Un rapport négatif a été rendu public hier mais les autorités disent ne pas en être informées.
“Selon Amnesty international, les services de sécurité camerounaises tuent des civils pour réprimer des manifestations antigouvernementales. L`organisation de défense des droits de l`homme avertit qu`à l`approche des élections présidentielles de 2011, les forces de sécurité risquent de recourir plus fréquemment encore à cette tactique”. Telle est la substance d`une information qu`on pouvait lire hier sur le site du journal français Le Journal du dimanche. Une information que les auditeurs de Bbc Afrique avaient déjà suivi dans les éditions du matin et de midi d`hier.
Tout comme les internautes qui ont pu lire des pans entiers de ce rapport rendu public hier. Echantillon : “L`opposition politique n`est pas tolérée au Cameroun, a expliqué Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d`Amnesty International. Toute dissidence est étouffée soit par la violence, soit par le détournement de la justice pour réduire les personnes qui émettent des critiques au silence. Les forces de sécurité camerounaises ont régulièrement recours à une force excessive et injustifiée, et les auteurs de ces agissements bénéficient presque toujours de l`impunité.”
Voulant avoir la réaction des autorités qui n`ont pas voulu s`ouvrir à la Bbc si l`on s`en tient à la présentatrice de l`édition de la mi-journée, Mutations a pris langue avec le service de la communication de la Commission nationale des droits de l`homme et des libertés (Cndhl) à qui un protocole d`interview adressé à son président a été remis. Dans l`après-midi, la Commission a répondu : “Le président a dit qu`il ne peut vous répondre dans la mesure où il n`est pas encore au courant du rapport dont vous parlez.” Le rapport n`a peut-être pas été communiqué aux autorités spécialement en charge des droits de l`homme au Cameroun, mais .Amnesty international assure que depuis dix ans, elle n`a pu travailler sur place au Cameroun…
Cependant, l`on ne peut éviter de questionner cette attitude qui focalise du même coup les attentions sur le dit rapport. On peut en effet y lire : “Les procès iniques, les manœuvres d`intimidation et de harcèlement, allant notamment jusqu`aux menaces de mort, sont systématiquement utilisés par les autorités pour réprimer les critiques formulées par la classe politique, les défenseurs des droits humains et les journalistes. ” Ou encore que : “Vers la fin du mois de février 2008, les forces de sécurité ont tué pas moins de 100 civils au cours de manifestations contre l`augmentation du coût de la vie. Amnesty international a vu des photographies et reçu des témoignages suggérant que certaines des victimes ont été tuées à bout portant, alors qu`aucun effort n`avait été fait pour privilégier une arrestation.”
Des événements qui avaient vu “des journalistes couvrant les manifestations (être) agressés par des membres des forces de sécurité. Parmi les victimes figuraient un caméraman de la chaîne de télévision Canal 2 International ; il a été roué de coups puis arrêté, et sa caméra a été détruite. Il n`a été remis en liberté qu`après que des soldats l`eurent obligé à les payer.” Par ailleurs, nos confrères de Bbc estiment que Amnesty “dénonce la multiplication des violations de droits de l`homme au Cameroun, (…) accuse les autorités de fermer les yeux sur des exactions commises par les forces de l`ordre”. Godefroy Biarounga de Amnesty Londres à qui la radio britannique a ouvert son micro estime pour sa part que “ces violations sont en hausse” et qu`elles risquent d`empirer avec les élections présidentielles de 2011 où “l`opposition va essayer de s`opposer au gouvernement”. Mais peut-être que d`ici là les autorités auront accepté de donner leur version des faits et des mesures prises pour éviter les violences.
Les griefs d`Amnesty International en quelques maux
Les défenseurs des droits de l`homme persécutés
Les autorités camerounaises violent régulièrement les droits des défenseurs des droits humains qui critiquent les chiffres du gouvernement. En novembre 2003, les autorités ont harcelé et menacé des défenseurs de droits humains suspectés d`avoir aidé la Fédération internationale des droits de l`homme (Fidh) basée à Paris à compiler un rapport sur la torture au Cameroun qui avait été publié en octobre précédent. Ce rapport faisait la lumière sur nombre de cas de torture et autres formes de traitement cruel, dégradant ou inhumaine ordonné ou coordonné par les autorités. Franka Nzounkekang, directeur de la Human Rights Defence Group a informé Amnesty International de ce qu`elle avait été à plusieurs reprises humiliée par des agents de sécurité et reçu un coup de fil anonyme au cours duquel son correspondant a menacé de l`assassiner. Elle est parti du Cameroun début 2004.
Tortures et autres formes de traitement cruel, inhumain et dégradant.
En novembre 2003, le comité des Nations unies contre la torture avait exprimé sa grave préoccupation à propos de la torture systématique par la police et la gendarmerie après arrestation des suspects. Il avait produit un rapport sur la surpopulation carcérale avec des conditions de vie proches du traitement cruel inhumain et dégradant. Entre janvier et août 2003, près de 72 prisonniers sont morts seulement à la prison centrale de New-Bell, cela à cause des conditions difficiles et du manque de soins médicaux. Les détenus sont obligés de supporter leurs frais médicaux et les hommes ne sont pas souvent séparés des femmes pendant les gardes à vue. Ceux qui ne sont pas capables de supporter les dits frais risquent de mourir, et meurent très souvent, en garde à vue. Seuls de rares visites sont autorisées par les officiels de la justice et du comité gouvernemental pour les droits de l`homme.
Exécutions extra-judiciares et usage abusif des armes mortelles
Les forces de sécurité camerounaises recourrent très souvent à un usage abusive des armes mortelles. Les persécuteurs jouissent presque toujours de l`impunité. En juillet 2003, les organisations camerounaise de droits de l`homme et les journaux indépendants ont fait état de ce que la police avait utilisé des armes mortelles pour mettre fin à une manifestation de moto-taximen à Douala. Elle a tiré mortellement sur cinq personnes et blessé plus de trente autres. Les manifestants protestaient contre la corruption et l`extorsion policière, et surtout après qu`un des leurs ait été mortellement tabassé après avoir refusé de s`arrêter à un barrage de police.
N.B. : La traduction de l`anglais au français est de la rédaction
Parfait Tabapsi











