L’ex-directeur général de la Crtv est dans de sales draps. Les dernières activités du Conseil de discipline budgétaire et financière (Cdbf) que préside Siegfried David Etamè Massoma, ministre délégué à la présidence de la République chargé du Contrôle supérieur de l’Etat le démontrent à suffisance. Les multiples auditions du prof tant à la police qu’au Sed, n’ayant pu produire des charges suffisantes permettant de mettre le grappin sur l’ex-Dg, le régime a décidé de procéder autrement. Le conseil de discipline qui s’est emparé de la gestion de l’ex Dg de la Crtv, a instruit sept affaires, toutes, sur le dos de Mendo Ze.
A en juger par les chefs d’accusation et les sommes d’argent supposées avoir été détournées, il faudrait un miracle pour que l’incriminé s’échappe. Jusqu’au moindre détail, toute la gestion de Mendo Ze est mise à nue. La situation du prof est d’autant plus compliquée, qu’il est pressenti selon certaines indiscrétions, pour remplacer Adolphe Moudiki, l’administrateur directeur général de la Snh. Des sources révèlent que le Dg de la Snh, aurait saisi le chef de l’Etat Paul Biya par correspondance il y a quelques mois et lui aurait demandé de le décharger de ses fonctions à la Snh. Il y a quelques mois, le Pr. Mendo Ze aurait été reçu au palais d’Etoudi par le chef de l’Etat qui l’a mis en confiance. Ce qui ne plait pas à certains prétendants, candidats au poste de directeur général à la Shn.
D’où leur envie de saborder le retour en grâce de Gervais Mendo Ze. Avec la bénédiction du ministre Etame Massoma, plusieurs réseaux ont décidé d’exhumer les multiples dossiers du prof, question de l’abattre en plein vol, ou de le noircir auprès du prince. Le Messager qui a réussi à se procurer une copie du communiqué des services du Contrôle supérieur de l’Etat gratte un peu le vernis des affaires dans lesquelles l’ex-Dg de la Crtv est impliqué.
Opération Epervier
Paul Biya peut-il lâcher Mendo Ze ?
Consulté pour savoir la conduite à tenir au sujet de la gestion de Gervais Mendo Ze à la Crtv, le chef de l’Etat aurait donné le feu vert pour la suite des auditions et demandé à la Justice de faire son travail.
Présidé par son président Siegfried David Etame Massoma, ministre délégué à la présidence la République chargé du Contrôle supérieur de l’Etat, le conseil de discipline budgétaire et financière a rendu la copie de ses travaux. Pendant trois jours (les 13,14 et 15 janvier 2009), ledit conseil a statué sur les affaires concernant certains responsables de la Crtv. Fait inédit, l’Office de radiodiffusion télévision camerounaise sous hautes instructions ministérielles, s’est donnée à cœur joie, vendredi, 16 janvier dernier, à la lecture des résolutions.
Il y a lieu de rappeler que c’est au terme de la mission de contrôle dépêchée à la Crtv, sanctionnant les opérations de vérification des inspecteurs d’Etat, que le Conseil de discipline budgétaire et financière a décidé d’instruire sept affaires. Convoqué le 31 décembre 2008, les différents mis en cause ont comparu du 13 au 15 janvier. Le 13 janvier pour l’affaire concernant le Pr. Gervais Mendo Ze, ex-directeur général de la Crtv. Le 14 janvier pour les affaires concernant : d’une part, Essomba Antoinette, directeur de la Cmca/Crtv et Mongori Elisabeth, ex-directeur de la même structure ; d’autre part : Pom Jacques et Amang à Bitégni président et membre de la commission financière auprès de la Crtv et le cas Bodou Pierre, ex-président de la commission de passation des marchés auprès de l’Office. Le conseil a bouclé ses sessions le 15 janvier, en examinant les affaires : Etogo Mbezele Luc Evariste et Hamadou Sambo, tous les deux ex-trésoriers payeurs généraux de Yaoundé ; et le cas particulier de Meloné née Enam Patricia Daisy, ex-sous-directeur des finances à la Crtv.
Pour des besoins de complément d’informations, les affaires concernant le Pr. Gervais Mendo Ze (ex-Dg de l’Office) et celles des dames Essomba Antoinette et Mongori Elisabeth ont été renvoyées. Aux deux dames, il est principalement reproché le non versement dans le cadre de leurs fonctions à la Crtv, des recettes publicitaires produites par la Cmca, la régie publicitaire de l’Office. L’on évalue lesdites sommes à 1.196.000.000 Fcfa au titre de l’exercice 2006, pour le cas de Essomba Antoinette et à 1.834.912.636 Fcfa imputés à Mongori Elisabeth au titre des exercices 2004 et 2005.
L’étau se resserre
L’ex-Dg est sans doute l’homme à abattre. Il fait l’objet d’une vingtaine de chefs d’accusation : l’absence de transparence dans la gestion des fonds et des ressources publicitaires, le flou dans les recrutements… Le Conseil cherche à en savoir plus sur la signature des ordres de retrait perçus et non reversés à la Crtv d’un montant total de 2.220.280.000 Fcfa. Cette somme aurait un rapport avec un compte bancaire ouvert à l’agence Crédit agricole du boulevard du 20 mai, mais dont l’identité du propriétaire n’est pas encore clarifiée.
On reproche aussi à Mendo Ze le manque de transparence dans l’octroi des primes payées à certains personnels du Minfi, à divers intervenants (voir le document 2 en annexe de ce dossier). Il y a la gestion du contentieux foncier d’Ekounou pour lequel, sur avis motivé de sa cellule juridique, Mendo Ze avait préféré un arrangement à l’amiable, moyennant payement d’une somme de cent millions Fcfa aux familles. Le conseil est également sur les traces de la somme de 116.288.300 Fcfa enregistrée dans la rubrique assistance financière et cachets spéciaux accordée aux administrateurs, divers membres du gouvernement et professeurs d’universités. A ce propos, nous avons joint le Pr Jacques Fame Ndongo dont le nom revient plusieurs fois dans ce document. L’intéressé indique qu’il n’était pas gestionnaire de la Crtv, qu’il était simplement Pca et qu’en cette qualité, il avait droit à des jetons de présence. Le ministre de l’Enseignement supérieur s’est en outre dit globalement serein. En dehors de l’assistance financière, l’ex Dg doit s’expliquer sur les primes de 2.256.153.948 Fcfa sur la redevance audiovisuelle et le décaissement d’une somme de 15.269.256 Fcfa pour l’aménagement du bureau du ministre délégué à la Communication suite à sa nomination en décembre 2004. N’ayant pas pu se prononcer, le Conseil a renvoyé l’examen de l’affaire à une prochaine session, pour « complément d’informations ». Selon certaines langues, le ministre Etame Massoma aurait saisi le chef de l’Etat Paul Biya pour savoir la conduite à tenir. Les mêmes sources affirment que Paul Biya aurait donné le feu vert, en demandant d’aller jusqu’au bout du dossier. Toute chose qui fait croire que dans les prochains jours, le dossier une fois bouclé, pourrait être transmis au juge.
S. O.
Par Souley ONOHIOLO. Le Messager











