Force pluies churent sur la ville. Un véritable déluge. Emportés Noé et son arche. Inondés les elobi, les cases de bidon et de bois récupérés. Terrible vulnérabilité de ceux qui ont moins. Des plus marginalisés. La solidarité pourtant est une valeur que l’on dit africaine. A ne pas négliger en ces temps modernes. Solidarité. Avoir le souci des faibles, des petits, des minorités. Ne pas tomber dans l’égoïsme. Tenter de soulager une partie de la misère qui assomme les autres. Une mitose a fait de l’action sociale du Gouvernement une succession d’entités parcellisées moins par un souci d’individuation des problèmes que dans un but de redistribution électoraliste de maroquins pour quelques affidés à satisfaire. Dilution.
Multiplication des départements ministériels. Ministère des Affaires Sociales – MiNAS [sans aucun outil de pilotage ou document de politique sectorielle]. Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille. Ministère de la Santé , avec des problèmes [l'indigence, par exemple] qui se rapportent à la vulnérabilité. Sans compter que la Sécurité Sociale relève d’un Ministère. Fragmentation. La politique des pouvoirs publics est absolument illisible. Et conduit à des querelles vaines de délimitation de pré carrés. Jalousement défendus. Fragmentation. Dilution. Multiplication. Logiques divergentes. Inefficacité [les instances administratives ici, dans le cher-et-beau-pays-berceau-de-nos-ancêtres-et-de-Manu-Dibango, travaillent de manière très très cloisonnée]. Action publique insatisfaisante. Privatisation de l’assistance sociale. A l’initiative des dames. Premières. Ou … secondes. De la société civile. Des associations d’entraide ou d’assistance. Des ONG. Des groupes confessionnels.
Avril. Ciel couvert avec temps variable. Odeur de la terre battue après la pluie, Survivre au vent mauvais. Aux aléas. Face à nombre de situations où le relais que peuvent représenter allocations et pensions manque cruellement. Le rôle de la CNPS est effectif pour les seuls salariés. Du secteur privé ou du secteur étatique. Si leurs employeurs ont convenablement reversés les contributions dues pendant la carrière de leurs agents. 30 % à peine des ”patrons” cotisent. La déclaration de l’employé et sont immatriculation relèvent toujours de l’exception. Pourtant une exploitation judicieuse du cadastre fiscal [et des données listées dans les fichiers des impôts] devrait faciliter le travail des services de recouvrement. Mais trop peu d’entreprises sont contrôlées. Trop de paperasse. Quand l’informatisation pourrait indubitablement réduire les fraudes. Cogiter. Beaucoup trop de petites pensions. Imaginer. Mieux que la mensualisation [est-ce bien raisonnable de demander à un retraité de se déplacer pour toucher ... 18.000 Fcfa ?!].
Une possibilité de domicilier certains comptes auprès des établissements bancaires. Avec un arrangement pour les frais de gestion. Cogiter. Imaginer. Une possibilité de transfert par téléphonie mobile. Imaginer. Proposer. Une politique de tarifs adaptés [dans les transports en commun, par exemple] pour les catégories d’age et de revenus les plus vulnérables. Cogiter. Imaginer. Et rendre l’après-carrière parfaitement acceptable. Pour les sportifs de haut niveau. Par exemple. Faiseurs de rêves jadis. Anges déchus. Qui traînent leur vieillesse comme un long cauchemar. Cogiter. Imaginer. Contre les mercenaires sans scrupules, les mondains aux mains sales, les scribes aux idées courtes, les courtisans captifs de leur aveuglement, les thésards incultes, les conservateurs poussiéreux. Vouloir une nation solidaire, prospère, généreuse. Panser les balafres. Convoquer les érudits. Solliciter une kyrielle de ressources. Inviter tous les Camerounais au grand rendez-vous avec leur Histoire. Après les promesses englouties par l’orage. Après les vagabondages de l’ombre. Le soleil. La lumière.
Par Stephane Akoa. Mutations











