motifs de la non comparution de l’accusé Etogo Mbezele Luc et la non communication des listes des témoins.

Par souley.onoholio | Le Messager

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