Le nouveau chef de l’Etat a nommé une femme ministre de la Défense.
Une première dans l’histoire de la nation arc-en-ciel !
En prêtant serment samedi à Pretoria, Jacob Zuma, 67 ans, s’est présenté en héritier de Nelson Mandela, premier président noir d’Afrique du Sud et prix Nobel de la paix, présent à la cérémonie, malgré le poids de ses 90 ans et sa santé fragile, en compagnie de son épouse Graça Machel. Il a promis d’œuvrer à l’unité du pays. Dans son équipe gouvernementale nommée dimanche, il a nommé une femme ministre de la Défense. Une première dans l’histoire de la nation arc-en-ciel !
C’est Lindiwe Sisulu, la fille de Walter Sisulu, autre figure emblématique d’Afrique du Sud, qui hérite de ce portefeuille, précédemment occupé par Charles Ngackula, médiateur dans la crise au Burundi. Dans un pays où l’armée est avant une affaire d’homme, cette nomination a valeur de symbole. Lindiwe Sisula aura la charge de s’occuper de la plus puissante armée du continent, qui dispose de deux sous-marins, en plus d’une flotte navale et d’une aviation qui place l’Afrique du Sud parmi les puissances militaires de la planète.
Surtout, ce choix politique confirme l’option de la première puissance économique d’Afrique subsaharienne depuis Nelson Mandela pour la discrimination positive à l’égard des femmes. Les gouvernements successifs en ont comporté un grand nombre. Auparavant ministre des Affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma, l’ex-épouse du nouveau chef de l’Etat dont il s’était séparé en 2005, a pris les commandes du ministère de l’Intérieur. Elle y remplace Mapisa-Ngackula, l’épouse de Charles Ngackula, affectée au ministre des Affaires pénitentiaires. A sa place, c’est également une autre femme, anciennement ambassadeur en Inde, qui débarque pour diriger ce département restructure en ministre des Relations internationales et de la Coopération.
Dans son équipe, Jacob Zuma préserve des équilibres sociaux et politiques. Il s’est tourné vers l’opposition en nommant au poste de vice-ministre de l’Agriculture, de la Forêt et de la Pêche, Pieter Mulder, le chef du Freedom Front Plus (FF+), petit parti qui défend la cause des paysans afrikaners, descendants des premiers occupants blancs de la pointe de l’Afrique, Néerlandais, Allemands et Français huguenots.
Tout ou presque a été dit sur le nouveau président sud-africain. Mais pas grand-chose sur son vrai visage. A la surprise de bien des observateurs qui se contentaient des détails accessoires de sa personnalité, il a commencé à le révéler.
Raphaël MVOGO. Cameroun Tribune











