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Le Président du RDMC écrit au Président de « Elections

Publié par Jun 25th, 2009 et classé dans Actualités, Politique. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

mila-assouteAprès la sortie médiatique de la société civile camerounaise au sujet d’Elecam , après l’échec de la proposition de loi soumise à l’assemblée nationale du Cameroun par l’Union démocratique du Cameroun (Udc) Le débat sur Elections Cameroon (Elecam) revient sur la sellette ce jour avec une communication du Rassemblement démocratique pour la modernité du Cameroun RDMC) adressée à Monsieur Samuel Fonkam Azu’u Président de « Elections Cameroun » et, Secrétaire général adjoint de l’Assemblée nationale du Cameroun Lisez l’intégralité de la correspondance

Monsieur le Président,Par décret no2008/470 en date du 31 décembre 2008, Monsieur Paul BIYA, président national du RDPC, agissant en sa qualité de président de la République du Cameroun, alors que vous militiez comme hauts cadres dans son parti, vous a nommés, vous et vos membres, pour conduire le processus électoral de notre pays, en substitution au ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation. (Minatd), récusé pour iniquité.

C’est le lieu de vous rappeler, Monsieur le Président, qu’il s’en est suivi une vive protestation dans l’opinion générale, les partis politiques, la société civile, la communauté internationale, -en raison des irrégularités juridiques diverses et de l’appartenance politique unicolore, (celle du parti au pouvoir le RDPC), des membres qui composent « Elections Cameroun » (Elecam), structure publique, pourtant voulue indépendante par la loi. Vous avez, malgré votre subordination hiérarchique, toujours actuelle dans l’Etat, prêté serment devant la Cour suprême, et juré d’accomplir cette mission nationale dans l’intérêt supérieur de notre pays, soit !

L’élection présidentielle représente une des circonstances graves qui accentuent notre appartenance nationale ainsi que notre partage d’un destin commun. Mais elle peut se transformer très vite en un cauchemar politique pour le peuple. A ce titre, elle se doit par une irréprochable organisation, de garantir la paix sociale. Or chez nous, on ne peut prétendre à cette élection aujourd’hui, sans tenir compte, de la réalité du risque de violence préélectoral et de désagrégation postélectoral de l’Etat, si des soupçons continuent de peser sur vous à garantir la neutralité de participation de tous les Camerounais sans exclusion au libre choix de leur prochain président de la République.

Pour qu’elle remplisse ce rôle ô combien capital, il faut une exigence maximale d’une préparation dont la neutralité ne saurait être prise en défaut, jusque dans les plus petits détails afin de préserver cette paix que la fragilité expose, n’est plus à démontrer au Cameroun ( évènements sanglants de février 2008); chaque acteur public de l’État, du parti au pouvoir et des mouvements de l’opposition, doit énoncer des discours responsables et poser des actes qui traduisent une implication responsable dans la sauvegarde de la paix. Tout laisse croire au stade actuel de votre attitude, que vous y êtes éloignés.

C’est la raison qui motive le RDMC (Rassemblement Démocratique pour la Modernité du Cameroun) à s’adresser à vous ce jour avec gravité, pour vous rappeler avec fermeté, les obligations qui vous incombent:

A) D’un point de vue juridique

- votre responsabilité à organisation des élections transparentes en application des seules dispositions légales est obligatoire et constitue l’unique voie de maintien des équilibres déjà précaires sans lesquels vous engagerez notre pays dans une voie de désagrégation générale, situation dont vous assumeriez directement la responsabilité. Nous espérons que vous en mesurez la portée et les conséquences qui pourraient découler d’une irresponsabilité de votre part !

Même si votre nomination et celle des membres qui composent « Elecam » viole la loi, vous devriez, après avoir prêté serment devant le peuple du Cameroun, en prendre véritablement conscience.

Il faut rappeler que vous êtes toujours sous le coup des incompatibilités prévues par la loi, en votre double qualité de secrétaire général adjoint de l’Assemblée nationale et de membre influent du RDPC ; ce qui vous subordonne à l’autorité du président de l’Assemblée nationale. Vous êtes par conséquent, juridiquement contestable, vos actes aussi.

- Or à ce jour, 6 mois après votre nomination, personne ne sait ce que fait votre structure. Nulle part, vos démembrements ne sont perceptibles sur le territoire. L’application des dispositions légales prévues en matière d’indépendance politique et financière d’Elecam, de transfert des pouvoirs et des actes administratifs à « Elecam » par le Minatd, de formation de vos personnels et d’informatisation du fichier électoral, de refonte des listes électorales et de la délivrance des cartes d’électeurs, de publication des bureaux de vote et des listes électorales, tarde à venir. Qu’il s’agisse du peuple, des partis politiques ou des acteurs, personne n’est au courant de ce que vous faites en terme d’organisation transparente des élections prochaines.
- Cependant, vous faites déjà des missions onéreuses à l’étranger sans relation avec les attentes des Camerounais.
- Nous sommes à deux (2) ans de la date légale des élections présidentielles que le chef de l’Etat peut de surcroît anticiper, et vous savez bien que le décret de convocation du corps électoral arrête légalement toute inscription d’électeurs. Il est constant que votre stratégie crée ainsi les conditions d’un usage du fichier électoral hérité du ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation, pourtant truffé d’irrégularités et d’électeurs fictifs. Aucune mesure concrète ne permet de dire que la refonte du fichier électoral, la délivrance des cartes d’électeurs, la publication des bureaux de vote et des listes électorales, du résultat du recensement général de la population sur le territoire national se fera à temps pour rattraper les erreurs et les revendications éventuelles. Cela relève de vos obligations les plus urgentes…
- Votre dépendance financière et votre subordination au pouvoir et aux hiérarques du RDPC, malgré vos « démissions » de circonstance du parti gouvernant, pour les besoins de la cause, ne militent pas en faveur de la transparence.
- On peut penser maintenant sans procès d’intention, que votre nomination visait finalement bien plus à honorer auprès de la communauté internationale, la promesse d’une échéance que le gouvernement ne pouvait plus continuer de différer après les trois premiers reports, qu’à créer les conditions d’une élection transparente au Cameroun.

- LA QUESTION DES BESOINS FINANCIERS

La question des moyens financiers limités de l’Etat qui manqueraient pour vous permettre d’ assumer vos missions, faute de l’aide de la communauté internationale qui refuse légitimement de reconnaître à Elecam la représentativité du paysage politique camerounais est un grossier mensonge . Il est démontré que l’Etat du Cameroun a récemment engagé des dépenses de prestige de 20 milliards pour exprimer notre hospitalité à un hôte de marque qui a visité notre pays.

B) D’un point de vue politique :

Le Cameroun attend les prochaines élections présidentielles comme un grand moment de son histoire après tant d’années d’efforts et de sacrifices pour la démocratie. Selon que vous organiserez les présidentielles prochaines transparentes ou truquées, nous entrerons dans un processus de consolidation ou de désagrégation de l’Etat du Cameroun, sous votre seule responsabilité.

Les exemples abondent en Afrique et ailleurs qui montrent la nocivité des élections truquées dans des circonstances de désespérance générale du peuple et surtout de la jeunesse.

Vous devez permettre par vos actes, Monsieur le président « d’Elecam », que l’issue des élections soit l’expression dune participation généralisée et de la volonté de la majorité du peuple du Cameroun.

Il faut dès maintenant appeler les Camerounais sans exception et sans conditions autres que celles prévues par la loi, à s’inscrire massivement auprès de vos démembrements qui sont aujourd’hui inexistants.

Notre parti est en cela fortement préoccupé par l’immense majorité des Camerounais qui, par exclusion lors des inscriptions antérieures ne votent jamais à l’intérieur du territoire national, mais aussi à l’extérieur du pays, où il est urgent aujourd’hui d’implanter des bureaux de vote dans nos représentations diplomatiques afin de permettre à nos compatriotes éloignés du territoire national d’accomplir leur devoir de citoyens là où ils se trouvent.

Le RDMC attire votre attention sur l’urgence d’agir et se donne jusqu’à la fin du mois d’août 2009, pour asseoir sa conviction définitive sur votre option de neutralité ou de soumission au pouvoir pour organiser les élections.
Le RDMC invite tous les acteurs économiques qui ont des intérêts dans notre pays à prendre toute leur part dans les revendications de l’organisation des élections présidentielles transparentes au Cameroun.

Veuillez croire, Monsieur le Président, à notre sentiment patriotique.

Paris le, 11 Juin 2009

Le Président du RDMC, Chief Pierre Mila Assouté

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