Serge Yen Sabouang et Mintya Meka Robert Harris, les deux journalistes, compagnons d’infortune du défunt journaliste Germain Cyrille Ngota Ngota, connu sous le nom de Bibi Ngota, sont toujours en détention préventive à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé. Cela va bientôt faire trois mois qu’ils y sont. Le premier a récemment introduit au milieu du mois de mai 2010 par la voie de ses conseils, une demande de mise en liberté provisoire. Celle-ci a effectivement été transmise au parquet qui, depuis, tarde à se prononcer. Alors que le second, rencontré il y a quelques jours dans la cour de la prison de Kondengui par notre confère Jean Vincent Tchienehom (qui a d’ailleurs rendu compte aux journalistes membres du forum 237 Médias des échanges qu’il a eus avec le directeur de publication du journal Le Devoir), est dépité par la lenteur que prend la procédure judiciaire initiée entre autre à son encontre. Harris Robert Mintya Meka veut être jugé au plus vite, et s’étonne que depuis, le juge d’instruction se hâte lentement dans l’instruction dans son affaire. En tout cas, c’est le magistrat Donou, juge d’instruction au Palais de justice de Yaoundé Centre administratif qui s’occupe de l’instruction de l’affaire des deux journalistes, depuis que leur compère Bibi Ngota, a été mis hors poursuites par son décès.
Certains avocats introduits dans le dossier, approchés par Le Messager, avancent que la procédure connait une espèce de statu quo, du fait de la demande de mise en liberté provisoire introduite par les conseils de Serge Yen Sabouang. Il est question que le parquet se prononce d’abord, et qu’après débats devant le juge, le tribunal puisse trancher. Mais en l’état actuel de nos enquêtes, le procureur de la République ne semble pas vraiment être pressé d’accélérer la conduite de la procédure. Un avocat au barreau du Cameroun intervenant dans le dossier explique : « En fait, il se trouve que cette malheureuse affaire, qui a connu la mort en prison en avril dernier du journaliste Bibi Ngota, s’est suffisamment complexifiée au niveau du sérail politique camerounais. Ceci compte tenu des hautes personnalités de la République qui en sont les acteurs, ou alors qui y ont été mêlées. Ainsi, que ce soit au niveau du parquet ou alors au niveau du cabinet du juge d’instruction, on a tendance quelque peu à mystifier la procédure.. »
Selon des sources judiciaires proches du dossier, curieusement pourtant, jusque-là , on ne retrouve pas la moindre plainte du ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République, Laurent Esso. On ignore si elle a tout simplement été dissimulée comme le rapporte certaines sources proches du dossier. Il se dit ainsi qu’après les auditions des journalistes qui ont eu lieu à la Direction de la police judiciaire à Yaoundé, le parquet s’est directement saisi de l’affaire et a décidé de poursuivre les journalistes. Dans ce cas, on s’étonne donc que la procédure puisse trainer alors qu’apparemment l’instruction semblait assez dégagée.
Enquêtes sur les accusations de Mintya
De toutes les façons, l’affaire Bibi Ngota est aujourd’hui un vaste dossier complexe. Notamment depuis sa genèse comme le démontre l’enquête que Le Messager mène depuis son déclenchement pour essayer d’éclairer l’opinion publique. Selon des sources bien introduites, les enquêteurs commis par le chef de l’Etat, en sont rendus aujourd’hui, à vérifier les graves accusations contenues dans le fameux protocole d’interview, envoyé au ministre d’Etat Laurent Esso par Harris Robert Mintya Meka. Le directeur de publication du journal Le Devoir, avait notamment parlé entre autres de l’exportation des armes de guerre par le ministre d’Etat SGPR, avec la complicité active des responsables du Port autonome de Douala que Laurent Esso contrôlerait. Tout comme Harris Mintya évoquait dans son protocole d’interview l’appartenance du ministre d’Etat Sgpr à de nombreuses sectes diaboliques mises en place pour conquérir le pouvoir au Cameroun. Les enquêteurs voudraient donc comprendre et éclairer le chef de l’Etat si de telles accusations ont des fondements réels.
Au final, l’affaire Bibi Ngota avec toutes ses ramifications, fait l’objet en ce moment, de nombreux affrontements souterrains entres divers lobbies proches du pouvoir en place. On parle ainsi d’un certain clan du Sud qui serait lourdement opposé à un autre dit, clan Sawa. C’est ainsi que Paul Biya, qui suit tous les soubresauts de cette sombre affaire et de ces différents affrontements, fidèle à un certain esprit machiavélique qu’à tort ou à raison on lui prête, s’apprêterait à jeter un pavé dans la mare. Notamment en désignant comme son représentant personnel aux obsèques annoncés très prochainement de son frère et ami Léopold Ferdinand Oyono un certain …Laurent Esso.
Par jean.francois.channon | Le Messager











