Le rédacteur en chef du portail Ka Walai a été interpellé pour avoir filmé une scène qui mettant en action un ” fou “.
Vous revenez du commissariat du 4ème arrondissement de Douala où vous avez été interpellé alors que vous couvrez un événement ?
J’ai été interpellé ce matin (jeudi 29 janvier, Nldr) aux environs de 10 heures alors que je couvrais pour le compte du portail Ka Walai, avec d’autres confrères de Douala, une manifestation organisée par un certain Essama André Blaise qui, depuis quelques jours, a engagé des actions qui visent à discréditer le pouvoir de Yaoundé. La manifestation visait à dénoncer la prestation de serment des membres de Elecam qui se déroulait à Yaoundé. En tant que journaliste, je me suis senti particulièrement intéressé pour couvrir cet événement qui se déroulait devant la boulangerie Zépol au quartier Akwa. J’ai été surpris de la manière avec laquelle les éléments du commissariat du 4 ème arrondissement ont réprimé ma modeste personne. Ils m’ont embarqué dans leur véhicule et m’ont conduit au commissariat où j’ai été soumis à un interrogatoire musclé de plus de trois heures. C’est pendant l’interrogatoire que j’ai appris que c’était sous la demande expresse du gouverneur de la Région du Littoral, Fai Yengo Francis.
Qu’est ce que les policiers cherchaient à savoir ?
D’abord, ils souhaitaient savoir quels étaient mes rapports avec cet individu. Ensuite, comment je me suis retrouvé à cet endroit. Et enfin, quel est l’usage que j’allais faire de la vidéo que je venais de réaliser.
Et vous avez été relâché sous conditions..
Oui, j’ai été obligé de signer sous contrainte (sinon mon appareil avec lequel j’ai fait les photos ne me serait pas rendu) une lettre d’engament dans laquelle je m’engage à ne pas diffuser cette bande, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Cameroun.
Qu’est ce que vous avez filmé exactement ?
Mon appareil comportait comme images (toutes ont été effacées) des scènes de Essama André Blaise brandissant des pancartes qui dénonçaient la prestation de serment des membres de Elecam et également des pancartes à l’honneur du président américain Barack Obama et John Atta Mills, le président nouvellement élu du Ghana comme de vrais démocrates. En revanche, le président Paul Biya y figurait comme un dictateur.
Qu’est-il advenu du sieur Essama André Blaise ?
Ce qui est particulier avec cet individu c’est que à la police on le présente comme un fou. Selon mes informations, il a été conduit dans un pavillon psychiatrique à l’hôpital Laquintinie.
Propos recueillis par Lazare Kolyang. Mutations











