A deux jours de la date butoir du 1er juillet qui leur a été fixée pour se conformer à la réglementation, les conducteurs de motos-taxis semblent traîner le pas. C’est du moins le sentiment que laisse l’interview de Ferdinand Fogang Sagbang, président de Grasmoto, syndicat de motos taxis, publiée dans notre édition de jeudi dernier. Celui-ci soutient en effet que « beaucoup ne savent pas combien coûte l’ensemble des pièces (…) les centres de visite techniques ne sont pas déterminés et diverses pièces comme la licence d’exploitation, la carte bleue sont floues ». A chacun d’apprécier. Il faudrait tout de même rappeler que le règlement auquel ces citoyens sont invités à se conformer, en l’occurrence, le décret du Premier ministre fixant les conditions et les modalités d’exploitation des motocycles à titre onéreux, date du 31 décembre 2008. Et que de toute la panoplie de pièces administratives prévue, l’on demande simplement aux conducteurs de ces engins, au 1er juillet, de disposer d’un permis de conduire et d’une carte grise, en plus, évidemment, de l’indispensable police d’assurance. Curieux que cette mesure de souplesse de l’administration ne semble pas convenir aux intéressés. Dont bon nombre ont observé, il y a quelque deux semaines, une journée de grève à Douala et menacent de remettre ça pour protester contre le « surnombre » des pièces administratives et leur coût élevé. L’argument en cette période de crise économique n’eût certainement pas totalement manqué de poids, si un délai de six mois et la réduction du nombre des pièces exigibles au 1er juillet n’avaient pas été décidés par les pouvoirs publics.
Venue des pays sahéliens de l’Afrique de l’Ouest, la pratique de la moto-taxi s’est progressivement installée dans le train de vie de nos villages et villes, poussée comme un feu de brousse sous le vent par les importations chinoises. Lesquelles situent les prix du motocycle à des niveaux abordables pour le citoyen moyen. Cette invasion de la moto, en période de crise économique nous a sans doute ramenés sur terre, à notre véritable niveau de vie, dans l’univers des transports en commun. Là où la voiture, bien plus lourde et plus chère, peu adaptée sur certaines de nos routes, a montré ses limites.
C’est dire que la moto est aujourd’hui incontournable. La moto et son conducteur contribuent à leur manière à la vie économique et sociale. Mais comme tout progrès technique, depuis l’âge de la pierre taillée, la moto oppose le double tableau avantages / inconvénients. Que d’accidents, de blessés et morts l’on déplore au quotidien du fait de la moto ? Des accidents dus à la non-maîtrise de la conduite de ces engins et celle du code de la route. Or, en exigeant que les conducteurs possèdent un permis de conduire, qu’ils se coiffent d’un casque, c’est d’abord leur vie que l’administration entend protéger. Il est difficile à comprendre que les conducteurs hésitent à s’engouffrer dans cette voie de la sagesse, à moins de choisir le suicide et le meurtre de leurs passagers. Sous d’autres cieux, on s’étonnerait qu’il existe un débat sur des mesures de sécurité qui ont fait leurs preuves.
MONDA BAKOA. Cameroun Tribune











