Au cours de la réunion de son comité exécutif national, le Sdf a décidé de ne pas prendre part à la célébration de la prochaine fête de l’unité nationale. Joint au téléphone, le président national nous donnes les raisons de cette décision et parle de l’actualité nationale.
Pourquoi le Sdf boycott-t-il le défilé du 20 mai 2009 ?
Nous pensons que c’est le moment de manifester contre la situation délétère qui sévit actuellement dans notre pays. Je peux citer à titre d’illustration, l’absence d’une commission électorale indépendante, la marginalisation de la jeunesse, l’inefficacité de la lutte contre la corruption et les démolitions arbitraires, toutes choses qui sont, entre autres, des entraves à la mise sur pied d’une société de justice et de paix. C’est pour ces raisons que nous avons décidé de boycotter la célébration de la prochaine fête de l’unité nationale qui va se célébrer le 20 mai prochain. Nous avions déjà signalé à la communauté internationale nos réserves relativement à cette situation que considérons comme un coup d’Etat perpétré par le Rdpc.
Pourquoi n’êtes vous pas descendu à l’Avenue Kennedy par exemple pour montrer votre sympathie pour ces jeunes marginalisés ?
Je suis descendu une fois, je ne sais plus quand exactement. Je ne crois pas non plus qu’il soit important de le faire chaque fois. J’ai également invité certains partis politiques à le faire.
Que reprochez-vous aux déguerpissements de la ville de Yaoundé ?
Ces déguerpissements et démolitions reposent sur des raisons qui ne sont pas justifiées. Donc sur des mesures arbitraires sans aucune solutions de compensations et considérations sociales. Même si certaines occupations sont illégales, le gouvernement aurait dû prendre des dispositions pour aider ces jeunes, être sympathique avec ces derniers.
Qu’est-ce qui fait problème dans l’Opération Epervier selon vous?
Les Camerounais ne sont pas du tout informés des mécanismes de cette opération. Les auditions se font à tête chercheuse. Plusieurs membres du gouvernement Biya ne sont pas encore auditionnés. Je ne peux pas citer les noms mais je crois qu’il y a encore beaucoup à faire. Le gouvernement doit créer une structure claire qui puisse préciser les comptes bancaires de chaque membre du gouvernement, promouvoir un système fédéral de gouvernement. Le Sdf exige notamment la publication de la liste des détourneurs des fonds publics et les montants détournés.
Écrit par Jean –Philippe Nguemeta, Le Jour











