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La gestion calamiteuse des fonds publics au Cameroun

Publié par May 13th, 2009 et classé dans Actualités, Politique, Religion, Societe. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

biyiti-bi-essamGestion contreversée de cent trente millions par le ministre de la communication Monsieur Biyiti bi Essam destiné à la couverture médiatique de la visite du pape Benoît XVI au Cameroun au de mars 2009. Le ministre de la communication accorde à la presse nationale et internationale, tout support confondu des interviews pour tenter de laver son honneur bafoué en espérant continuer à bénéficier la confiance du président de la république.

D’abord, il convient de lui faire remarquer qu’un homme d’affaire camerounais poursuivi par la justice avait initié une démarche semblable il y a quelques mois, Monsieur Biyiti avait donné quelques leçons de journaliste aux médias qui s’étaient ouvert à lui, en expliquant ouvertement que cela ne se faisait pas au risque de violer le secret de l’instruction.

Même s’il affirme que la procédure judiciaire n’est pas encore déclenchée contre lui et qu’on en ait encore dans les auditions et enquêtes préliminaires au niveau de la police judiciaire, le voilà malgré tout dans la situation inconfortable qui n’honore nullement la qualité d’un ministre en poste.

Ceci dit, il faut donner acte à Monsieur Biyiti de reconnaître qu’en utilisant un compte privé pour sécuriser l’argent public selon ses propres termes, il a commis une faute administrative. Il relativise cependant cette erreur en estimant que c’est une faute de gestion qui en aucun cas ne peut être assimilé à un délit ou à une intention délictuelle.

Malheureusement pour lui, car les choses ne sont pas aussi simples, il devait savoir qu’il existe un principe clair et connu de tous en matière de gestion des fonds publics. L’ordonnateur de ces fonds autorise leurs déblocages et ne doit pas être en même temps celui qui dépense les fonds. Pourquoi à t-il pris des risques en confondant les deux fonctions.

Certes, il explique qu’à la place d’un chéquier du trésor qu’il comptait recevoir de son collègue des finances, c’est plutôt des sacs pleins d’argent en espèce qui ont été déposé dans son bureau. Etant donné que depuis 2005, il est interdit au département ministériel d’ouvrir des comptes dans des banques commerciales et que par ailleurs son banquier ne pouvait lui offrir un coffre fort pour garder tout ces billets de banque.

Le seul recours qu’il lui restait était de mettre cet argent sur son compte personnel. Ce n’est pas si sûr que ce fut la seule bonne solution. D’abord, il aurait pu obtenir son coffre fort en s’adressant aux supérieurs hiérarchiques du chef d’agence de sa banque. En suite, pourquoi n’a-t-il pas pensé à garder cet argent dans le coffre fort de la Cameroon Radio Television (CRTV), dont-il est président du conseil d’administration?

Au passage, il faut observer que tout le monde épilogue sur les cent trente millions de francs CFA gérés par Monsieur Biyiti, mais personne n’est allé auditer le compte d’utilisation des quatre cent cinquante millions versés en espèce à la CRTV ou des cent quarante millions reçu par la Camtel. Et pourtant on devrait. Car depuis une dizaine d’année, ces sociétés publiques ont tiré du trésor public des milliards de nos francs à l’occasion des trois visites papales ou d’évènements internationaux comme le sommet de l’OUA en juillet 1996, et la conférence des chefs d’Etats en janvier 2001.

Chaque fois lors des des occasions similaires à celle de la visite papale au cameroun,certains fonctionnaires gloutons de Yaoundé s’activent à surfacturer les dépenses pour se remplir les poches. En tout état de cause, l’affaire Biyiti est pleine de leçons.

En premier lieu, il confirme que le pilotage à vue caractérise la gestion de nos affaires publiques. Comment comprendre que c’est a peine deux semaines avant l’arrivée du pape que les fonds destinés à la couverture médiatique mise à la disposition pour une visite officielle dont les dates ont été annoncées longtemps auparavant.

Deuxièmement, l’administration crée volontairement les conditions de détournement des fonds publics. Car, vous pensez qu’en donnant de telle masse d’argent en espèce pour dépenser sur une période aussi courte, l’orthodoxie de la gestion financière en prend forcement un coup.

Troisièmement, pour un évènement qui dure trois ou quatre jours, la CRTV peut obtenir comme cela une enveloppe frôlant le demi milliard. Mais le reste de l’année, il lui manque de moyens pour renouveler des petits matériels techniques, tels que des cassettes vidéo habituellement utilisées jusqu’à l’usure complète, conséquence des insuffisances et manquements chroniques sur des antennes radio et télé.

En fin quand vous lisez à la ligne l’interview de Monsieur Biyiti, et qu’il raconte comment il a dépensé en terme d’énergie pour faire venir des écrans géants du Gabon, on se dit qu’un ministre a mieux à faire que de ce colquiner cette intendance. Sans doute, accorde t-il peu de confiance à ses proches collaborateurs. L’histoire nous en dira.

Correspondance : Geremy Tchinda, Président de la LCDH Douala-Cameroun

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