Des instructions du chef de l’Etat au gouvernement ont été relayées par des correspondances du secrétaire général de la présidence.
C’est par une correspondance signée le 14 avril dernier que M. Laurent Esso, ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République a saisi le secrétaire général des services du Premier ministre à l’effet de ” En exécution des hautes instructions du chef de l’Etat “, lui transmettre ” pour avis en concertation avec les ministres en charge de l’Economie, de la Santé, de l’Education de base, des Enseignements secondaires et des Travaux publics, la requête relative aux préoccupations des populations de la région de l’Est “. Réagissant à ces directives, le secrétaire général des services du Premier ministre, M. Jules Doret Ndongo a saisi les chefs des départements ministériels concernés auxquels il a ajouté le 9 juin dernier, une correspondance similaire au ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation pour ” avis et éléments de réponse préalables à une première concertation, la requête relative aux doléances des populations de la région de l’Est “.
Nos informations confirment par ailleurs que certains départements ministériels concernés par l’injonction du chef de l’Etat ont commencé à s’activer. L’on indique ainsi à cet effet qu’une équipe du ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire a sillonné certains départements de la région concernée pendant quelques jours pour une première évaluation. Alors que l’on annonce pour les jours qui viennent, une concertation au ministère des Enseignements secondaires entre le chef de ce département ministériel et des députés de la région de l’Est, principaux signataires du mémorandum de l’Est. Selon nos sources, il s’agira au cours de cette rencontre, d’une évaluation des problèmes de la région en termes d’infrastructures scolaires notamment.
On se rappelle qu’à la veille de la session parlementaire du mois de mars dernier, les dix députés (sur 11, l’un d’eux étant décédé) avait saisi le chef de l’Etat à travers un mémorandum pour dénoncer l’état de délabrement dans lequel se trouve cette région qui disaient-ils, contribue pour près der 20% au produit intérieur brut (Pib) et ne bénéficie que pour 1% des investissements consentis par l’Etat dan son budget. Dans un entretien dans ces mêmes colonnes, Philémon Adjobolo, député de la Kadey et chef de file des rédacteurs du document affirmait ” Il ne suffit pas de parler de l`Est étant à Yaoundé, il faut aller sur le terrain. Vous verrez la souffrance des populations de cette région. Nous avons les mêmes routes, les mêmes ponts depuis l`époque coloniale. Même les projets inscrits au 3ème plan quinquennal n`ont pas vu le jour “. Des problèmes qui d`après les concernés sont non seulement le fait de l`inaction des pouvoirs publics, mais aussi la conséquence de la passivité des différents représentants de la région appelé à divers postes de responsabilités, et même des populations locales.
Il y a deux semaines, c’est le ministre des Travaux publics qui a été interpellé à l’Assemblée nationale sur le retard pris dans la réalisation de la route qui relie Yaoundé à Bertoua, la capitale régionale de l’Est. Bernard Messengue Avom notamment indiqué que suite à de mauvaises études préalables, le gouvernement était dans l’obligation de trouver 23 milliards de francs supplémentaires pour achever les travaux. Bernard Messengue Avom avait indiqué que plus de 10 milliards de francs avaient déjà été mobilisés. Si les élus de la région de l’Est n’ont pas souhaité réagir ouvertement à la suite donnée à leurs revendications, certains ne manquent pas d’exprimer leur satisfaction, même s’ils indiquent que le plus important sera la matérialisation sur le terrain des instructions du chef de l’Etat…
Jean Francis Belibi, Mutations












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