Le président de la Centrale syndicale du secteur public estime en outre que le code électoral en préparation ne servira à rien.
Un projet de code électoral élaboré par le Minadt vient d’être transmis au Premier ministre avant examen à l’Assemblée nationale. Comment réagissez-vous à cette information?
C’est de la masturbation intellectuelle qui relève essentiellement du dilatoire. Une fois de plus, face aux feux des critiques qui fusent de toutes parts (surtout des bailleurs de fonds et des partenaires au développement) par rapport à la mauvaise foi du gouvernement qui, avec la transformation de l’Onel en Elecam, organe dirigé par les militants du Rdpc, le Minadt essaye de laisser croire que des efforts sont faits dans le sens de l’amélioration du système électoral camerounais.
Quelles sont vos attentes par rapport au texte qui sera soumis aux députés de la Nation?
Personnellement, je n’attends rien de ce texte qui comme je l’ai dit tantôt, participe de la simple distraction.
Si vous êtes convié aux consultations annoncées dans les services du Premier ministre, que proposeriez-vous?
Vous pouvez déjà être certain que je ne peux en aucun cas être convié à ces consultations, ni en qualité de Président de la Centrale Syndicale du Secteur Public (Csp), encore moins en tant que citoyen Bikoko. Il convient néanmoins de rappeler qu’il y a quelques années, des Organisations de la Société Civile, dans le cadre d’un plaidoyer relatif à l’harmonisation des textes régissant les élections au Cameroun, plaidoyer coordonné par le Service National Justice et Paix avec l’appui financier du Programme Concerté Pluri-Acteurs (Pcpa), avaient déjà fait une proposition de texte dans ce sens, proposition qui de surcroît avait publiée dans une édition spéciale du journal Mutations.
La société civile est-elle prête à proposer un texte qui pourra concourir à la transparence électorale avant les prochaines consultations?
Evidemment que oui ! La Société Civile regroupée au sein de Dynamique Citoyenne (Réseau de suivi indépendant des politiques publiques et des stratégies de coopération) reprend à son compte la proposition sus citée, faite il y a quelques années et est prête à en discuter avec les autorités si elles sont sincères dans leur démarche.
Le jeu politique tel qu’il se déroule en ce moment pourra t-il changer de manière décisive après promulgation du nouveau code électoral ?
Pour mieux répondre à cette question, il faut déjà attendre les résultats de la démarche actuelle du Minadt et ce qui en sortira.
Malgré les critiques faites à Elecam, peut-on s’attendre à des élections libres et transparentes avec l’avènement d’un nouveau code électoral au Cameroun?
Pas du tout ! Parce que même si cette initiative gouvernementale accouchait d’un code électoral consensuel (ce qui n’est certainement pas possible), ce qui pourrait constituer un signal fort pour des élections libres, justes et transparentes dans notre pays, c’est la mise en place d’une Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni). Je sais que le Gouvernement n’aime pas ce nom parce que c’est une proposition faite par des leaders politiques de l’opposition, mais celle-ci semble faire l’unanimité et de surcroît, elle est faite par des Camerounais. Voilà à mon avis des préalables sans lesquels on ne saurait espérer une évolution positive du jeu politique au Cameroun.
Propos recueillis par Georges Alain Boyomo, Mutations











