Le 24 décembre dernier, le quotidien Le Messager reçoit du ministre des travaux publics une lettre de demande de couverture médiatique d’une célébration organisée par quatre sections OFRDPC de la Haute Sanaga en l’honneur de Madame Chantal Biya, dans le but de lui rendre hommage à la suite de sa nomination du 14/11/2008 comme ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco. Quoi de plus ordinaire que d’être célébré par les siens ? Seulement, la lettre a été écrite sur papier entête d’un ministère et signée par un ministre pour une activité du RDPC. Une preuve que dans notre pays, la distinction entre l’administration et le parti n’est pas évidente pour tous.
Sans toute fois prendre le risque de nous tromper, le parti au pouvoir a fait justement étalage de son inaptitude à distinguer entre ce qui appartient à l’administration et ce qui relève des activités d’un parti politique. Sous d’autres cieux, on penserait à la démission de ce ministre
La célébration de la cooptation de la first lady à l’Unesco nécessite une couverture médiatique surplace, à Nanga Eboko. Les médias informés de l’évènement ont toujours répondu par leur présence. Seulement là où la confusion apparait, c’est que c’est un ministre de la République qui se charge de mobiliser les médias.
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La lettre est rédigée sur l’entête d’une institution officielle. Le ministère des Travaux publics en l’occurrence. Ceci dit, pour une fête qui n’a rien à voir avec les institutions de la république, un ministre engage tout un ministère pour les activités d’un parti politique. Où se trouve donc le rapport entre la première dame, sa nomination à l’Unesco, le ministère des Travaux publics, l’Ofrdpc ?
La first lady est présidente d’honneur de l’Ofrdpc, présidente-fondatrice des Synergies africaines, présidente du Cercle des amis du Cameroun, Ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco, première dame du Cameroun.
Monsieur Bernard MESSENGUE AVOM né dans le département de la Haute Sanaga, est membre du RDPC, ministre des Travaux publics… A vous de juger
Dans une récente interview, le politologue Eric Mathias Owona Nguini tentait une explication de l’emprise du Rdpc sur les structures et les ressources de l’Etat. ” On peut distinguer deux dimensions. Une formelle et normative qui veut que les ressources de l’Etat soient différentes de celles des partis politiques, donc du Rdpc. Et il y a une dimension pragmatique qui veut que le Rdpc, exerçant une grande influence dans le circuit de l’Etat, puisse mobiliser les connexions liées à une influence pour disposer de ressources de financement. Concrètement, cela fait partie de la prime politique d’occupation du pouvoir. Mais on ne peut pas dire que le rapprochement qu’on peut remarquer entre les caisses de l’Etat et celle du Rdpc soit une réalité intangible “, estimait-il dans les colonnes de Mutations [N° 1701ndu 21 juillet 206]. “Les choses sont en train d’évoluer, poursuivait-il.
Mila Assouté de l’aile dite des ” Modernistes ” du Rdpc , aujourd’hui président du RDMC avait, dans son livre blanc publié dans les années 2000, déploré “la confusion ambiante au Cameroun entre les institutions de l’Etat et le parti au pouvoir le RDPC. S’adressaient-il à Paul Biya qui convoque régulièrement les réunions du Rdpc au Palais de l’unité? S’adressaient-il aux ministres qui confondent entre les descentes sur le terrain dans le cadre de leur mission de travail et les messes du RDPC ?

Ce qui est sûr, la distinction entre l’administration et le parti n’est pas évidente pour tous au Cameroun. Peut être nous sommes encore à l’ère du parti unique. Mais, jusqu’à quand ?
Correspondance de : Janvier Kingué











