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Marie Louise Eteki-Otabela – Je ne ferai pas la politique sans vous

etekiAvant de réagir à ta dernière chronique, je saisis d’abord cette occasion pour te formuler mes meilleurs vœux de nouvel an. J’espère que tu resteras politiquement active cette année encore pour que ta pensée fleurisse d’avantage à travers des écrits qui nous encouragent, même étant loin du pays comme nous le sommes.

La recherche de l’intérêt général*

Je te sais assez lucide pour imaginer que tu ne t’es pas laissé convaincre par l’idée qu’une masse populaire assistera à cette assemblée. Je ne suis pas pessimiste même si j’ai un penchant romantique. Ceci dit à travers une observation empirique des hommes et de la politique au Cameroun, je suis arrivé à la conclusion que pour les masses populaires au Cameroun, il y a un manque de culture politique mais je me rappelle t’avoir écrit qu’après le jour de gloire, c’est une donnée que nous changerons très rapidement. Pour ce qui est de la frange réservée à laquelle tes écrits sont orientés, il y a un manque de culture politique positive, si on admet qu’elle pense politiquement sur le Cameroun et sur la politique menée au Cameroun. La vision politique d’Obama tourne autour d’un idéal fondamental : la recherche de l’intérêt général, pour le dire aussi simplement que possible. Alors lequel des Camerounais a mené une politique d’intérêt commun à ta connaissance, si ce n’est celle d’administrer et d’exécuter les ordres venus d’en haut ?
Je constate donc que le manque d’affluence populaire à cette assemblée des peuples est beaucoup plus la conséquence d’une peur entretenue depuis près de 50 ans comme tu l’as dit, que des deux premières hypothèses que tu as évoquées. Tu te rappelles de l’éditorial de Biyit Bi Essam de la semaine dernière dans Cameroon Tribune : « Etre ou ne pas être du Rdpc». Après avoir cité certains leaders politiques camerounais qui ont jadis milité dans le Rdpc, il conclut en disant ceci : «On peut alors affirmer, en exagérant à peine, que tout le monde est, ou a été membre du Rdpc». Voilà un ministre qui estime que tous les Camerounais sont par naissance membre du Rdpc. Il donne alors libre cours à des interprétations peut-être malveillantes mais surtout à des conclusions objectives qui voient dans le Rdpc depuis toujours, une organisation mafieuse qui nous culpabilise à priori, parce que camerounais.
Alors en suivant cette mise au point de Biyit Bi Essam, on arrive à ceci : si on a été membre du Rdpc, on est fiché pour le rester pour l’éternité, et par voie de conséquence prétendre toujours à tous les avantages. Si on ne l’a pas encore été, étant né camerounais, nous le sommes d’office. Par conséquent on peut à tout moment prétendre à tous les avantages et nominations permanentes qui font le travail du chef. Alors ma chère, je te pose la question de savoir comment en tant que camerounais je compromettrais délibérément mes chances d’être quelque chose dans ce pays en venant assister à ton machin. Moi je suis content de t’entendre dire qu’il y avait une centaine de Camerounais qui ont assisté à cette assemblée. Car je vois le phénomène de la boule-de-neige qui va se déclencher avec ces 100 personnes.
Maintenant porte-toi bien en attendant le plaisir de te lire prochainement. (1)

Incroyablement fier de vous
Je suis incroyablement surpris et fier de votre initiative. Il m’est particulièrement cher que votre démarche inscrive le peuple au centre de ces préoccupations tout comme vous insistez sur la base du problème à savoir ce coup d’Etat perpétué sur nos nationalistes et qui a vu l’avènement de la raclure qui nous tient lieu de régime-Etat. J’aimerais savoir les actualités de l’assemblée tenue en décembre, ainsi que les possibilités d’une participation financière ou matérielle. Je ne saurais m’attarder sur tout votre combat aussi bien social que politique au risque de rédiger un livre. Mais sachez que moi comme beaucoup soutenons de près ou de loin ce(s) combat(s) digne(s) que vous menez dans un esprit éclairé et africain. (2)

Félicitations_**
Bonjour Madame. D’emblée, je voudrais vous souhaiter, à vous et à votre famille ainsi qu’à ceux qui vous sont chers une bonne et heureuse année 2009.J’ai appris en lisant votre chronique dans Le Messager d’hier qu’une rencontre dans le cadre de l’assemblée des peuples a eu lieu le 15 décembre comme annoncé. C’est une très bonne nouvelle et je vous en félicite. Vous vous plaigniez qu’il n’y ait eu qu’une centaine de personnes à ce rendez-vous. A mon avis, vous devez plutôt crier victoire car il n’est pas facile de mobiliser cent personnes pour un projet dans le contexte de démobilisation politique en cours actuellement au Cameroun. Parmi les hypothèses que vous avancez pour justifier un «boycott» général, il n’y a aucun qui selon moi tienne la route.
Vous vous dites victimes de votre sexospécificité (genre féminin). Moi je ne le pense pas. Je vous ai connu pour la première fois à l’université Jpsc organisée à Mvolyé en 1999 par le Cipcre. Vous êtes une femme, mais je garde une joie immense de cette rencontre et depuis, je vous suis même à distance dans tous vos projets. Vous évoquez l’ethnie ou la tribu comme autre raison. Là aussi je ne le pense pas, car je suis convaincu que là où les Camerounais trouvent un intérêt, l’appartenance tribale est vite reléguée au second plan. Pour revenir à cette université JPSC, nous étions tous des Camerounais venus de tous les points du pays et nos points de vue n’ont jamais été dictés par nos origines. Vous mentionnez enfin la peur. La peur de quoi, ou de qui ?
Madame, souvenez-vous de ma première rĂ©action Ă  ce projet que vous aviez Ă  l’époque publiĂ©e intĂ©gralement dans le cadre de l’une de vos chroniques. Je vous faisais part de mes inquiĂ©tudes quant Ă  la mĂ©thode de sensibilisation adoptĂ©e. Une assemblĂ©e du peuple est faite pour le vrai peuple. Oui, je reviens lĂ -dessus. Et le vrai peuple, ce ne sont pas ces nouveaux riches profitant de la gĂ©nĂ©rositĂ© internationale (une certaine sociĂ©tĂ© civile), encore moins tous ces compatriotes qui ont fait d’un activisme et d’un triomphalisme sans fondement leurs programmes politiques. Je le redis Madame, le vrai peuple est dans la rue, dans les universitĂ©s, lycĂ©es et collèges, entassĂ©s comme du bĂ©tail, dans les gares routières, les places de marchĂ©s, dans les campagnes… Ce peuple-lĂ  reprĂ©sente plus de 65% de notre population, en est la tranche la plus vulnĂ©rable, la plus opprimĂ©e, la plus dĂ©shumanisĂ©e, mais aussi la plus laborieuse, la plus mobile, donc la plus Ă  mĂŞme de se lever comme un seul homme pour reprendre en main son destin.
Il ne s’agit donc ni de votre genre, ni de votre tribu, ni de la peur, mais d’une insuffisance d’information. Je vous avais demandĂ© Ă  l’époque combien de Camerounais se payaient une connexion internet, combien achetaient un exemplaire du Messager, et j’en passe. En guise de rĂ©ponse, vous m’avez fait comprendre que le droit de vote a Ă©tĂ© accordĂ© aux femmes suite Ă  l’action d’une poignĂ©e de militantes françaises… Vous conviendrez avec moi que cent, c’est au moins vingt fois cette poignĂ©e, donc il n’y a eu ni boycott, ni Ă©chec.
A partir des travaux de cette rencontre, concevez un programme et vous verrez que les gens suivront si l’approche communicationnelle et mobilisatrice est différente.

Patriotiquement (3)
Puisse la providence vous accorder toujours la force de poursuivre votre combat ! Je suis un jeune Camerounais à la vingtaine sonnée qui avait manifestement le dégoût des discours politiques d’une république «chaotique» ; vos interventions Tv m’ont donné l’envie de m’intéresser aux débats politiques ! Vous avez un discours vrai et un vrai discours, courage madame Eteki-Otabela (4)

Http://mle.blogspirit.com

mle_otabela@hotmail.com

Notes
(*)Malgré le coupe-gorge installé à Boumnyebel…où la langue officielle est le fan-beti pour escroquer les voyageurs : ils ne sont pas loin de procéder aux enlèvements et on parlera alors de “ coupeurs de route !
(**) Merci pour les tonnes de félicitations et d’encouragements mais comme le dit cette chronique, je vous attends !
1- Wenang Jean-Pierre envoyé mercredi 21 Jan.2009
2- Ecrit par Mpodol le 21 Jan.2009
3- Envoyé par Guy Simon Ngakam le 21 Janv.2009
4- Ecrit par Marcel O. le 18 Janv. 2009

Le messager

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