Il n’a pas apprécié des éloges à l’endroit du délégué du gouvernement sortant de cette ville.
Le ministre d’Etat chargé de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), Marafa Hamidou Yaya, n’en revenait presque pas. Le Minatd a été interrompu par le nombreux public qui a pris d’assaut la place de fête à Bafoussam, le 3 mars dernier, à l’occasion de l’installation du délégué du gouvernement nouvellement nommé à la communauté urbaine de la même ville. A peine Marafa Hamidou Yaya a voulu adresser des compliments au délégué sortant, Samuel Mbou, qu’il a eu affaire à la clameur d’un imposant parterre d’hommes et des femmes. Ces derniers ont tenu à manifester leur désapprobation, en sifflotant, au moment où M. Marafa s’attendait le moins.
Le discours tenu par le Minatd ne pouvait plus subir de modification : “…A cet égard, vous voudrez bien me permettre de rendre ici un hommage à monsieur Mbou Samuel pour les services rendus à la ville de Bafoussam, au cours de treize années passées comme délégué du gouvernement auprès de l’ex-commune urbaine à régime spécial de Bafoussam “, a poursuivi Marafa Hamidou Yaya. Dans la même lancée, le Minatd a reconnu, au détour de quelques phrases, que M. Mbou, calmement assis à la tribune, a d’une manière ou d’une autre, travaillé pour Bafoussam : ” Au Cours de ces années dont une bonne frange a, hélas, été infructueuse en raison des controverses, des querelles et conflits partisans et stériles, du reste préjudiciables à la ville de Bafoussam, M. Mbou aura contribué, avec le concours de la coopération décentralisée, à la réhabilitation de l’hôtel de ville de Bafoussam et de cette belle place de fête, à l’extension du réseau d’éclairage public, à la construction de toilettes publiques, au reprofilage de quelques tronçons prioritaires, à l’amorce de construction des canniveaux dans certains quartiers etc “, conclut Marafa Hamidou Yaya.
Incivisme
A en croire le public, ces réalisations n’étaient pas suffisantes pour une ville qui en voulait plus. Samuel Mbou avait-il les moyens de sa politique ? Le débat au tour de cette question ne peut être clos. Il l’est d’autant plus que, lorsque le délégué entrant, à l’époque maire sortant à la commune urbaine de Bafoussam, avait subi le même sort. Notamment de la part des agents de la mairie qui accussaient Emmanuel Nzété d’être à l’origine de trois ou quatre mois d’arriérés de salaire. Emmanuel Nzété en avait souffert, lui qui croyait avoir tout donné à Bafoussam. Le temps a passé. Et le destin a voulu que M. Nzété revienne aujourd’hui au devant de la scène pour reprendre les clés d’une ville qui abrite près de 500.000 âmes établies sur 419 m2.
Sera-t-il capable de renverser la tendance? Le Minatd lui a donné des recommandations: ” Bafoussam est confrontée à de nombreux défis qu’il vous revient désormais de relever.
Pour ce faire, vous aurez à compter largement sur les atouts nombreux et multiformes dont dispose la ville de Bafoussam. Le plus important de ces atouts, c’est le dynamisme des populations “, a prescrit Marafa Hamidou Yaya. L’installation de Emmanuel Nzété intervient à un moment où Bafoussam plonge dans les profondeurs de l’insalubrité. Au dernier classement régional, elle a été présentée comme étant la ville la plus sale à l’Ouest. A cela, il faudrait ajouter l’incivisme des populations, l’insuffissance de l’éclairage public, le mauvais état des routes, l’habitat anarchique. Le constat n’est guère reluisant, lorsqu’on arrive au quartier Nylon, quelque soit la rue. Il devient plutôt banal de voir de nombreuses familles se partager le même logis, développant ainsi une effroyable promiscuité. Ou encore des nids-de-poule qui jonchent la cité. Pour une ville qui, en fin 1990, était classée parmi les plus propres en Afrique.
Michel Ferdinand , Mutations












comme quoi les faits confirment les prejuges que nous avons sur nos freres de cette partie du pays