L’ex-secrétaire d’Etat placée en détention préventive à la maison d’arrêt de Kondengui a résolument élu domicile à la salle n°1 du bloc de réanimation et soins intensifs de l’hôpital Central de Yaoundé. Arrivée le 14 janvier dernier après être tombée dans les pommes, Catherine Abena est rendue à son soixantième jour d’internement. Provoquant l’étonnement de tous ceux qui passent par là ; y compris de certains médecins et des éléments de l’administration pénitentiaire (qui se plaignent de l’absence de frais de mission). Ceux qui côtoient au quotidien cet endroit de l’hôpital, avouent ne jamais apercevoir l’ex-secrétaire d’Etat hors de « sa nouvelle cellule » même s’ils confirment que son état de santé est plus que stable. Selon eux, elle se complait vraisemblablement à rester cloîtrée dans un réduit d’environ cinq mètres de long et 2,5 mètres de large. D’autres témoins affirment que cette hôte d’un autre genre a poussé l’austérité jusqu’à l’établissement d’une short list des personnes qui ont le droit de lui rendre visite. Y figureraient, les noms de ceux qui font partie du dernier carré des membres de la famille. Cette liste se résume, à sa mère, son compagnon, quelques uns de ses huit frères et sœurs, une de ses filles et un prêtre.
Le décor reste cependant le même. Deux gardiens de prison restent en faction devant la grille qui donne accès au hall d’entrée du bloc des réanimations. Ils sont suppléés par un agent de la sécurité de l’hôpital qui tient un registre où il répertorie les noms de ceux qui entrent et sortent de ce service. Car entre autres missions, ce vigile doit filtrer l’entrée des gens qui vont dans les salles voisines à celle de Catherine Abena. Des sources médicales indiquent qu’elle partage la sienne avec d’autres éléments de l’administration pénitentiaire. « Il me semble qu’ils veillent à ce qu’elle ne tente pas quelque chose de fatal. Du genre suicide… », confie cette source. Sur les motifs de ce long séjour à l’hôpital, aucune information ne filtre. La plupart des personnels rencontrés se contente de dire que « si on la garde, c’est clair qu’on estime qu’elle n’est pas prête pour retourner en prison ». Une réaction qui force à penser à une situation de deux poids deux mesures. Car l’ex ministre de l’Education de base, Haman Adama, diabétique, fait le ballet entre la prison de Kondengui et l’hôpital Général de Yaoundé pour recevoir des soins.
Catherine Abena a été interpelée le 7 Janvier dernier dans le cadre de l’opération Epervier (du nom de la campagne de lutte pour l’assainissement de la morale publique). Elle avait entamé une grève de la faim aussitôt, en signe de protestation contre ce qu’elle caractérise d’injustice. C’est sous l’effet de cette grève portée sur sa santé, qu’elle a été conduite de la prison centrale de Kondengui pour les services de réanimation de l’hôpital Central de Yaoundé où elle fut poussée à se réalimenter. Elle n’a plus quitté ces lieux jusqu’à hier après-midi, lorsque nous les quittions.











