Plusieurs années après, ils attendent toujours leur dédommagement suite à une expropriation du site devant abriter le nouveau stade de la capitale. Cette attente lancinante ne les rassure plus. Les histoires d’expropriation se passent toujours mal au Cameroun. Entre la volonté de détournement des autorités concernées qui ne veulent pas manquer l’occasion rêvée de se faire de l’argent, le manque d’organisation des riverains aveuglés par l’égoïsme et les lenteurs administratives, le dédommagement n’a jamais tenu la promesse des fleurs. Les exemples pour illustrer cette allégations sont légions et anecdotiques.
C’est le cas du stade omnisport de Yaoundé. D’ailleurs, selon une certaine opinion, l’élimination des Lions Indomptables pour la participation à la phase finale de la coupe du monde 2006 qui s’est jouée en Allemagne est la résultante de la situation décrite plus haut. Inutile de revenir sur le contexte qui a prévalu sur le cas du palais des sports de Warda ; sans oublier l’expropriation de la Scdp à Nsam, de l’aéroport de Nsimalen et bien d’autres faits dans d’autres villes.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’Etat a tout intérêt à bien régler cette affaire qui a mal commencé depuis le recensement. Lors du dernier regroupement de vérification en présence de l’ancien sous-préfet de Yaoundé Ier et de l’ancien préfet du Mfoundi, les choses ont failli mal tourner. Les populations convoquées pour la nième fois pensaient toucher le pactole séance tenante. Il n’en est rien été. Au contraire, elles ont subi des désagréments terribles. Ils ont dû faire preuve de beaucoup de patience avant le début d’une cérémonie qui ne répondait pas à leurs attentes. Contre toute attente, il s’est agi d’un recensement de trop au lieu du paiement comme elles espéraient. Entre-temps, on a évité le pire avec les familles qui n’arrivaient pas à s’accorder. Il a fallu beaucoup de tacts aux autorités pour empêcher des bagarres qui auraient pu tourner au drame.
Attente interminable
Plusieurs années après, rien n’a bougé. Pourtant, à cette occasion, les autorités annonçaient que l’argent était déjà disponible auprès du ministère compétent qui n’est autre que le ministère des Sports et de l’Education physique. Du coup, certains esprits ont cru voir un jeu trouble de la part du ministre de l’époque Augustin Edjoa, qui en tant que natif de Yaoundé, devrait en principe faciliter la procédure en faveur des siens. C’est la raison pour laquelle des soupçons ont pesé sur l’ancien proviseur du lycée Leclerc. Même si rien de concret ne l’a révélé. Actuellement, les riverains dépossédés de leur terre attendent toujours réparation et espèrent que les choses se passent bien au moins pour cette fois-ci.
L’un d’eux qui a préféré s’exprimer sous anonymat raconte le préjudice causé par cette situation d’attente interminable : « Les choses de ce pays sont bizarres. Ils se sont empressés d’engager les travaux sans nous payer. Ils souhaitent peut-être que nous nous rebellions pour qu’ils comprennent qu’ils doivent déjà nous donner notre argent. Cela va peut-être arriver. Nous avons déjà trop attendu. Il suffit de barrer l’axe lourd comme nous l’avons fait quand la Sonel nous a privé de courant pendant plus d’un mois pour cause de transformateur grillé ». Pour le moment, ce n’est pas encore le cas. Ils comptent sur l’actuel ministre Michel Zoah qui a la réputation d’un homme moralement correct et très sensible.
© camnews24 : GUY PANCRACE NDZIE











